Chaque année, je me livre à un exercice de prospective. Cette année, je suis sec.
Nous sommes toujours au milieu du gué. La nouveauté de ces derniers temps est la crise. Les épidémies, les guerres… On se croirait revenu à un Moyen-âge qui hésiterait à déverser ses calamités.
La particularité de ces crises est, à chaque fois, de révéler une nouvelle faille inconnue. Faille immédiatement oubliée dès que l’alerte est passée. Faut-il craindre une nouvelle crise, « the big one », ou, pourrions-nous être victimes d’un « battement d’aile du papillon », par exemple d’une réforme insignifiante du gouvernement, qui fasse s’effondrer le pays ?
On se lamente sur le sort de la France, mais, finalement, tout le monde va aussi mal qu’elle. A croire que la vie d’une nation est un équilibre : lorsque l’on fait bien quelque-chose, c’est une excuse pour faire mal quelque-chose d’autre ? A moins que, comme en 39, nous soyons dans une fin de cycle mondial, tout le monde étant diversement affecté par un même phénomène ? Devons-nous nous réjouir ?
Le temps n’est plus celui des belles théories mais de l’incertitude. L’histoire n’est pas écrite. Elle se joue probablement à des moments comme ceux-ci. Ce qui est préoccupant, si c’est bien le cas, est l’abattement général de la société. Elle « manque de ressort ». La France n’est pas celle de « l’étrange défaite », mais elle n’est pas très vaillante. On peut craindre, pour reprendre un vocabulaire à la mode, qu’elle soit « impactée » plutôt « qu’impactante ».