Superman

Would you like an extra thumb?
Cambridge researchers have designed and tested a third thumb – a controllable, prosthetic extra digit – on members of the public, who had little trouble in learning how to use it to pick up and manipulate objects.

Article

La même lettre d’information dit :

Sensors made from ‘electronic spider silk’ can be printed directly on human skin
Researchers have developed sensors that can be directly printed onto a wide range of biological surfaces, whether that’s a finger or a flower petal. This low-waste and low-emission method for augmenting living structures could be used in a range of fields, from healthcare and virtual reality, to electronic textiles and environmental monitoring.

Article

Homme « augmenté » ? Bonheur augmenté ? La particularité de l’homme, en tant qu’espèce, semble d’être de s’acharner sur lui-même. Constatation de la systémique : un petit avantage à court terme produit un gros désagrément à long terme, que l’on compense en s’entêtant dans l’erreur… L’erreur est un formidable moteur du changement. C’est peut-être ce qui a fait de l’homme un explorateur. L’erreur est humaine, avais-je l’habitude de dire.

La participation de De Gaulle

Je me demandais ce que de Gaulle entendait par « participation ». J’ai enquêté. (Article.)

Il semble que j’ai vu juste. De Gaulle était un homme de gauche. Il voulait faire renaître le socialisme qualifié d’utopique par Marx. Le socialisme de Proudhon.

Pour tuer la lutte des classes, le cancer de la nation, il faut rendre le salarié propriétaire de l’entreprise. Pour cela, il a trouvé la théorie d’un polytechnicien, Marcel Loichot, le « pan capitalisme ». (Par ailleurs, Marcel Loichot est un dirigeant de la SEMA, une de nos premières grandes SSII.) Je ne comprends pas très bien les subtilités du mécanisme envisagé, mais toujours est-il qu’il donne à l’employé une « participation » dans l’entreprise, et, petit à petit, celle-ci grossit, jusqu’à ce que la participation combinée des « salariés » devienne majoritaire.

Ce qui n’a rien d’utopique. Cela consiste simplement à ce que le fondateur d’une entreprise, au lieu de chercher des salariés, cherche des « associés ». Des égaux et pas des inférieurs. C’est plus ou moins ce qui se passe dans le conseil ou dans l’expertise comptable. Le meilleur exemple que je connaisse de ce dispositif est le groupe Saretec, un des 3 ou 4 principaux groupes d’expertise auprès des assurances. Quasiment tous ses employés possèdent des actions de l’entreprise, et sa vie est réellement démocratique, avec un conseil d’administration puissant qui fait et défait ses dirigeants.

Plus curieusement, peut-être, de Gaulle cherchait à appliquer ce dispositif à toute la nation. Je n’ai pas saisi, une fois encore, comment il comptait s’y prendre. En tous cas, cela semble passer par la régionalisation. C’est à lui, d’ailleurs, que l’on doit nos régions. Avant lui, on avait hérité des départements de la Révolution, dont l’objet était d’uniformiser le pays. Voulait-il dynamiter l’Etat jacobin ?

Le Général se résolut à ce que la grande réforme proposée lors de la consultation ait trait à la régionalisation et à la refonte du Sénat, introduisant ainsi un projet de participation
institutionnelle. Les logiques commandant cette participation institutionnelle et la
participation d’entreprise étaient similaires : dans les deux cas, il s’agissait de favoriser les
initiatives venant de la base et de libérer les citoyens d’une autorité trop exclusive et trop
centralisée.

« Donnez-leur une cathédrale à construire ensemble, et ils s’aimeront », disait Saint-Exupéry.

IP

Si l’intelligence artificielle peut faire votre travail, peut-être peut-elle remplacer votre patron, disait le New York Times.

Il semble effectivement que cela soit une idée dont le temps est venu :

A global company has recently announced that it has hired the first ever humanoid robot as its Chief Executive Officer (CEO).

Article (2023)

Formidable façon de réduire les coûts ! Plus besoin de licencier des milliers de travailleurs. Ce qui ne rapporte rien. (Actuellement, Elon Musk réclame une rémunération de 56 md$ -soit l’équivalent du salaire « chargé » annuel de probablement un million de Français.)

Et si l’on élisait une Intelligence Présidentielle ? N’est-ce pas le rêve des Lumières : mettre un terme à l’exploitation de l’homme par l’homme ? Et voilà qui mettrait un terme, au moins, au mal Français : la dépendance à l’Etat ? Car, on ne pourrait plus espérer de compassion d’une IP ? Seulement des « hallucinations » ?

Economie sociale

Je lisais un débat entre universitaires portant sur les théories économiques. Cela m’a fait réfléchir à mes propres constats, que l’on trouve, d’ailleurs, dans ce blog.

