Que sait-on sur l’intelligence artificielle ? Un débat entre praticiens m’a fait prendre conscience de mon ignorance. Le sujet est fascinant. Voici ce que je retiens :
J’ai entendu parler de « biais de positivité ». L’IA est probabiliste. Elle donne la solution qui lui semble la meilleure. Mais, parmi les solutions possibles, elle choisit celle qui va faire le plus plaisir à l’utilisateur…
Les « moteurs d’IA » sont modifiés plusieurs fois par jour. Il en est, donc, de même des résultats qu’ils donnent. En outre l’IA apprenant des questions qu’on lui pose, lui demander plusieurs fois de suite la même chose produit à chaque coup de nouvelles réponses. Ce qui la rend inutilisable pour l’industrie.
Si les résultats qu’elle donne sont incertains, elle a une capacité hors du commun à aspirer les données de celui qui l’utilise, y compris celles que l’on ne pensait pas lui avoir données. Un fournisseur peut donc aspirer les données d’une nation, et en tirer une carte de ses forces et de ses faiblesses. (Par exemple de ses bâtiments.) Et l’historique de vos agissements est conservé indéfiniment. (Ce qui vaudrait des années de prison à des personnes qui ont eu le tort de donner 15€ au mouvement de Navalny, en Russie.)
Cela semble une redoutable arme. D’autant qu’en termes militaires, la faiblesse de l’IA, son aspect approximatif et ses erreurs imprévisibles, n’a que des conséquences négligeables.
L’IA, c’est l’art du « prompt ». Or elle commande nos ordinateurs et donc trie les mails qui leur arrivent. Ceux-ci peuvent donc lui poser des questions, par exemple lui demander de vider votre ordinateur. Il en serait de même des pages web que l’on parcourt.
On peut se protéger de tout cela, en créant des environnements clos, et avec certains types de logiciels, un peu moins performants que ceux dont il est question ici. Seulement cela a un prix. Et demande des compétences qu’il me semble que peu d’entreprises possèdent.
Je ne le savais pas. On peut évaluer ce que coûte l’utilisation de l’IA. C’est cher. La consommation électrique d’une comparaison entre deux documents de 8 ou 9 pages coûterait 40€. Qu’arrivera-t-il le jour où les éditeurs d’IA feront payer leurs services ? (Le coût de l’accès Internet pourrait-il être multiplié par 10 ?)
Par ailleurs, il faut une IA pour contrôler les résultats d’une IA. Or, la seconde coûterait 100 à 150 fois plus à faire marcher que la première.
D’ores et déjà, l’IA a rendu le stagiaire inemployable. Ne sachant qu’utiliser l’IA, il ne présente aucun intérêt, puisque tout le monde peut le faire. Ce qui pose un problème de recrutement à un participant.
Question finale : l’IA apprend de l’homme. Qu’arrivera-t-il lorsque les hommes ne sauront plus rien ?