Wikipedia vaut-il plus que l'Etat ?

Donnez à Wikipedia autant que Wikipedia vous a donné dit Hervé Kabla. Ce qui m’a plongé dans de profondes réflexions. 
Un peu concernant Wikipedia.

  • Je ne lui ai rien demandé, pourquoi devrais-je le payer ? 
  • Qu’est-ce que j’en retire de vraiment utile ? (Des illustrations pour mon blog !) N’a-t-il pas adopté la politique du vendeur de drogue : il commence par donner, puis exige de l’argent ? D’ailleurs, ne me fait-il pas perdre du temps, en créant une tentation de perdre mon temps à laquelle j’ai du mal à résister ? Ne devrais-je pas lui demander de me payer ?
  • Piquer sans rien donner, n’est-ce pas l’esprit d’Internet ? Wikipedia ne vit-il pas en parasite ? Il a détruit des emplois. Peut-être même un savoir-faire que l’on sera incapable de remplacer : celui des encyclopédistes. Demain le savoir concis des dictionnaires sera réservé aux très riches, à cause de Wikipedia. Et il s’est nourri de la bonne volonté de ses rédacteurs, en profitant du salaire qu’ils recevaient, par ailleurs, d’activités honnêtes. 

Exercice de mauvais esprit ? 

Mais c’est surtout à l’Etat que m’a fait penser l’idée d’Hervé. Pourquoi nous comportons-nous en « contribuables » à qui l’Etat devrait tout ? Pourquoi ne voulons-nous pas lui rendre ce qu’il nous a donné ? Parce que, comme pour Wikipedia, il nous est arrivé sans que nous le demandions ? Ou parce que nous sommes imprégnés de l’esprit de Wikipedia ? 

Sauvons la démocratie

Démocratie en recul partout. Après des années fastes, elle a connu des déconvenues. Crise russe, invasion d’Irak, printemps arabes, Afrique du sud, Turquie, Inde dysfonctionnelle… Et ses champions, USA et UE donnent un piètre spectacle. Les nations sont attaquées du dessus, par la globalisation, et du dessous, par une multitude d’intérêts spéciaux dont le pouvoir est décuplé par Internet. Les gouvernements démocratiques réagissent par l’artifice, la dette et la démagogie. Bien triste spectacle, en comparaison d’une Chine triomphante ! Comment redonner du lustre à la démocratie ? Plutôt que de les refuser, les gouvernements doivent mettre à profit les forces qui l’ont déstabilisée. Paradoxalement, en réduisant leur pouvoir, donc l’Etat. Ils doivent réapprendre à déléguer. Vers le haut à ceux qui savent, la technocratie. Vers le bas, à ceux qui sont légitimes : démocratie directe. En maintenant un savant équilibre entre les deux.

Où va l’Ukraine ?A court terme, son problème semble la Crimée. C’est une partie de la Russie qui lui a été transférée en 1954. (C’est aussi une base russe.) M.Poutine peut-il la perdre ? Que doit faire l’UE ? Commencer par adopter une ligne commune. Aujourd’hui, elle est divisée entre pro (Chypre, Italie, Hongrie) et anti Russes (Pays Baltes et Suède). M. Erdoggan continue son rodéo avec la justice. En Italie, il semble se confirmer que M.Renzi n’a pas de programme. L’Angleterre et l’Ecosse se disputent le pétrole de la mer du nord. Contrairement à la Norvège qui possède un fonds souverain de 840md€, l’Angleterre ne semble pas avoir économisé un kopek. Les Indiens veulent se débarrasser de leur gouvernement actuel à tout prix. Le Pakistan de ses Talibans. Les Japonais vénèrent leurs Kamikazes.
Wikipediarenouvèle son management. Il doit surtout renouveler (leur nombre se contracte) et diversifier ses contributeurs. Et s’adapter à l’évolution technologique. Au Mexique, Carlos Slim illustre les caractéristiques du monopoliste. La loi semble incapable de restaurer un rien de concurrence. Tesla vend 22000 voitures par an et vaut déjà 30md$. Prochaine étape : marché de masse, voiture sans conducteur, alliance avec Apple ? Un activiste cherche à séparer Pepsi de ses chips. Les multinationales cherchent à garder le contact avec leurs anciens employés : « ambassadeurs de la marque, recruteurs et vendeurs ». L’industrie européenne des énergies renouvelables boit la tasse. Seules les éoliennes ont encore un peu de jus. Ce marché est désormais dominé par Siemens et GE. Mais toujours pas rentable. Siemens demande des subventions à l’UE. Appui à mes théories : l’avenir est à la réduction de consommation d’énergie. (Gros marché pour les entreprises de service.) Et une réglementation contraignante est un stimulant efficace. L’Internet coréen du sud est dominé par Naver, un géant, qui a mis KO ses équivalents américains. Il voudrait sortir de son marché.  (Mais il semble avoir des réflexes très coréens…) Comment éviter la fraude ? En ne cherchant pas à la dissimuler. Et en encourageant la délation. Internet essaie de mettre en relation prêteurs et emprunteurs. Cela semble fragile. Et, à mesure que l’on découvre le métier et ses risques (besoin d’assurances, de garantie…), le modèle perd ses avantages… L’avenir du container, dernière des révolutions industrielles, est aux composites, aux capteurs piezzo électriques et au suivi informatisé.
Les dettes d’un Etat sont-elles mauvaises pour la croissance ? Pas nécessairement. Principalement quand elles grimpent (comme en Chine, mais pas en Europe.) Plus de redistribution pour plus de croissance ? Apparemment oui. L’Etat sait parfois trouver un emploi plus efficace à l’argent du particulier que ce dernier (notamment lorsqu’il investit dans des subprimes)… Les Anglais veulent s’assurer que les banques étrangères sont représentées par des filiales. Et les Chinois veulent laisser flotter leur monnaie, pour favoriser l’investissement et combattre la spéculation.

