Web : no future ?

Récemment, un ami, dirigeant d’une start up Web 2.0, a eu une illumination : une entreprise doit gagner de l’argent, et pour cela elle doit produire quelque chose que le marché veut acheter. Cet « entrepreneur en série » pensait qu’entreprendre c’était avoir une idée originale, et lever des fonds. La fortune viendrait ensuite, mécaniquement.

Ce qu’Internet a eu de révolutionnaire a été de nous faire oublier le modèle traditionnel de l’entrepreneur qui travaille dur pour gagner sa place au soleil. Pendant plus d’une décennie, le génie a été récompensé. Et aujourd’hui toute une génération d’entrepreneurs n’arrive pas à faire le deuil d’un modèle aussi favorable aux intelligences exceptionnelles.

Conséquence : imaginons que vous ayez un tempérament d’entrepreneur, le Web est-il votre meilleur choix ?

J’en doute. Il a transformé notre vie, il a permis aux fournisseurs de contenant de dépecer l’industrie du contenu, aussi ; mais ses réussites durables ont été étonnamment peu nombreuses et peu impressionnantes, rien à voir avec l’industrie automobile, l’électronique ou même l’aviation. D’ailleurs, dans une moindre mesure, c’est aussi vrai pour l’informatique.

Compléments :

  • Le rôle de Goldman Sachs dans la transformation de l’IPO : Dr Strangelove and Mr Goldman Sachs.
  • Ces idées me viennent d’un échange avec Hervé Kabla suscité par son compte-rendu d’une conférence de l’université du MEDEF. (La toile va-t-elle craquer?)
  • Les manipulations génétiques, dorénavant à la portée de tous (Biohacking), sont à explorer par l’entrepreneur : par exemple, pourquoi ne pas inventer un agent pathogène qui liquiderait tout être humain qui s’oppose à son intérêt ? Il y a même là un scénario pour James Bond.

Rentabilité des réseaux sociaux

Tweeting all the way to the bank traite de la rentabilité des réseaux sociaux. Honnêtement, je n’y vois rien de fracassant.

Un « réseau social » peut-il être rentable ? Les deux mots vont-ils ensemble ? Comment quelque-chose qui est basé sur des sentiments désintéressés (entraide, amitié…) peut-il gagner de l’argent ?

D’ailleurs les réseaux sociaux n’entrent-ils pas dans la logique de Wikipedia ou de l’Open source ? ne devraient-ils pas être gratuits, financés par la bonne volonté et les dons de la communauté ? Éventuellement en tirant des royalties des dérivés des technologies sous-jacentes utilisés par le secteur privé ?

Trouble shooter V

Souvenirs de la séance du 26 avril :

