»L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire. » Une phrase de Bergson, citée par Jean-Jacques Auffret.Je me demande si ce n’est pas la devise du « changement » au sens du type de changement qu’étudie ce blog.
Mais cette phrase ne va pas de soi :
- Le « nous » signifierait-il que l’avenir est un travail collectif ? Si c’est le cas, la tâche n’est pas évidente, puisque faire quelque-chose ensemble suppose probablement une forme d’accord, de « volonté générale ». (Il me semble effectivement exister : après guerre, ça a été le progrès social et matériel, selon un modèle technocratique et planificateur ; actuellement ce serait plutôt la recherche de la satisfaction immédiate de l’impulsion individuelle, selon le modèle de l’économie classique.)
- « nous allons en faire » : si l’on est tous d’accord, l’avenir nous appartient ? J’en doute. Il n’y a pas que nous sur terre. En outre, on apprend en avançant. On change ! Ce qui me semble le plus important, donc, est une volonté commune appuyée sur des éléments de preuve du succès probable. Une image, pour clarifier les choses : celle du navigateur solitaire. Il prend une « option de course » déterminée par ses compétences, la météo et ses « envies ». Il veut gagner. Mais il ne gagne pas toujours. Et ce n’est pas grave. Ce qui comptait était la course.
Alors, « l’important dans la vie n’est pas le triomphe mais le combat ; l’essentiel n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu » (Coubertin, qui n’aurait pas dit « l’important, c’est de participer ») ? Pas encore sûr. Le combat, lorsqu’il est question de vie et pas de sport, fait évoluer son objectif, il n’a pas de terme.