Il y a eu un grand mouvement, qui a peut-être commencé avec la chute du mur de Berlin. Aux USA on a parlé de « nouvelle économie », de « consensus de Washington », etc. La littérature du management a expliqué que le marché était optimal et qu’il fallait organiser l’entreprise comme un marché. Il en a résulté ENRON, qui a été une super star, qui alimentait les articles de la Harvard Business Review, avant de se révéler une escroquerie. Mais cela n’a pas calmé les ardeurs. Les entreprises (Boeing, les constructeurs automobiles, etc.) se sont débarrassées d’une grande partie de leur activité de fabrication. C’est ainsi qu’est né Faurecia. Et que Boeing a tant de mal, depuis des années, à fabriquer des avions. D’où, aussi, une délocalisation massive.

Délocalisation qui a cassé les liens étroits entre donneurs d’ordre et fournisseurs, qui avaient été établis dans la période précédente, en réaction à l’offensive japonaise (« mode projet », qui a divisé par deux les temps de conception des nouveaux modèles). La logique du marché a consisté à vider au maximum l’entreprise de sa « valeur » pour la rendre au « marché » supposé l’allouer de manière optimale. Dans les faits, le « marché » était constitué par les dirigeants salariés qui se sont décrétés « entrepreneurs » et se sont octroyé de généreuses parts de l’entreprise. Les fonds de capital-risque, eux aussi dirigés par des salariés, en ont fait de même.

Ces changements sont liés à une prise de pouvoir par une nouvelle « élite » de diplômés en gestion, qu’un ouvrage publié à la fin des années 90 a qualifiés de « Bobos ». Déjà, Trump s’affirmait leur antithèse. 

Comme il apparaît dans une étude traitant de la « métropolisation » du pays, cette élite a été fascinée par le modèle américain de la finance et de la Silicon Valley, et a jugé que l’industrie, avec toute sa complexité, ses usines et ses ingénieurs et techniciens incompréhensibles, n’avait pas d’avenir. 

Je soupçonne aussi que la mode des « start-up » est sortie de là. Le « marché » ne sait pas évaluer la RetD. Il vaut mieux l’externaliser. (Sans compter que le manager-diplômé n’est pas un entrepreneur : il ne sait pas innover, ce qui lui demanderait de connaître intimement le métier de l’entreprise.) En outre, les banques centrales ayant décidé, à contre-courant des théories économiques traditionnelles, de mettre de l’argent dans l’économie à chaque éclatement de bulle, elles alimentent un mouvement de spéculation sans fin. Tout le jeu est d’inventer de nouvelles idées qui puissent séduire les investisseurs. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas nécessairement un mal : cela emploie un monde fou, et il n’est pas interdit de penser que, de temps à autres, il en sorte une bonne idée. 

La morale de l’histoire est que, si l’on me croit ! il n’y a pas de bons et de mauvais, mais des évolutions de la société. Tolstoï le disait déjà des guerres napoléoniennes. Quant aux théories économiques, essentiellement statiques, elles ne prennent pas en compte ces mouvements tectoniques. Je pense, avec J.K.Galbraith (L’économie en perspective), que celles qui ont le vent en poupe ne sont que rationalisation des intérêts de tel ou tel groupe au pouvoir, ou qui veut le prendre.

Inde triomphante ?

Il y a longtemps, The Economist disait que l’Inde triompherait de la Chine, parce qu’elle était une démocratie.

M.Modi ne semble pas un grand démocrate. Mais, je lisais que les Américains étaient en train de détourner leurs affaires de la Chine vers l’Inde. J’entendais aussi BBC World service dire que la qualité de vie de l’Indien s’est améliorée. Et ce, en grande partie, du fait de programmes publics.

La grande affaire de l’Inde est, apparemment, que sa population a dépassé celle de la Chine, si j’en crois cette émission. La Chine, quant à elle, aurait été victime d’un « mauvais calcul » selon un tweet d’un journal américain. Elle a cru aux prévisions du Club de Rome et a adopté une politique de dénatalité. Si bien qu’elle vieillit. Et que sa puissance s’en ressent.

La raison est mauvaise conseillère ? Contrairement à ce qu’a écrit Montesquieu, le mérite de la démocratie ne serait pas la vertu, mais le chaos ?

Le coupable et l’escroc

Une des découvertes de ce blog aura été l’escroquerie.

On croit que l’escroquerie est un délit un rien ridicule, alors qu’elle est un phénomène de haute psychologie. Elle ressortit aux « techniques d’influence ». Les études que j’ai lues expliquent que l’escroc ne dit à sa victime que ce qu’elle a envie d’entendre. D’où le succès des discours parlant de la « fin du travail ». Peut être aussi de celui de Pétain. L’escroquerie est probablement une des techniques de conduite du changement les plus pratiquées. Particulièrement entre amis.

