Les dessous de l’histoire sont effrayants, quand on les découvre. A Yalta, le sort du monde est entre les mains de trois personnalités affligeantes.
Roosevelt est au bout du rouleau. C’est un dangereux innocent, qui veut balayer une culture européenne obsolète et installer un ordre mondial américain d’un simplisme consternant. Il croît que Staline, contre quelques concessions, va marcher dans sa combine. Mais Staline est une sorte de paysan madré, un genre de Trump qui fonctionne à l’instinct (et recule devant la force). Il le roule dans la farine. Quant à Churchill, il est vieux, et, contrairement à de Gaulle, il ne croit pas en son peuple. Celui-ci, au mieux, ne peut que résister héroïquement face aux Huns, en attendant les Américains. Il est entre les mains de Roosevelt. Et il se désole de son aveuglement.
(Réflexions venues de La conférence de Yalta racontée par les Dossiers de l’histoire. France Culture.)