WeWork

Faillite de WeWork. On me dit : enfin, on va revenir à l’économie réelle !

J’en doute, WeWork, c’est l’Amérique. L’Amérique, ce sont des grands bateleurs qui séduisent des investisseurs par leurs folies. Elon Musk, Jeff Bezos, sont des bateleurs qui ont réussi. D’autres, comme Sam Bankman-Fried, échouent. Donald Trump est au milieu. Et, justement, les démocrates cherchent à le faire choir en attaquant ce que l’on tolère un temps chez les autres. L’électeur l’a bien compris : il trouve que ça n’est pas bien jouer. Le businessman est par nature un escroc, pourquoi le lui reprocher ?

En fait, la valeur de WeWork n’était pas plus artificielle que celle du dernier Picasso mis en vente. Le spéculateur sait que le marché leur donne un prix. Leur valeur réelle n’a aucun intérêt.

Le blues du fonds

WeWork a fait boire un bouillon à SoftBank, son investisseur japonais. Ce qui confirme que les licornes sont des animaux imaginaires. Quelques jours avant, le Financial Times annonçait que Warren Buffett ne savait pas comment dépenser les 128md$ qu’il détient en liquide.

Les milieux financiers disposent de beaucoup d’argent, mais ils n’ont nul endroit où l’investir ?

De la crise du modèle du « créateur de valeur » ? La valeur est partie chez les financiers, mais elle n’y a pas trouvé de créateur ?

Wework : fin de bulle ?

Wework, c’est la génération Uber. Cette génération semble avoir beaucoup de soucis. Elon Musk perdrait pas mal d’argent, Uber aussi. Netflix n’est pas brillant. Et Wework doit renoncer à entrer en bourse. Fin d’une bulle spéculative ?

En tout cas, je soupçonne que ce n’est pas la der des der. Car, dans la spéculation, il y a des gens qui gagnent à tous les coups. Ce sont ceux qui investissent en départ de bulle, et qui vendent à la génération suivante d’investisseurs. (Il arrive aussi que ceux qui ont investi initialement parient ensuite contre l’entreprise qu’ils viennent de quitter.) Surtout, à chaque éclatement de bulle, les banques centrales réinjectent de l’argent dans le système. Ce qui signifie qu’il y aura toujours beaucoup d’argent voulant s’investir. L’industrie financière a-t-elle commencé sa recherche d’idées nouvelles susceptibles d’emballer le marché ?