Le modèle français est-il condamné ?

Notre gouvernement fait l’inquiétude générale. Le Monde pense même qu’il pourrait être victime du syndrome Zapatero, i.e. marier les homosexuels et laisser crever le pays.

Mais n’est-ce pas notre culture qui nous condamne ? L’économie n’a-t-elle pas réussi à dominer le monde, et peut-on lui survivre sans être l’Allemagne, ce dont nous sommes incapables ? D’ailleurs, les Pigeons nous menacent de voyager hors de chez nous, mais en sont-ils seulement capables ? Les seules personnes que je connaisse qui ont réussi dans le monde anglo-saxon sont des « working rich », qui occupent des positions élevées dans des multinationales bureaucratiques. 
C’est alors que me vient l’idée suivante. Et si le développement durable pouvait nous sauver ? Car s’il faut transformer la demande plutôt que l’offre, alors un gouvernement bureaucratique, de type français (ou chinois, ou encore américain pendant la guerre) est probablement la seule façon de conduire ce type de changement.
Malheureusement, notre modèle bureaucratique et les élites qui lui étaient consubstantielles sont discrédités. Difficile de voir comment faire l’économie d’un changement ?
Bérézina

Rigueur ?

M.Zapatero, que The Economist trouvait velléitaire, décide d’un plan de rigueur. Coup de tonnerre. Les économistes pensent que la remise en ordre des finances publiques ne doit pas survenir trop tôt. Certains estiment que les mesures de secours à la Grèce vont durablement l’enfoncer dans l’hiver nucléaire. Mais le poids des dettes publiques inquiète. Que faire ?
L’idée qui guide ce qui suit vient de la physique. On n’a aucun moyen de savoir où ira une sonde interplanétaire laissée à ses propres moyens, le monde (et la physique newtonienne) est « chaotique ». Pour la maintenir sur la trajectoire désirée, il faut procéder à un contrôle permanent. Application :
  • Les économistes prétendent prévoir l’avenir, qu’il suffit de suivre leurs recommandations et leurs modèles pour connaître le succès. Mais si la physique ne peut donner la trajectoire d’une sonde, pourquoi l’économie, qui n’est pas une science, pourrait-elle prévoir quoi que ce soit ? A-t-on l’exemple d’un économiste qui ait fait une prévision juste ? Robert Shiller, qui pourrait presque entrer dans cette catégorie, pour avoir distingué les précédentes spéculations, observe lui aussi que le monde est « chaotique ». Futur insondable.
  • Mon expérience du changement me dit cependant que « quand on veut on peut ». Si l’on ne sait prévoir l’avenir, du moins peut-on, en partie, choisir le sien. D’ailleurs l’histoire de l’Estonie ou de l’Allemagne montrent que les nations peuvent se réformer, si elles le désirent.

Lorsque l’on regarde l’histoire récente, il me semble que les nations ont essayé de fixer le cours relatif de leurs monnaies. Peut-être avaient-elles des raisons fortes pour cela ? Cette stabilité serait-elle une condition nécessaire de crises moins violentes ? Alors, faut-il condamner les efforts de la zone euro comme donquichottesques, ou, au contraire, faire tout pour qu’ils réussissent, parce qu’elle est le creuset d’une économie durable ?

Compléments :
  • Hypothèse personnelle (biaisée certainement par mon métier). La zone euro tenterait d’acquérir des techniques de conduite du changement. C’est-à-dire chercherait à adapter son tissu social aux mouvements de l’économie, en abandonnant l’usage exclusif des mesures macroéconomiques.
  • Exemples d’événements imprévisibles qui peuvent brouiller toutes les prévisions : Greekman brothers.