Le travail que je mène avec les interpreneurs m’a fait découvrir la France de l’intérieur, la France des petits.
Les petits cafés qui n’ont plus de clients, les petits maires qui n’ont plus de pouvoir et crèvent sous la botte de l’Etat, le petit entrepreneur que personne n’aime, etc. C’est un monde de grande déploration. L’Etat, ses députés, son administration et son gouvernement nagent dans l’illusion, et dépensent l’argent public dans des projets somptuaires en enfermant le simple mortel dans un univers de plus en plus kafkaïen. Après cela comment l’Etat peut-il parler de crise budgétaire ?
Mais, j’ai fait un constat : le mal de ces petits n’est pas le Jacobinisme parisien, mais l’individualisme. L’expérience montre que dès que quelques citoyens se réunissent et inventent un « beau projet », tout change. On découvre que l’Etat, ses élus et son service public sont extrêmement bienveillants et serviables
Prenons le cas du petit maire. Son pouvoir économique a été donné à l’intercommunalité. Certes, mais l’intercommunalité a la bonne dimension, celle du bassin de vie, pour agir et créer des projets économiques. Qu’attend le petit maire pour en profiter ?
Et le cabaretier ? Pourquoi ne comprend-il pas que le salut n’est pas dans la subvention mais dans la clientèle et qu’il doit trouver le moyen de relancer l’activité économique de son territoire, pour créer des emplois et faire revenir des jeunes, pour le rendre « attractif » ? Que les entreprises locales s’unissent et développent ensemble leur patrimoine économique collectif et tout changera. Or, quel meilleur lieu pour ce faire que le bistrot du coin ?
Que le petit entrepreneur participe à un tel projet et tout le monde l’aimera. Et, par dessus le marché, il sortira définitivement de sa condition de « capitaliste pauvre ».