Intelligence trop assurée

L’intelligence artificielle n’a pas été à la hauteur de ses promesses, dans l’assurance, disait, en substance, le Financial Times, hier.

Effectivement, on avait annoncé que, grâce à elle, il n’y aurait plus d’assureurs. Le raisonnement d’alors était que le GAFA avait accès à nos données, contrairement aux assureurs. Et, donc, qu’avec la miraculeuse intelligence artificielle, il serait capable de concevoir des produits d’assurance, bien meilleurs que ceux qui existaient.

A cette époque, j’avais fait intervenir un ancien directeur scientifique d’IBM, dans une conférence d’experts auprès des assurances. Il avait présenté un petit livre. Voici ce que l’on écrivait, il y a vingt ans (ou plus ?), nous a-t-il dit. Rien n’a changé, sauf la puissance des ordinateurs. Or, ce n’est pas un problème de puissance que pose l’assurance.

Il nous avait aussi appris, qu’à l’époque, IBM avait lancé un programme pour éliminer toutes les maladies, identique à celui dont on entendait parler au moment de la conférence, et que cela avait échoué. Au lieu de trouver trois ou quatre règles pour diagnostiquer un cancer, la machine en produisait des milliers.

Nous avons vécu un temps « d’irrational exhuberance », comme on disait au temps de la bulle internet. La fiction du marketing a dépassé la réalité des possibilités techniques.

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