Le libéralisme a quelque-chose de bizarre. Si l’on revient aux origines, c’est une des solutions proposées à la question que posent les Lumières : comment faire que l’homme n’asservisse pas l’homme ? Réponse libérale : le marché. Il s’organise tout seul.
En trois siècles, personne ne semble, sérieusement, s’être demandé si l’asservissement au marché ne pouvait pas être pire que la pression que l’homme peut imposer à l’homme… C’est Raminagrobis appelé par la belette et le petit lapin, pour un différend de voisinage.
Plus curieux : on lit que le combat de l’humanité a consisté à se libérer de la nature. Mais pourquoi la nature serait-elle pire que le marché ?
D’ailleurs, à y bien réfléchir, la nature n’est-elle pas la question de départ ? L’homme a commencé par vouloir s’en libérer (des aléas climatiques, des prédateurs, de la maladie, de la faim…), puis, avec Descartes, il a crû en être le maître. Et, maintenant, il juge être allé trop loin.
Et s’il se « réinscrivait » dans les cycles naturels ? Mais, pas comme un vaincu, façon altermondialiste. Comme un égal, à ses conditions. Je me demande, en relisant ce que dit ce blog, si ce n’est pas ce qui est en train de se passer.
Quand à la liberté et au marché, c’est peut-être aussi la nature qui est la solution, car l’humanité occupant la place qui lui revient dans la nature est un dispositif dans lequel tout le monde est dépendant de tout le monde. N’est-ce pas cela la véritable liberté ? (Dans l’égalité et la fraternité, de surcroît.)