Du calme

Comme moi, les Américains se demandent pourquoi les manifestants d’hier ne se manifestent plus.

“The events of the past three months seem almost perfectly engineered to spark campus unrest,” Rose Horowitch argues. “But campuses across the country—places where students colonized the quad to protest Israel’s war against Hamas—are strangely silent.”

The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-03-25T12:30:05Z

Une hypothèse ? L’intellectuel, c’est-à-dire le manifestant en puissance, est un gamin qui fait la nique à l’autorité, mais file droit dès qu’elle s’affirme ? Il ne traite de fascistes que les faibles ?

Retour en 29

J’ai longtemps lu ce qui s’écrivait aux USA. J’ai été surpris par la « nouvelle économie ». A la chute de l’URSS, de grands esprits ont dit que le capitalisme avait gagné, que le marché produisait l’optimum humain. Pour moi ce qui avait fait le succès des USA était son rouleau compresseur logistique, la science, la raison, l’oeuvre de Roosevelt. Il était ridicule que l’on puisse dire que c’était « le marché ». Et que l’on exhume des théories remontant aux Lumières (françaises !), stupides. Erreur ! ce qui compte n’est pas la raison, mais ce que le peuple croit. Vox populi !

Voici ce que j’ai appris sur l’histoire des USA, et que l’on retrouve de ci de là dans ce blog :

Le propre des USA, c’est une volonté folle de s’enrichir qui produit la spéculation. Et la spéculation se termine en crise ultra violente. Au siècle dernier, économistes et magnas parlent de « destruction créatrice » dont l’antidote est le monopole, seul capable d’encaisser les crises, non le marché. La crise de 29 produit une crise et une guerre mondiales. Devant l’échec de l’idéologie libérale, Roosevelt, pragmatique – autre trait américain, adopte la planification socialiste ou fasciste qui semble efficace. La guerre sauve le pays. Il connaît la prospérité. Peut-être que le tempérament individualiste de l’Américain lui fait donner de la tête contre les règles d’une société de la raison ? Il n’est pas fait pour un monde borné ? La situation se retourne. L’Amérique doute d’elle-même. Comme toujours dans ce cas, elle élit un président populiste et borné, qui lui dit qu’elle doit revenir aux sources. Il se lance dans une course à l’armement avec l’URSS. Elle s’effondre. Voir premier paragraphe. Retour en 29 ?

Eternelle Amérique

Aurais-je raison, pour une fois ?

Trump serait un Américain normal. (Ce qui expliquerait le peu d’indignation que suscite sa politique, en dehors du fait qu’elle augmente le coût de la vie et qu’elle bouscule la bourse ?)

L’Américain est un protestant et la caractéristique du protestant est d’être « self righteous », il est convaincu qu’il suffit de croire quelque-chose pour que ce soit volonté divine ?

In @nytopinion.nytimes.com President Trump has revealed a deep malady within the country, our columnist Lydia Polgreen writes: “America’s unshakable faith in its ability to shape the world to its liking, indifferent to what others might want and supremely confident that its plan is the right one.”

The New York Times (@nytimes.com) 2026-03-27T03:40:06.243632Z

Silence des agneaux

On me dit qu’aux USA, c’est le calme. Les habitants vivent comme si de rien n’était.

Ce qui est surprenant, surtout, c’est le silence des démocrates. Eux qui déplaçaient ciel et terre pour le moindre acte de racisme, eux qui avaient raillé M.Trump lors de son premier mandat. Approuveraient-ils la guerre iranienne, comme un prolongement des printemps arabes ? Mais leur silence vient de plus loin.

Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? aurait dit Camus. Parce que la révolte n’est qu’une question de conviction et que l’intellectuel n’est que raison ?

Une exception ?

US counterterrorism chief resigns over Iran war
Joe Kent, the director of the US National Counterterrorism Center, has resigned in protest at the Iran war. He said Tehran posed “no imminent threat to our nation” and the US launched the conflict “due to pressure from Israel and its powerful American lobby”.

Financial Times, 17 mars

Guerre artificielle

L’intelligence artificielle remplace l’homme. Sa première victime serait le général américain, si je comprends bien.

Voilà qui expliquerait les raisons de la guerre ? M.Trump aurait été victime du fameux « biais de positivité » de l’Intelligence artificielle ?

The US turned to Claude and other artificial intelligence systems to help shape its vision for AI warfare. In Iran that strategy is unfolding in real time.Read The Big Take ⬇️

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-03-13T03:40:23Z

Animal blessé ?

Erreur de calcul ? On disait le régime iranien fragile, il semble avoir trouvé l’énergie du désespoir.

Retournement de situation ? La faille de Donald Trump, c’est le prix de l’essence et la bourse. Celle des Israéliens est, peut-être, leurs illusions : détruire leurs ennemis ? Ne s’en font-ils pas de nouveaux, et de bien plus méchants ? On entend de plus en plus que les USA épuisent leurs munitions. Bientôt, ne pourront-ils plus se défendre ? Et, surtout, défendre ceux que veulent conquérir les ennemis des démocraties ?

Nouveau clou dans le cercueil de la globalisation, et de l’irresponsabilité de l’UE ?

Prospective et systémique

Du détroit d’Ormuz. Un sujet pour Affaires étrangères. L’émission annonce « étranglement de l’économie mondiale ».

On parle surtout de pétrole. On constate que, quel que soit son producteur, il est bien mal placé. Mais les nations ont appris des précédentes crises, et ont des réserves et abaissé leurs dépendances.

Un sujet qui n’est pas abordé est celui de la crise systémique. La guerre d’Iran, indirectement, pourrait elle casser un des maillons critiques de l’économie mondiale ? On entend que le Bangladesh, fournisseur des textiles mondiaux, serait affecté. On lit aussi :

Iran war risks global food shock as fertiliser supplies cut
Growing number of fertiliser plants forced to shut, threatening rice and other harvests

Financial Times du 14 mars

Une autre question est celle de l’évolution de l’Iran et de ses alliés. Ce qui a fait, un temps, le succès du Hezbollah dans sa guerre contre Israël fut ses kamikazes. Et si un foyer de terrorisme mondial renaissait ? Apparemment, les USA craignent des attentats. On soupçonne même Trump de les espérer.

Pax americana

Pendant ce temps au Vénézuéla.

M.Trump nous le fait oublier. Les USA sont efficaces. En 6 semaines, ils ont changé leur législation. Ils ont sélectionné 6 entreprises pouvant exploiter le pétrole vénézuélien. Leur activité étant régie par le droit américain. Les USA semblent surtout avoir trouvé un gouvernement aux abois, et qui avait besoin, en urgence, d’argent. (Article.)

L’art de la négociation américain ? Faites ce que vous voulez de votre population tant que je fais ce je veux de votre économie ? Voilà qui devrait rassurer bien des dictateurs.