Paradoxe

Quand j’enseignais, j’avais trouvé un moyen de présenter ce que je considère comme la méthode fondatrice des sciences humaines : le paradoxe.

Je demandais à mes élèves ce qu’il leur était arrivé de trouver « bizarre », comment il l’avait interprété, et s’il n’y avait pas une autre façon de voir les choses.

La bizarrerie révèle une différence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Ce que l’on dit est influencé par des sortes de tabous sociaux, alors que nos comportements suivent des règles inconscientes. Ce sont ces règles qui sont les codes du changement : en les utilisant on transforme les sociétés. La bizarrerie révèle leur présence. Il reste à les décrire.

Mais, l’affaire ne s’arrête pas là. La façon dont nous décodons la bizarrerie révèle, aussi, nos a priori inconscients. Et ceux-ci sont souvent faux. D’où l’intérêt de se demander si notre interprétation immédiate est unique.

Si j’ai toujours tort, cela vient de ce que je m’en tiens souvent à cette première interprétation.

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