Révolution et médias sociaux

Les idées révolutionnaires se diffusaient quasiment aussi vite au 15ème siècle que maintenant. La presse y était pour quelque chose. Mais pas uniquement : les illettrés étaient informés aussi rapidement que les autres (notamment grâce aux chansons). How Luther went viral

Nos médias sociaux ont-ils un avantage sur leurs prédécesseurs ? Plus rapides ? Couvrent le monde ? Pas évident.

Pour qu’une idée change le monde, il ne faut pas seulement qu’elle soit diffusée, mais, surtout, qu’elle soit décodée et comprise. Or, les médias sociaux favorisent le bruit.

En outre, une idée ne peut toucher un grand nombre de personnes (de nations), que si elles ont des sujets commun d’intérêt. Les liens sociaux sont aussi des liens de communication rapide. 

Média social et influence

Que nous réservent en 2012 les médias sociaux ? se demande un expert américain.

Les médias sociaux y apparaissent totalement instrumentalisés. Leur rôle est de nous faire consommer le plus possible, de coca et de pizzas, par une forme sophistiquée de manipulation. Exemple :

Le culte de l’influence. De la même manière que Google a créé un système qui récompense ceux qui produisent un contenu que l’on a envie de chercher, il y a actuellement une course au développement du système qui va récompenser ceux qui ont le plus d’influence sociale. 

Google grignote ?

Rien ne bouge sur Google+. Même pas Hervé Kabla. Flop ?

Mais Google crée des pages entreprise. Le Monde s’y installe.

Raisonnement intéressant : Google serait une sorte de tortue qui démarrerait lentement, mais dont l’avancée serait irrésistible. La prise de part de marché de Chrome en serait un exemple. (Le Monde.fr sur Google+ : pour quoi faire ? | Rézonances)

Du coup, j’ai rajouté Le Monde à ma page Google+. Au moins cela lui apporte un peu d’animation. 

Google contre Apple

Suite de l’analyse de l’acquisition de Motorola Mobility par Google (Patently different)
Apple aurait deux avantages sur Google : des brevets et un logiciel optimisé pour ses terminaux.

Google, avec Motorola, referait son retard.
Acheter un fabricant de mobiles (outre les brevets) ne me semble toujours pas judicieux : il y a risque d’intégration verticale. (Il semblerait d’ailleurs qu’Amazon veuille entrer sur le marché.) Alors, pourquoi chaque fournisseur ne proposerait-il pas son service de recherche et la publicité qui va avec ? Mauvais pour Google ?
Le marché va-t-il ressembler à celui de l’automobile, avec différents types de marque (Apple en Mercedes ?). Ou pas tout à fait : les plates-formes de service fidélisent le client : gros avantage pour Apple, Amazon a des atouts, les autres feraient bien de s’inquiéter ? 

Facebook arme du révolutionnaire

2 jeunes Anglais ont été condamnés à 4 ans de prison pour avoir utilisé Facebook pour appeler à l’émeute, sans résultat. (La BBC, hier.)

L’intention des juges, applaudis par leur gouvernement, est de terroriser les utilisateurs de médias sociaux (England riots: pair jailed for four years for using Facebook to incite disorder | UK news | guardian.co.uk).

Curieusement cet épisode m’en rappelle un autre. Alors que notre révolution de 89 était une systématisation de ses idées démocratiques, l’élite anglaise a eu effroyablement peur qu’elle ne contamine son petit peuple. Elle lui a immédiatement serré la vis. Ce qui aurait amené la dissolution de ses structures sociales et sa transformation en « classe ouvrière ».

Dans l’inconscient collectif anglais, le printemps arabe aurait-il évoqué le spectre du sans-culotte ?

Compléments :
  • THOMPSON, E.P., The Making of the English Working Class, Vintage Books USA, 1966. 
  • Note postérieure. Le Monde semble confirmer mon hypothèse : les juges sont issus de l’establishment et statuent en fonction de ses intérêts. 

Succès de Google+

Je lis que Google+ a 25m de visiteurs, selon Le Monde.

Il me semble que le réel critère de succès est l’activité des dits adhérents. Pour ce que j’en juge, elle n’est pas grande.
Pour le moment le scénario qui me semble le plus vraisemblable est que Google+ occupe une niche. Mes observations : ceux qui rejoignent Google+ sont des « early adopters » qui aiment la technologie pour la technologie. Si une communauté de telles personnes part en même temps, il est probable qu’elle survivra sur Google+. Mais je ne vois pas bien quels intérêts pourraient avoir la grosse majorité des utilisateurs de Facebook à les suivre, d’autant plus que les « early adopters » resteront sur Facebook. 

Internet : danger de l’anonymat ?

On dit que sur Internet « personne ne peut savoir que vous êtes un chien ».

On dit aussi que, grâce aux technologies de l’information, l’anonymat devient impossible.

En conséquence, je me demande s’il n’est pas dangereux d’utiliser un pseudonyme. Il n’y a aucune garantie que cela permette l’anonymat. Et l’anonyme démasqué paraît hypocrite.

Compléments :
  • Cette discussion ne s’apparente-t-elle pas à celle sur le vote, de John Stuart Mill ? Il le considérait comme un acte social, donc non anonyme. (Voir la dernière partie de mon billet.)