Les cerveaux des hommes et des femmes ne seraient pas câblés de la même façon. D’où une différence de sensibilité à l’autisme. Une fois qu’ils ont perdu leur fourrure, les hommes ont pu éviter le cancer de la peau en devenant noirs. 

Wikipedia et l'OCDE

Voici ce qu’écrit Wikipedia sur l’OCDE « Un club de pays riches et un instrument au service du libéralisme ».

Le texte sous-entend que l’OCDE est le mal. L’OCDE le doit à la malédiction de ses origines. L’OECE, émanation des USA, avait pour but de combattre l’Union soviétique (le bien, comme chacun sait). Mais l’OECE a été créé pour mettre en oeuvre le plan Marshall, à qui l’on attribue assez souvent le redressement de l’Europe, à un moment où elle n’allait pas bien. Quant au « développement économique », il a été, tout aussi longtemps, le credo du monde entier, PC inclus.

Mais le plus surprenant n’est peut-être pas de trouver un cours de moral dans une encyclopédie. C’est qu’il n’y a pas, actuellement, d’alternative à ce qui est condamné. En serions-nous revenu au Moyen-âge, où l’Eglise affirmait que le bien n’était pas de ce monde ?

Peut-on sauver l'Insead?

L’Insead a l’air mal parti. Peut-il être tiré de la médiocrité galopante?

Je crois qu’il souffre du même problème que Wikipedia. Il a subi un détournement. Ceux à qui on avait confié ses commandes en ont pris le contrôle. Et ces deux organismes ont la particularité d’être remarquablement isolés des influences extérieures.

A une époque, on parlait beaucoup « d’organisations apprenantes ». Je soupçonne que c’est un oxymore. Les organisations doivent apprendre ou périr. C’est peut-être d’ailleurs la qualité première de l’entrepreneur. Il a une capacité exceptionnelle à transformer le revers en leçon. Eh bien, je soupçonne que ce qui manque à Wikipedia et à l’Insead, c’est justement cette capacité. Curieusement, ce sont deux organismes qui sont supposés dispenser le savoir. Peut-être ont-ils cru qu’ils savaient? Peu d’espoir de salut, en tout cas.

L'auto asphyxie de Wikipedia ?

(Wikipedia) pourrait être incapable d’approcher beaucoup plus de son noble objectif de rassembler tout le savoir humain. La communauté Wikipedia a construit un système et des ressources qui sont sans précédents dans l’histoire humaine. Ils se sont révélés un concurrent de poids, peut-être même mortel, pour la façon habituelle de constituer des encyclopédies. Mais cette communauté a aussi construit des barrières qui découragent les nouveaux contributeurs, nécessaires pour finir le travail. Peut-être c’était trop demander à une foule d’Internautes qui ne se connaissaient pas de démocratiser totalement la connaissance. Le Wikipedia actuel, avec sa qualité médiocre et sa mauvaise représentativité de la diversité humaine, pourrait être la meilleure encyclopédie que nous n’aurons jamais. (Article.)

Wikipedia est une communauté auto-organisée. Tout dans le fonctionnement d’une telle société dépend de sa « constitution ». De ses règles constitutives. Apparemment, elles étaient mal conçues. L’édifice est condamné. Vice de constitution ? Ou vice d’Internet ? Les affaires humaines ont besoin de liens humains, et les réseaux sociaux ne peuvent s’y substituer totalement ? 

