Lorsque la BBC parle de nos penseurs, elle explique qu’ils ne se sont pas éternisés dans l’éducation nationale, car leurs diplômes ne leur permettaient d’enseigner que dans le secondaire.
Et, effectivement, l’agrégation que l’on a généralement en tête est celle du secondaire. (Il existe aussi une agrégation décernée par l’université pour des sujets qui ne sont pas étudiés dans le secondaire, médecine, droit, etc.) A l’exception des philosophes, qui n’enseignaient qu’en terminale, les autres pouvaient commencer en seconde. En plus en un temps où il y avait, par exemple, seulement 8 nouveaux agrégés de philosophie par an !
Et c’est comme cela que l’on pouvait avoir Bergson, Durkheim ou Sartre comme professeur !
Tout cela avait une raison. Comme c’est encore le cas avec Eaton, en Angleterre, le véritable enseignement était celui du secondaire. Il s’achevait avec le concours général, l’équivalent des jeux olympiques. La suite n’était qu’école d’application, optionnelle. (Pour dilettante ?) Tous les écrivains qui ont fait la gloire de la France ont été touchés par la grâce au cours de leurs études secondaires.
Voilà qui explique peut-être beaucoup de choses…
(Le cas des écoles d’ingénieur mériterait d’être étudié. Il n’est pas impossible qu’initialement, comme en Angleterre, elles aient été réservées à des seconds couteaux de l’intellect. Mais la culture française, l’esprit des Lumières et les succès de la science nous ont peut-être fait croire que le monde était une équation, et qu’il devait être dirigé par des géomètres.)