  1. Marco Tinelli a fondé FullSIX il y a 10 ans. En aussi peu de temps, il est devenu le n°3 français des agences de communication, il emploie 700 personnes. Pourquoi un tel succès ? à cause d’Internet et du web. Cette agence est née web, elle a tiré parti du temps d’adaptation de ses rivales pour leur chiper leur marché. Et j’ai l’impression que le moteur de l’entreprise, c’est justement ce changement. En effet les « annonceurs » sont bousculés par Internet, et leurs services n’y sont pas prêts. Dans l’exemple qu’il a choisi, 30% des ventes des concurrents de son client se font par Internet alors que lui n’en réalise que 3%. Que fait-il ? Il construit une organisation mixte, avec ses équipes, « commando », et lui apprend à travailler par l’exemple. Au bout de 6 mois l’entreprise est réformée, et ses équipes regagnent son agence, qui a maintenant un client fidèle. Une idée surprenante : il est convaincu que si un dirigeant veut, il peut. La résistance de l’organisation est une mauvaise excuse. Ce qui signifie que si autant d’entreprises, notamment de la Presse, sont bloquées par Internet, c’est la faute du manque de volonté de leurs dirigeants, non d’organisations rétrogrades.
  2. Raymond Lévy dirige la Société Centrale Canine. C’est une association, créée en 1882, qui est responsable du développement de la race canine en France. Ses bases de données contiennent la vie des 12m de chiens français, c’est aussi elle qui juge la race des chiots nouveaux nés (éleveurs), et qui officie dans les concours internationaux. Cette très vieille société est face à un changement qui ferait défaillir bien des dirigeants : elle doit passer à l’ère de la génétique, ses employés, de collecteurs d’informations, doivent devenir des chercheurs. En même temps elle doit sortir de son monopole français pour attaquer le marché mondial. Et cela avec des personnels qui ont une trentaine d’années d’ancienneté, et qu’elle ne veut pas remplacer, économie sociale oblige. Or, parmi les nombreux changements qu’il a entrepris, Raymond Lévy en a réussi un qui épouvanterait beaucoup d’entreprises jeunes et surdiplômées : il a fait utiliser le Web2.0 à la SCC. Pour reconquérir un marché qu’il n’aurait jamais dû perdre, il a lancé un projet dont le moteur est une sorte de Wikipédia du chien. Comment a-t-il évité la si redoutée résistance au changement que suscite le Web2.0 ? Il a compris que ses « salariés militants » avaient en tête un savoir extraordinaire, mais qu’ils ne savaient pas l’écrire. Il a donc demandé à une stagiaire de rédiger la pensée de ses collaborateurs : un quart d’heure par fiche, deux-cents fiches en moins d’un mois. Grande leçon : l’innovation va souvent plus vite que la capacité d’absorption des entreprises. On a alors la tentation de renouveler leurs employés. C’est impossible. En fait, l’organisation possède l’essentiel (dans ce cas, la connaissance encyclopédique du chien), ce dont elle a besoin pour changer, c’est d’un petit coup de pouce, d’un « moyen » bien adapté. Ici, un système qui permette de noter ce que ses membres ont en tête.

Iran et blog

On crée d’abord, et on cherche à savoir ensuite à quoi cela peut servir. Les récents événements en Iran ont eu un effet inattendu : révéler à quoi étaient utiles les réseaux sociaux (Web2.0).

  • Les médias traditionnels ont été longs à se mettre en mouvement.
  • Twitter, par contre, a immédiatement réagi, avant de sombrer sous une avalanche d’informations sans contenu.
  • Le blog aurait été le vainqueur de l’affaire : très rapidement y serait apparu une synthèse de sources et de recherches « de fond », donnant les éléments nécessaires au jugement de l’événement.

Cette analyse me semble oublier Wikipédia (anglais) qui rassemble généralement très vite des informations sur le dernier fait divers. Mais, je n’ai pas regardé ce qu’il disait de l’Iran.

Source : Twitter 1, CNN 0.

Nouvelle économie

Il se pourrait que l’on soit à la veille de l’avènement d’une « nouvelle économie », mais pas de celle que l’on attendait. L’entreprise pourrait avoir à se réinventer.

From buy, buy to bye-bye : après une période « bling bling » de consommation ostentatoire, l’opulence étant la norme, le monde occidental pourrait durablement redécouvrir les mérites de valeurs simples et fondamentales.

  • L’épargne redevient, pour longtemps, une vertu. Crainte de la dette. D’ailleurs, les banques, durement éprouvées, ne pourront que prêter avec parcimonie. En outre, la baisse de l’immobilier a appauvri beaucoup de monde.
  • Consommation saine, « verte », qui deviendra l’ordinaire (non plus du luxe). Le bio pour tous ? Pour le reste, comme on le voit pour la voiture, simplification des produits, qui perdent l’inutile et reviennent à leurs fonctions principales ? (Exemple du yaourt, dans l’article.)
  • Défiance durable vis-à-vis de l’entreprise, à qui l’on fera payer cher ses moindres errements. Problème pour les agences de pub : le consommateur devrait se méfier de ce qu’on lui dit et rechercher le conseil de ses pairs. L’article pense que c’est une bonne nouvelle pour mes amis experts des blogs et autres réseaux sociaux. Ou, simplement, recul de l’individualisme, plus de solidarité ?

