Étiquette : Yahoo
Clowns italiens et autres histoires
The Economist traite MM.Grillo et Berlusconi de « clowns ». Sans pour autant se montrer inquiet outre mesure, me semble-t-il. La BCE peut maintenir l’Europe à flots. Et M.Grillo n’est pas sans intérêts. Justement ceux qui l’ont fait élire. Il a capté un besoin de la nation (de toutes les nations ?). Un ras le bol des politiciens de carrière, qui ne suivent que leur intérêt. Ses députés devraient voter les lois au coup par coup, et non selon une stratégie prédéfinie. Il faut surtout relâcher l’austérité, pense The Economist. Reste à convaincre l’Allemagne.
L’Angleterre est dans la mélasse. Elle ne sait qu’importer. Sa devise n’a pas fini de sombrer. Le prix de sa dette va-t-il augmenter ? Non, ça va mal partout. En tout cas, peut-être son gouvernement devrait-il faire quelques investissements en infrastructures pour relancer ses affaires ? Dans la série « l’Angleterre aime l’Europe », The Economist est allé à la rencontre des fermiers anglais. Celui qui est interviewé révèle que sans la PAC, « il aurait gagné sa vie seulement durant 5 de ses 21 années de ferme ». On tolère que la France laisse aller son déficit un peu plus longtemps.
Pourquoi les Américains ont-ils défait les Allemands. Ces derniers étaient supérieurs dans leur art de la guerre, en particulier dans leur « capacité de se relever d’un revers et de contre-attaquer ». C’est le complexe militaro industriel américain qui a gagné, et en particulier ses ingénieurs du BTP de marine. Ils ont bétonné sa marche vers la victoire.
Microsoft et les losers
Articlesur le dernier accord de Microsoft.
Nuclear winter 2.0
Microsoft licencie
Crise. Le bénéfice trimestriel de Microsoft atteint un niveau inquiétant, 4,17 milliards de $. Logiquement Microsoft licencie 5000 personnes, soit 1,5md$ d’économies (un peu moins de 400 millions par trimestre – ce qui correspond à peu près à la décroissance du bénéfice – 11%).
Microsoft a perdu plusieurs milliards$ en essayant de mettre au point des moteurs de recherche qui puissent concurrencer Google (Google, Microsoft et Olivier Ezratty), ça n’a inquiété personne. Et que dire de sa politique d’acquisition ? Il y a quelques temps Microsoft voulait acheter Yahoo! plus de 3 fois son prix actuel…
Le manager américain a un réflexe pavlovien : crise = licenciement. L’employé n’est pas un homme, il n’a pas de droits. Il vit dans une sorte de Guantanamo. Le seul qui en ait est l’actionnaire. Et quand, en son nom, le manager a mis au chômage le marché et qu’il a ruiné son entreprise, il appelle l’État à l’aide.
Google, Microsoft et Olivier Ezratty
Petit déjeuner du Club Télécom. Lumineuse analyse d’Olivier Ezratty de Google et Microsoft. Ce que j’en retiens :
Ces deux entreprises sont aussi concurrentes que la carpe et le lapin. Leur croissance est liée mécaniquement à celle du marché très particulier sur lequel elles vivent, et qu’en partie elles ont créé.
- Microsoft, 60md$ de CA, possède 40% du marché du logiciel. Elle vend essentiellement aux entreprises. Son marché croit organiquement de 8 à 13% par an.
- Google, 20md$ de CA, possède 40% du marché de la publicité sur Internet. Elle vend essentiellement au grand public. Son marché croit organiquement de 30%. Google suit la courbe de développement de Microsoft, avec quelques années de retard.
Pourquoi ne peuvent-elles pas s’attaquer l’une l’autre ? L’exemple de Microsoft. Le marché de la publicité sur Internet est divisé en 3.
- Moteur de recherche : 30 à 40$ par client (Google a 70% du marché).
- Sites de contenu (bandeaux publicitaires de sites tels que Le Monde.fr…) : 2 à 8$ par client.
- Contextualité / relation (Facebook, Hotmail…) : 0.
Microsoft est présent sur le 3ème segment et voudrait pénétrer le premier. Mais en dépit de milliards de $ d’investissement est incapable de mettre au point un moteur de recherche qui apporte autre chose qu’un avantage marginal par rapport à celui de Google. Acquérir Yahoo! serait une erreur: les cultures des deux entreprises sont tellement différentes, que la fusion s’achèverait en bain de sang pour un gain de part de marché illusoire.
Quant à Google, attaquer le logiciel d’entreprise lui demande d’acquérir un savoir faire de vente à l’entreprise du type de celui d’IBM. Au mieux difficile et long. Le tout pour une rentabilité beaucoup plus faible que celle à laquelle Google est habitué.
Les entreprises sont comme les êtres humains, elles ont une morphologie qui les dispose naturellement à certains métiers, mais pas à d’autres.
Autre trait. Pragmatisme alpha et omega pour ces deux monstres. Aucun souci de stratégie impeccable, de produit parfait : ils mettent au point par essais et erreurs, ils testent en permanence. Vision à long terme n’appartient pas au vocabulaire anglo-saxon.

