Google et Motorola

L’acquisition de Motorola Mobility par Google pose de curieuses questions.

  • Il semble que Google ait surtout voulu acheter les brevets de Motorola, plutôt qu’un fabricant de téléphones mobiles. Les défenses d’Android n’étaient probablement pas suffisantes pour résister aux poursuites en justice d’Apple.
  • La bataille des TIC se jouerait sur le terrain de la mobilité « intelligente », avec Apple en leader.
  • Cet achat ne signe-t-il pas la mort des développeurs de systèmes d’exploitation ? Plus exactement, ne vont-ils pas adopter le modèle Apple ? (Fabricant et éditeur.)
  • Google sera-t-il capable d’absorber un fabricant de matériel ? Si non, ne devrait-il pas conserver les brevets et se débarrasser des téléphones ?
Compléments :

Piraterie Internet

Il semblerait que certains pays piratent Internet en grand, avec beaucoup de résultats :

Dmitri Alperovitch de McAfee décrit les intrusions comme « les plus importants transferts de richesse, en termes de propriété intellectuelle, de l’histoire » (Black hats, grey hairs)

Fin des mass media

The Economist étudie l’avenir de la presse. Internet a tué les mass médias. Retour au 19ème siècle, où la communication passait par les cafés.

La presse tendait à être relativement neutre par souci de la publicité, qui veut toucher un public aussi large que possible. Maintenant, à l’image de Foxnews aux USA, elle sera d’opinion. (Coming full circle)

Faut-il s’en réjouir ? Qui pourra payer le journalisme d’enquête ? Une presse d’opinion n’est-elle pas de type caniveau, à la Murdoch ? Va-t-on vers une société de l’affrontement entre idéologies simplistes ?…

Internet espion

Mme Clinton et le gouvernement américain veulent que la voix des peuples opprimés traverse la censure des dictateurs, chinois, iraniens, syriens…  Pour cela, ils infiltrent dans leurs pays des équipements qui court-circuitent les réseaux officiels (par exemple en utilisant le support de téléphones portables).
Il n’y a rien de plus important que la liberté de parole (U.S. Underwrites Internet Detour Around Censors Abroad – NYTimes.com), chez les autres.
Quid des dictatures amies ? (Par exemple l’Arabie saoudite.) Et de wikileaks ?
Compléments :

Confiance et marché

Les génies de l’économie se sont demandés pourquoi le marché, cette merveille de l’humanité, n’avait pas aboli l’entreprise. Ils ont fini par penser, mais avec beaucoup de difficultés, que cela venait du « coût de transaction ». D’ailleurs, beaucoup ont cru qu’Internet avait aboli ce coût et que nous allions entrer dans l’ère bénie de la « nouvelle économie ».
Je crois que l’explication est à aller chercher ailleurs, du côté de la confiance.
Quand vous êtes à l’intérieur de l’entreprise, pour peu que l’on vous trouve sympathique, vous pouvez faire n’importe quoi et même gaspiller des millions, voire des milliards, avec des idées mal ficelées. Mais, une fois à l’extérieur, on considérera vos idées, même si elles sont devenues géniales, avec la plus grande des suspicions. C’est d’ailleurs pour cela que les entreprises dépensent des fortunes en campagne de propagande. Et que ceux qui ne le peuvent pas crèvent. (C’est aussi pour cela que les hommes politiques ont un QI aussi limité : ils ne sont que communication ?)
La force de l’entreprise est, qu’en économisant les frais colossaux nécessaires à convaincre la société, elle permet une grande créativité ?

Industrie cinématographique : rien ne va plus

Rien n’irait plus dans l’industrie cinématographique. La vente de DVD et autres supports du même genre, la majorité de ses revenus, serait attaquée par la location.
Résultat ? Qui a dit que l’innovation faisait le bonheur du marché ? Les studios produisent moins que par le passé et ce qui résiste le mieux à l’érosion. Ce n’est pas le meilleur.
Solution ? Relation directe avec le consommateur, communication ciblée, politique de marque (studios spécialisés, acteurs…).
Mauvaise nouvelle pour la distribution et l’industrie de la publicité et des médias ?

Rupert Murdoch

Hier, j’écoutais la BBC parler de Rupert Murdoch.
Il y a un peu de Citizen Kane dans cet homme ? 
  • A Oxford, Lénine trônait sur son bureau. Son père, qu’il perd alors qu’il est jeune, l’a peut-être marqué par son exemple : sa gloire vient d’avoir dénoncé la boucherie de Gallipoli.
  • Son empire est une sorte de triomphe d’une forme de libéralisme à la Margaret Thatcher. C’est un « dérégulateur ». Il s’en prend à des entreprises qui se sont endormies. Il leur injecte une saine dose de populisme, qui fait vendre, et ravive la concurrence dans le secteur où elles sommeillaient. Curieusement, aujourd’hui ses positions sont monopolistiques. Et Internet, auquel il ne comprend rien, le fait vaciller.

Ce qui transforme l’économie, ce n’est pas la concurrence libérale, mais la destruction créatrice de Schumpeter ? 

Internet, défaite du marché ?

L’économiste juge que Google est un monopole dont on ferait bien de s’occuper.
Ce qui est curieux dans cette affaire est qu’à l’époque de la « Nouvelle économie », Internet était vu comme le don de Dieu à l’Humanité, annonce de la Victoire Finale, et imminente, du Marché. Or, la particularité d’Internet est d’installer des monopoles quasiment absolus.
Et si c’était cela le marché ? Des effets-réseaux tellement forts qu’ils donnent des vainqueurs absolus ?
Compléments :
  • Internet et ses effets vus par deux économistes : SHAPIRO, Carl, VARIAN, Hal R.,Information Rules: A Strategic Guide to the Network Economy, Harvard Business School Press, 1999.