Qu’il parle bien ! C’est étonnant pour quelqu’un qui n’a fait aucune étude. Mais c’était un « homme de communication ». Peut-être avait-il un don auquel aurait nui l’éducation ? Quelques pensées qui me viennent en écoutant Marcel Bleustein-Blanchet. (France culture : Rencontre – Marcel Bleustein-Blanchet (1ère diffusion : 15/07/1984).)
Je ne savais pas qu’il avait été un pionnier de la radio, qui semblait sa véritable passion. Premier coup de génie : en ces temps, les radios libres se partageaient une seule fréquence, d’où chaos ; il a mis la main sur une fréquence qui était réservée aux Soviétiques ! Ensuite, ayant peu de moyens, il semble avoir inventé tout ce que devrait être la radio. Il est même à l’origine de l’introduction du sondage en France. Il l’a d’abord utilisé pour ses programmes, puis pour repérer les mouvements d’opinion. (Question : faisait-il payer ces sondages à ceux pour qui il les utilisait, ou était-ce un service qui appelait un autre service ?)
Non au régime des « notables », si le peuple était correctement informé, il prendrait de bien meilleures décisions que ceux-ci. Paradoxe pour un homme de publicité, il craignait plus que tout le lavage de cerveau.
Sommes-nous bien informés, me dis-je ? Pourquoi la question du réchauffement climatique ou des vaccins, par exemple, ressemble-t-elle à une guerre de religion ? Pourquoi personne ne s’inquiète-t-il des conséquences d’une possible spéculation boursière concernant l’intelligence artificielle, ou de la nature réelle des menaces qu’elle présente ?…
Je me demande si tout cela ne tient pas à l’ère dite « libérale » dans laquelle nous sommes. Lorsqu’une société est éclatée en individus, elle ne peut plus penser. Comment voulez-vous vous faire une opinion raisonnable, alors que vous avez déjà une existence qui vous occupe à plein temps ? L’opinion est faite par ceux qui pour une raison ou une autre sont en situation de force et, eux, sont unis par leurs intérêts ?
Comment rectifier la situation, M. Bleustein-Blanchet ?