Mots de l’année : twitter et changement

Il semblerait qu’il soit devenu d’usage d’éliredes mots de l’année.

Un jury, people, a choisi « twitter », des « internautes », « changement ».

Twitter étant relativement peu répandu en France, je me demande si cette différence de choix ne reflète pas une différence de situation entre la France et son élite.

En tout cas, l’intérêt pour le changement va-t-il faire de la pub à ce blog ? J’en doute. Le changement français est un changement auquel on assiste, passivement, mais qu’on ne suscite pas. Ce n’est pas celui dont on parle ici.

Compléments :

  • Merci à Catherine Fulda pour l’information !

Facebook et Google : l’impasse ?

Les usages se déplacent du PC vers le mobile. Or, pas facile d’y faire de la publicité. Les revenus de Facebook et de Google, entre autres, paraissent donc menacés.

La valorisation de Facebook semble de plus en plus le résultat d’un acte de foi ?

Compléments :
  • Apparemment le glissement de terrain serait tangible chez Google : The Mobile Paradox | TechCrunch (en provenance d’HBR)
  • Pour le moment, le seul modèle qui fonctionne est celui d’Apple ou d’Amazon : celui de distributeur de contenu.

Newsring

Je découvre un site de débat, Newsring. Sous les auspices de M.Taddeï, star intellectuelle people, il ne peut que réussir. Pourtant la formule ne semble pas encore au point. Pourquoi ?

Au fond, c’est une reprise de la fonction commentaire des sites d’information. Mais ces derniers ont l’avantage de l’image de marque du titre qui les héberge. Surtout, ils suscitent un débat bien plus riche et spontané, car à chaud sur l’actualité.
Pourrait-on améliorer l’idée ? En partant de l’option site de débats, trois scénarios me viennent en tête.
  1. La formule Wikipédia. Elle exploite le principe même du « crowdsourcing », la sagesse des foules. Elle illustre aussi ses faiblesses. Wikipédia n’a aucune profondeur. Il n’a d’intérêt que pour les sujets people. Pour le reste, rien ne remplace l’avis d’un spécialiste, qui a consacré sa vie à creuser son sujet.
  2. La formule débat France Culture. Cette fois des intellectuels savants sont réunis. Mais ils ne semblent pas s’écouter. Il n’en sort rien. Ce qui manque est peut-être une volonté de construire. Un débat a besoin d’hommes d’action autant que de pensée ?
  3. La formule John Stuart Mill, et des Lumières. La logique d’un gouvernement représentatif, ce que devrait être notre Assemblée nationale, c’est l’affrontement vigoureux des idées de personnalités remarquables. C’est le seul moyen de faire surgir le bien collectif. John Stuart Mill disait aussi que ces personnes ne se manifesteraient peut-être pas spontanément (elles ne sont pas poussées par leur intérêt personnel, comme l’homme politique). En outre, on leur prend du temps, ce qui signifie rémunération minimale…

Instagram, Facebook et le mécanisme de la spéculation

C’est amusant comme les événements se répètent.

La bulle Internet a été marquée par une révolution des méthodes de valorisation. À l’époque, on s’était mis à multiplier le nombre d’abonnés à un service, que les gourous appelaient « infomédiaire », par une somme qui pouvait atteindre 40.000F (6000€), si mes souvenirs sont bons. L’infomédiaire était supposé contrôler les achats de ses abonnés, et donc prendre une part des dits achats, comme le fait une grande surface.

Ce raisonnement a été repris pour évaluer Instagram et Facebook. Leur utilisateur vaut entre 20 et 50$. (Facestagram’s photo opportunity) La raison en est la même : avec toute l’information que ces sites récoltent, il se peut qu’un jour ils sachent s’en servir pour aider les entreprises à améliorer leur marketing.

Ridicule ? Pas du tout. Ceci représente une forme de rationalité. Le spéculateur a établi une règle à durée déterminée entre spéculateurs. Il sait que tant qu’elle tiendra il s’enrichira. Mais qu’il ne faudra pas être le dernier à porter la patate chaude. Le monde de la finance est follement excitant. 

Avez-vous un cerveau à vous faire des amis ?

La taille de votre cerveau détermine vos compétences sociales et ce sont elles qui vous permettent d’avoir beaucoup d’amis.

La partie du cerveau concernée serait le lobe préfrontal (juste au dessus des yeux). Par contre une petite tête ne serait pas un handicap pour pratiquer les réseaux sociaux : les « amis » que l’on s’y fait ne demandent pas de compétences particulières.

Nationalisons Google, Facebook et Twitter ?

Hervé Kabla constate que Twitter n’est pas du tout rentable et donc ne peut qu’être promis à la disparition. Pourquoi ne pas en faire une sorte de service public ? (Twitter est-il un gouffre financier?)

Pourquoi ne pas faire de même de Facebook et de Google, qui, eux, sont rentables, mais sont des quasi monopoles ?

Compléments :
  • Solution alternative : Twitter ne pourrait il pas vivre grâce à la charité, comme Wikipédia ? 

Remplacez les anxiolytiques par le blog

Dans une série d’importantes expériences réalisées des années 80 aux années 2000, les scientifiques ont montré qu’écrire sur ses traumatismes avait des bénéfices évidents pour le système immunitaire.
(écrire) joue probablement le rôle d’un substitut pour le partage d’informations avec d’autres. (TRIVERS, Robert, The Folly of Fools, Basic Books, 2011.)

Deux conséquences : écrire un blog a une vertu curative ; il n’est peut-être pas bon pour la santé de le lire.
Et si l’art c’était transmettre agréablement ses anxiétés ?

Facebook vote Sarkozy ?

Contrairement à ce que je croyais, la campagne présidentielle française utiliserait mieux les (certains) médias sociaux que l’américaine. L’Express soupçonne même que Facebook aurait favorisé N.Sarkozi, en le faisant profiter de l’usage de nouvelles fonctionnalités (Facebook roule-t-il pour Sarkozy? – L’EXPRESS)

D’après l’article, N.Sarkozy a des amis bien placés dans le monde des médias sociaux. Mais l’usage du copinage, même habile, est-il acceptable en temps de présidentielle ? Un média aussi monopolistique que Facebook peut-il prendre parti ? Si non, cela ne pose-t-il, même aux USA, pas la question de l’indépendance de Facebook ? 

Obama, révolutionnaire des médias sociaux

Quelle différence entre M.Obama et nos hommes politiques. Alors que ces derniers ne savent probablement pas ce qu’est un ordinateur, M.Obama donne aux dernières innovations le premier rôle dans son plan de réélection. (Boffins wanted)
Il précède même les entreprises dans les nouveaux usages des réseaux sociaux. Il emploie des techniques d’analyse de données révolutionnaires pour savoir qui vote quoi, quel message est le plus efficace, comment déclencher des épidémies sociales, et, plus généralement, comment utiliser au mieux ses fonds de campagne pour manipuler les esprits.