D’où, surtout, la difficulté qu’il y a à redresser la situation : le danger est de révéler à la personne qu’elle est à la fois victime et coupable. J’ai deux mauvaises nouvelles à vous dire, par laquelle voulez-vous que je commence ?

Mauvais candidats

On lit que MM.Biden et Trump sont les plus mauvais candidats qu’aient pu trouver leurs partis.

Mais est-ce vrai ? M.Trump est un formidable bateleur. Il fait le spectacle comme personne. Et il n’est pas sorti de rien. Un livre que cite ce blog le désignait déjà, il y a 25 ans, comme l’anti-élite (bobo). En outre, il représente une forme d’Amérique éternelle, par nature isolationniste.

Et M.Biden est peut-être bien le dernier représentant d’une génération d’élus démocrates proches du peuple. Or, ce qui fait défaut aux démocrates, ce sont leurs électeurs traditionnels.

Ne nous laissons pas tromper par les apparences ?

La France vue de l’espace

Imagine for a moment you’re a mediocrity. Maybe not a complete disaster (your mother still loves you, kinda), but subpar. You’re neither funny nor popular; your career, after showing a glimmer of promise, has tanked. Just about everyone thinks you’re a loser.

And then, just as it looks like things couldn’t get any worse, Emmanuel, your smarter, better looking, more eloquent, more je ne sais quoi French neighbor comes for a visit.

Bonjour Olaf! So it went this week for Germany’s hapless leader during a state visit by French President Emmanuel Macron. Macron arrived in Berlin on Sunday before embarking on a three-day visit across the country to do what he does best — look earnest, while delivering rousing, pathos-laced addresses on the European idea. “Let us build a powerful, humanistic and sovereign Europa,” he told a large crown in Dresden.

Berlin Bulletin de Politico, de vendredi dernier

Et M.Scholz, après avoir beaucoup hésité, a autorisé les Ukrainiens à utiliser leurs missiles allemands, pour frapper les bases arrières russes.

Notre président semble parvenir à donner une image sans précédent de notre pays, un pays qui défend ses intérêts, comme le voulait de Gaulle, mais sans paraître hors de son temps, comme le Général, et à prendre la direction de l’Europe.

Reste maintenant à reconstruire les fondations du pays.

Phénomène colonial

Lire de Gaulle m’amène à me remémorer l’opinion que l’on avait des colonies, que nous ne possédions plus, dans mon enfance.

Je crois que tout le monde pensait, en ces temps, que nos colonies étaient la France. Nous leur avions apporté ce que nous avions de mieux. Et notre société, notre culture, avaient quelque-chose d’exceptionnel. C’est d’ailleurs pour cela qu’autant d’étrangers, comme Romain Gary, étaient venus se faire tuer pour la France. Graham Green ne dit pas autre chose : lorsqu’il visite l’Afrique et qu’il passe près d’une de nos anciennes colonies, il se moque, probablement comme tout le monde à l’époque, de ce qu’elles sont « la France ». Décidément, le Français est un pitre ! Il n’est pas concevable, pour lui, qu’une colonie anglaise puisse être « l’Angleterre ».

Ce qui m’amène à une idée paradoxale : et si ça avait été le cas ? Nos ex colonies se comportent, effectivement, comme les Français. Elles font un pied de nez à l’autorité. C’est à dire à la France. Même si la France ne devrait plus rien représenter pour elles. Elles sont orphelines ?

Mille feuille administratif

Combien coûtent les « doublons » de l’administration régionale ? Au bas mot 7,5 md€ par an, selon un rapport.

Conséquence de l’art français de la réforme.

Et cela ne prend pas en compte l’inefficacité qui en résulte. Car ce que l’on a fini par appeler le « mille-feuille » est redoutablement nocif pour l’économie et le citoyen. Il fait perdre énormément de temps, en particulier à l’entrepreneur, qui serait mieux employé ailleurs, et il égare des milliards qui ne vont pas à ceux auxquels l’Etat les destine.

Et si, au lieu d’en inventer de plus en plus, de toujours nous donner des leçons, l’Etat se demandait comment bien faire son métier ? Et s’il commençait par chercher à comprendre pourquoi il nous a mis dans une telle situation ? Comment mieux faire la prochaine fois ?

Et si l’Etat français devenait une « organisation apprenante » ?

(« Pour éviter le pire, l’urgence est de reprendre le contrôle de nos dépenses publiques. » disait Philippe Mabille, de la Tribune, dimanche dernier.)