Wikipédia ou les limites de l’individualisme ?

Wikipédia, c’est la vie, mais pas l’œuvre. On y développe avec un luxe inouï les anecdotes de la vie d’une personne, la plus insignifiante soit elle, mais il est quasi impossible d’avoir la moindre confiance en ce qui est dit sur une œuvre.

Wikipedia est un travail d’individus. En conséquence, ils parlent d’individus ?

Alors qu’une encyclopédie est un projet social, qui parle d’œuvre, i.e. de contribution de l’individu à la société ?  Et qui paie des spécialistes pour cela ?

Les vices de wikipedia

Je suis amené, coup sur coup, à comparer les versions françaises et anglaises de wikipedia. D’abord pour « Henriette d’Angleterre », puis pour « coût de transaction ». J’obtiens des résultats différents en ce qui concerne ce que cherchais. (Les amants possibles de la première, et le rôle de Kenneth Arrow dans l’usage du second.)

Limites de wikipedia ? Seul un expert peut parvenir à une maîtrise suffisante d’un sujet pour en faire une synthèse convaincante ? Accumuler des citations donne du « ni fait ni à faire » ?

Compléments :
  • Un reproche, cette fois-ci systématique : des références généralement inutilisables pour lancer sa propre recherche.

Défilé du 14 juillet

Eva Joly semble vouloir que le défilé du 14 juillet ne soit plus militaire.

Il se trouve que je m’interrogeais hier sur les raisons d’une « fête nationale ». Ne serait-il pas bien de remettre à plat la question : devons-nous être heureux d’être ensemble et si oui que devrions-nous fêter ?

En tous cas, si j’en crois Wikipedia, le défilé du 14 juillet est assez récent. Il remonterait à 1880, et serait sur les Champs depuis 1919. Ses grands moments sont l’après défaite de 70, l’après victoire, difficile, de 14, l’après peu glorieux 40. Serait-ce l’illusion de notre puissance guerrière qui descend les Champs ?
Pourquoi poursuivre ce rituel vacillant ? À une époque où notre gouvernement réduit les moyens de nos armées, l’illusion de notre force n’a jamais été aussi utile ? Tradition pour touristes, comme la relève de la garde à Buckingham ?…

Blogspot en panne

Avant hier, Blogspot était en panne et avait effacé deux jours de publications.
Un enchaînement d’idées m’a fait passer de la faible qualité de service de Google (d’ailleurs qui peut mesurer celle de son moteur de recherche ?) au problème que pose son monopole, et, plus généralement, celui de toutes les entreprises des TIC (aussi bien Microsoft que Facebook, d’ailleurs).
Je ne connais pas une théorie qui approuve le monopole. Pourquoi laisse-t-on subsister des positions aussi dominantes ?
Parce que le service public n’a plus la cote et que les casser serait difficile ?
Quid du modèle Wikipédia ? Un bien commun (ici la connaissance) peut-il être apporté par la charité (de ceux qui fournissent le contenu du site et de ceux qui financent, par leurs dons, les moyens dont il a besoin) avec un minimum d’organisation ?
Wikipédia est utile, mais n’atteint pas la profondeur d’analyse du spécialiste patenté en ce qui concerne les sujets que couvrent d’ordinaire les dictionnaires. En outre le travail gratuit que fournissent les rédacteurs de wikipedia n’élimine-t-il pas des emplois de spécialistes qui auraient pu porter bien plus loin la satisfaction collective ?
Et si la situation actuelle était une variante du brevet ? Pour encourager l’inventeur, il faut lui donner un monopole momentané. Mais il doit être bref.

Wikipedia

À la réflexion, je pense que Wikipedia n’est pas parfait.
  • D’une certaine façon il est excellent pour tout ce qui concerne les « people ». C’est-à-dire des gens plus ou moins connus. Ces people sont d’ailleurs de tous temps. On trouve chez Wikipedia de très bonnes biographies de seconds couteaux de l’histoire, fille illégitime du dernier des Stuart, brigands du Far West ou généraux américains de la guerre de sécession.
  • Wikipedia est aussi très bien pour renseigner sur ce qui fait notre vie, mais n’entre pas, du moins avec un tel détail, dans un dictionnaire. Par exemple sur une rue de paris, une demeure ancienne anglaise, une mode passagère.
  • Mais il n’est pas bon pour traiter de sujets de fond, qui demandent un travail de compréhension en profondeur. On trouve dans les articles en question des affirmations souvent discutables, anecdotiques ou idéologiques.
Wikipedia, travail d’amateur (au sens noble du terme) ? Les professionnels consacrent leur temps aux dictionnaires ou aux livres ?