Internet espion

Mme Clinton et le gouvernement américain veulent que la voix des peuples opprimés traverse la censure des dictateurs, chinois, iraniens, syriens…  Pour cela, ils infiltrent dans leurs pays des équipements qui court-circuitent les réseaux officiels (par exemple en utilisant le support de téléphones portables).
Il n’y a rien de plus important que la liberté de parole (U.S. Underwrites Internet Detour Around Censors Abroad – NYTimes.com), chez les autres.
Quid des dictatures amies ? (Par exemple l’Arabie saoudite.) Et de wikileaks ?
Compléments :

Wikileaks ou les dangers de l’innovation

Les aventures de Wikileaks révèlent un risque inattendu. Les données secrètes des entreprises sont en grand danger d’être divulguées.
D’une part, pour des raisons d’économie, elles naviguent sur le « cloud », bien loin du contrôle de l’entreprise ; d’autre part, beaucoup de gens y ont accès et ont des moyens puissants de les diffuser, ne serait-ce que parce qu’ils pratiquent les réseaux sociaux. (Be afraid.)
Retour à une de mes vieilles idées ? Pour qu’elle soit bénéfique l’innovation doit être maîtrisée. 
Méfions nous des idéologues de l’innovation ? Ils ont un intérêt à ce que nous n’apercevions pas les conséquences négatives de ce qu’ils nous vendent ?

Wikileaks et l’hypocrisie

L’Occident est offusqué. Le prix Nobel de la paix est bouclé par la Chine. Quelle honte.
Mais comment l’Occident peut-il donner la moindre leçon à la Chine quand lui-même veut clore, par des moyens totalement illégaux, le site de Wikileaks ? 
Au passage, on découvre qu’Internet rend les services pour lesquels il a été conçu : il est indestructible. Tout comme l’hypocrisie des USA ?

Compléments :

  • Mieux : les USA protestent contre la censure d’Internet par la Chine ! Et c’est Mme Clinton qui, dans les deux cas, est l’exécuteur de leurs basses oeuvres ! Les Indiens anciens auraient dit qu’elle avait une langue fourchue. Comme tous les Blancs d’ailleurs.

Wikileaks revu

J’ai tort de comparer Wikileaks au Canard enchaîné et de le trouver décevant, parce qu’il ne dénonce pas de grande malversation.
Car, au fond, il est intéressant de connaître ce que le diplomate bien informé pense des grands. Que David Cameron « manque de profondeur » et que Silvio Berlusconi soit épuisé par sa vie nocturne n’est pas sans intérêt quand on veut comprendre leurs politiques.

Compléments :

Wikileaks (suite)

Au fond ce qui nuit le plus à Wikileaks est que ce qu’il dit n’est pas nouveau. Il sera inattaquable le jour où ce sera un Canard enchaîné mondial.
Sinon, Wikileaks, comme la presse en général, répond à un besoin fondamental. À savoir qu’aucun individu, ou groupe d’individus, ne peut être laissé s’occuper de l’intérêt général sans contrôle. L’intérêt général n’est pas dans l’intérêt individuel. Et l’intelligence humaine est faible.
L’alimentation de Wikileaks se fait d’ailleurs par un mécanisme propre à la culture anglo-saxonne : celui du « wistle blower ». Un individu révolté par une mesure injuste la dénonce. 

Wikileaks et démocratie

The Economist déplore que Wikileaks complexifie le travail des diplomates, remarque qu’il échappe à toutes les lois (il n’appartient à aucun pays), et note que, de toute manière, c’est un résultat de l’évolution sociale et technologique contre laquelle nous sommes impuissants. Les gouvernements devront apprendre à garder leurs secrets. (Read cables and red faces.)
Je suis surpris que ce journal libéral ne voie pas là une « innovation », forcément bien, en dehors de quelques aspects négatifs à court terme. Je suis certain que son opinion aurait été moins nuancée si l’application avait été commerciale (cf. les OGM). 

Durabilité de Wikileaks

Wikileaks aurait dit que la Chine était pour la fusion des deux Corée.
Oui, mais la source serait coréenne du sud. Et puis l’opinion serait celle de certaines personnes, pas forcément de tout le gouvernement chinois… (Informations de la BBC, ce matin.)
De l’avantage d’être impénétrable… D’ailleurs, la diplomatie l’est par nature. Elle a toujours dit tout et son contraire. Qu’aurait signifié une fuite venant de Talleyrand ?
Au fond, pour faire perdre toute crédibilité à Wikileaks, il suffit d’utiliser les tactiques de la guerre froide : lui transmettre quelques informations justes et beaucoup de fausses. Alternativement ce peut facilement devenir un outil de manipulation des foules.