Père relatif

Florence Dupont, anthropologue, parle de la notion de « père » chez les Romains. Nous devenons père à la naissance d’un enfant. Le Romain devient père à la mort de son père ! Et la génétique n’a rien à voir dans l’affaire. Le père de famille gouverne un groupe d’hommes, sur lequel il a un pouvoir absolu, mais envers lequel il a des devoirs. Il désigne celui qui prendra sa place. La logique de la succession n’est peut-être pas génétique. Mais tout aussi logique. Le successeur ressemble au succédé. Par exemple, si le père est un esclave affranchi, le « fils » peut être choisi pour l’être aussi. Car le fils génétique, s’il est né libre, est dissemblable de son père.

Juste ou injuste ? Les Romains n’y voyaient certainement rien à redire. Un trait culturel de notre société est de penser qu’il n’y a qu’une culture, la nôtre. Du coup, nous expliquons l’histoire comme un « progrès » vers notre société, et nous jugeons le passé à l’aune de nos valeurs.

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