Première fois

Il n’y a pas très longtemps que j’ai pu entendre de la musique suffisamment fort, sans craindre de gêner quelqu’un. Il s’agissait d’une oeuvre de Liszt. Et j’ai eu une révélation : je me suis cru un de ses contemporains le découvrant. En comparaison avec la musique de son temps, c’était une révolution. L’effet était fantastique.

J’ai eu le même sentiment en écoutant Joseph Kessel parler de sa vie. Aujourd’hui, nous jetons un regard blasé sur son époque, alors qu’elle fut extraordinaire. Il fut aviateur en un temps où l’aviation était un progrès presque inconcevable, il a vécu une guerre de luxe et de camaraderie (ce qui se voit dans L’équipage). Puis, au moment où elle s’achève, il se trouve engagé dans une équipée absurde qui lui a fait faire le tour du monde, accueilli à chaque étape avec un enthousiasme délirant, comme un héros. On oublie, qu’en ces temps, la France était admirée pour son courage et sa victoire et que ses aviateurs étaient considérés comme des maîtres. (Ce qui doit expliquer le choc que fut, pour l’opinion internationale, sa défaite honteuse en 40.)

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