Nuclear winter 2.0

La première bulle Internet avait dévasté la Silicon Valley, la seconde semble devoir raser ce qui avait repoussé (Six years in the Valley).
Les entreprises de la seconde vague Internet Web 2.0 avaient leur moteur dans la publicité. Mais seule Google semble y gagner sa vie (Google, Microsoft et Olivier Ezratty), les autres stars du 2.0 n’arrivent pas à couvrir leurs frais, et la crise réduit encore leurs revenus.
Comme le faisait remarquer Pierre Louette (Apprendre l’Anglais), il est sorti assez peu de succès économiques exceptionnels des différentes bulles Internet : un Yahoo ! flageolant, un Google qui n’est pas grand-chose d’autre qu’un moteur de recherche, Amazon qui est avant tout un magasin de vente par correspondance, d’une rentabilité peu impressionnante.

Sociologie des réseaux sociaux (suite)

L’exploration des mystères des réseaux sociaux continue (Primates on Facebook).

Question récurrente : la science nous dit que l’homme peut entretenir un réseau social de 150 personnes (Robin Dunbar), or les réseaux sociaux électroniques de bien des gens sont bien plus importants.

Une analyse plus fine montrerait que le réseau actif serait en fait petit : 10 ou 16 personnes selon que l’on est homme ou femme. (Cela pourrait signifier que le réseau social ne contient qu’une petite partie du groupe de proches ?)

Il se pourrait finalement que l’objet des réseaux sociaux consiste à donner sa vie en spectacle à un cercle plus large que celui de ses amis.

Web2.0 : les réseaux que nous méritons

Web2.0 : les réseaux que nous méritons

Pourquoi est-ce que je ne comprends rien aux réseaux sociaux ? Je suis vieux.

Facebook et autres Myspace sont faits pour notre nouvelle sociabilité, celle des moins de 30 ans : « plutôt que de nous lier avec la totalité de l’individu (comme nous le faisions jadis), nous nous branchons à un module de sa personnalité (…) chaque personnalité peut-être imaginée comme une configuration unique de milliers de modules (…) les technologies de réseaux sociaux nous permettent de bien gérer ce changement en gardant trace de la multitude de personnes que nous rencontrons dans notre vie », quand c’est nécessaire, ils nous remettent en mémoire le juste nécessaire de ce que nous devons savoir pour maintenir ces superficielles amitiés.

Over (net)worked ?

Science des réseaux

Les sciences du management s’intéressent au réseau social. On croise partout des travaux sur le « capital social », dernière mode de management :

As sociologist Nan Lin puts it in his book, Social Capital, “Individuals engage in interactions and networking in order to produce profits.” These profits are based upon information, influence, social credentials, and recognition. The accumulated social capital, meanwhile, helps individuals to gain competitive advantages in the labor market as a result of privileged access to “resources” located on the social networks. (When job seekers invade Facebook

Voilà qui est parler à l’homme d’affaires : il doit découvrir la société parce qu’il peut en tirer profit ! Profit personnel qui lui donne la haute main sur ses concurrents. Après l’exploitation de l’homme par l’homme, exploitation de la société par l’homme.

Pas d’accord. Si j’entre dans une équipe de foot, c’est pour pouvoir jouer au foot, ce que je ne pourrais pas faire seul. Et je ne vais pas en tirer un profit (égoïste), une accumulation d’argent, un avantage, mais le plaisir de remplir le rôle pour lequel je suis doué, et, de ce fait, de contribuer au succès des miens. On ne peut retirer quelque chose que si l’on donne une contrepartie. Et ce que l’on donne, c’est l’exercice de son talent. La société c’est l’effort commun, pas la concurrence, c’est faire ensemble ce que personne ne pourrait faire seul.

Elan d'amour

Popularité soudaine des réseaux sociaux.

When job seekers invade Facebook : les réseaux tels que LinkedIn et Facebook connaissent un énorme succès. Aux USA l’adhésion à linkedIn aurait crû de 200%. Le secteur financier, du moins ses anciens membres, vient de découvrir les vertus de l’entraide sociale.

Compléments :