L’art de Trump

Connaissez vous « the smile curve » ? L’Occident a cru que seul comptait la conception et la vente, autrement dit, « le service », la fabrication devait aller au moins disant.

D’où déficit commercial béant. Alors Trump a fait ce que nous sommes en train de faire : dire à ses partenaires commerciaux que les règles du jeu ont changé. Mais il la manière Trump. « The art of the deal. »

Trump a souvent vu juste. Seulement, il n’a pas entendu Napoléon : « tout le succès est dans l’exécution » ?

Fernand Pouillon

Un architecte de la reconstruction d’après guerre aurait été un grand escroc. Un scandale ? J’écoute l’émission.

Eh bien non. Il bâtissait du logement social de masse, certes, mais beau et lumineux, en utilisant des techniques traditionnelles, en formant des ouvriers, et pour remarquablement peu cher, si j’en crois wikipedia. Il semble avoir été dépassé par ses rêves, et peut-être ses associés. D’où faillite et prison. Après quoi il a reçu l’asile de l’Algérie. (On lui reproche d’avoir caricaturé l’architecture traditionnelle, peut-être pour flatter le gouvernement.) N’étions nous pas condamnés à la laideur des barres de béton et des Le Corbusier ?

Une inspiration pour nos temps de remise en cause, d’artificiel, de pauvreté et de manque de ressources naturelles ?

China über alles

La semaine dernière, je lisais que l’on venait de découvrir que la Chine était une superpuissance du médicament. On lit aussi que son intelligence artificielle va ridiculiser celle des USA. Des avantages d’une économie planifiée sur l’économie de marché ? (D’ailleurs n’est-ce pas elle qui a fait le succès des USA pendant et après la guerre ?)

La stratégie de la Chine est de faire mieux que tout le monde, et moins cher (en particulier grâce à des subventions massives) ce qui est vital à l’économie mondiale.

Ne ressemblerait-elle pas aux start-up américaines ? Grâce aux fonds levés elles éliminent la concurrence, puis pratiquent une politique de monopole. Mais comment payer la Chine si nous n’avons plus rien à lui vendre ? Et que reste-t-il de la Chine d’ancienne et subtile culture ? L’influence occidentale l’aurait-elle vidée de son âme ? Nous en voudrait-elle à mort ? Stratégie suicidaire ?

Ecole des annales

Marc Bloch et Lucien Fèvre ont créé l’école des annales. Cette « école » a inventé une façon nouvelle d’étudier l’histoire. Une forme d’anthropologie qui recherche les forces qui font bouger l’humanité. Une façon d’étudier le passé pour comprendre le présent.

Encore une fois, il est possible que l’on doive cette école aux Allemands. Ces derniers étaient les précurseurs de cette démarche. Le Français, aimable amateur, a fini par prendre conscience de son retard ? Et cela a produit des travaux passionnants. C’est la force de l’amateur lorsqu’il fait un travail sérieux ?

Mais cette école n’est-elle pas morte ? La nouvelle génération d’historiens paraît avoir pour seule obsession de dénoncer les méfaits de l’Occident. Elle n’a plus rien à apprendre de l’histoire, elle lui donne des leçons.

Intelligence service

Comment augmenter les revenus de mon association ? Un ami fait appel à trois logiciels d’intelligence artificielle pour m’aider.

Mistral : indigent. Curieusement, le texte contient des caractères chinois. Traduits, ils semblent effectivement correspondre au mot manquant.

Tchat : solutions faciles.

Claude : plus malin. J’ai appris quelque-chose. Seulement, une vérification prouve que ce que dit Claude est FAUX. Non seulement il oublie une partie des modalités d’application, mais surtout que nous ne sommes pas éligibles au dispositif proposé !

A chaque fois, le chiffre d’affaires progresse vertigineusement. Seulement, cela demeure du yakafocon. La conduite du changement que requiert ces recommandations est ignorée. Ces logiciels ont dû faire leur apprentissage chez les consultants. (Ou chez Balzac.)

Limites de l’artificiel

Enfin ? On porte un regard critique sur l’intelligence artificielle ?

Et on constate que quoi qu’elle fasse, il y a certains problèmes qu’elle ne pourra jamais résoudre. Autant qu’elle évite de perdre du temps à s’y attaquer.

The researchers identified two main reasons why machine learning breaks down when analysing complex systems: either the algorithm can’t tell when it’s seen enough data to return a reliable result, or patterns in the system can be hidden or hard to distinguish.

Article

Implicitement les promoteurs de l’IA croient à la force brute. Plus ils nourrissent l’IA plus son QI augmente. En fait, elle est désorientée par la complexité du monde, elle aussi rencontre « l’effet papillon ». Il est, en outre, possible qu’un problème ne puisse pas être résolu « bestialement », mais qu’il requière de franchir plusieurs étapes.

Adaptation

Je lisais que les incendies actuels paralysent des « acteurs » critiques de l’économie. Défaut de préparation. Ils cherchent la réduction d’émission de CO2 (la loi les y oblige), mais ils oublient les risques courants, et ne protègent pas leurs installations.

Un rapport de Terra Nova fait la distinction entre « atténuation » (réduire les émissions) et « adaptation » (devenir résilient).

Le paradoxe de l’ère libérale que nous vivons est que la production de lois est incessante. Aurait-elle fait perdre aux entreprises, et aux citoyens, leurs instincts de survie ?

Egalité

Qu’est-ce que l’égalité ? demande une émission. En particulier, l’égalité de la devise de la France.

Il me semble qu’égalité = justice. Et que cette égalité est ce qu’en dit Rousseau : une « égalité de puissance », pouvoir résister à M.Trump, même s’il mobilise toutes les ressources de l’Amérique ! Comment ? Un peu comme lui ont résisté les Iraniens. Plus exactement, à la façon de l’écosystème, dont l’ensemble peut remplacer n’importe lequel de ses membres. La solitude, c’est la mort.

Pourquoi croire à l’égalité ? Une croyance à une essence commune, « l’humanité », au sens de « crime contre l’humanité » ?

Bien entendu, tout cela n’est que de grands principes. Le succès est dans l’exécution.

Fin de l’école

Qui se souvient de Huysmans ? Pour ma part, je trouve qu’il écrivait fort bien. Mais les experts de jadis m’auraient contredit. Suis-je un inculte ? Digne représentant de la société à laquelle j’appartiens ? (Les Goncourt d’hier par les Goncourt d’aujourd’hui – Joris-Karl Huysmans (1ère diffusion : 17/10/1966) – France cultre.)

Huysmans appartenait à une école, le « symbolisme ». Il reniait le « naturalisme » de Zola. La littérature française est faite d’écoles, chacune reniant les autres, et se croyant la seule au monde. Ce qui la rend risible, au sens de Bergson.

Pour autant, toutes ont contribué à notre culture, autant par leurs qualités que par leurs illusions. Toutes méritent l’intérêt, en dépit de leur ridicule.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’école. Fin des illusions ? L’ère de la sagesse ?