Up to their necks in it, The Economist, 17 juillet 2008. « En dépit de bonnes lois et d’intentions meilleures encore, l’Inde cause autant de pollution que n’importe quel pays pauvre en voie d’industrialisation« . The Economist peint une situation effrayante : l’écosystème indien est saturé, et le développement économique du pays ne va qu’aller en s’amplifiant.
Un exemple : l’Inde est incapable de recycler ses déchets, si bien que sa population fait ses ablutions dans un Gange dont l’eau dépasse par endroits de 300.000% les normes d’insalubrité. Avec les conséquences attendues : 1000 morts d’enfants par jour. The Economist dénonce les « gouvernements locaux désemparés, les gouvernements d’Etats corrompus, le gouvernement central surchargé et divisé par des querelles incessantes« .
Voici la manifestation usuelle d’un changement mal mené : on en veut à l’homme alors qu’il ne fait que ce qu’il a toujours fait (se baigner dans la Gange et mener les affaires du pays à la manière indienne). Jusqu’ici il n’y avait aucun mal à procéder ainsi. Mais la croissance économique (le nom du changement dans ce cas) a rendu dangereux ces comportements. Comment l’Inde peut-elle évoluer ? Deux scénarios :
- Revenir au statu quo, arrêter le développement économique. C’est ainsi que se terminent la plupart des changements mal menés. Scénario peu probable.
- L’Europe de Mathus : l’innovation technologique sauve le pays.
The Economist appelle cette dernière solution de ses voeux. Il nous encourage, par exemple, à adopter les OGM. Or, ce qui freine l’usage de ces OGM est le principe de précaution. Le doute que beaucoup éprouvent quant à leurs effets secondaires. Les dangers que font courir à la planète la croissance économique signifieraient-ils que nous ne puissions plus être « prudents« , la vertu suprême du dirigeant, selon les Grecs ? Que nous devons nous livrer à une course en avant aveugle ?
Références :
- Ce que The Economist pense de Malthus : Malthus, the false prophet.
- Pourquoi les OGM ne semblent pas donner toutes les garanties qu’ils n’aient pas d’effets néfastes : SERALINI Gilles-Eric, Ces OGM qui changent le monde, Flammarion, 2004.