Que s’est-il passé entre Porsche et VW ?

Rocambolesque tentative d’acquisition de VW par Porsche :

D’après ce que je comprends, ces deux sociétés sont possédées par des cousins. Tout d’abord, Porsche semble avoir réussi, mais s’est endettée. Survient la crise, chute des revenus, difficultés à payer les intérêts de la dette. Pas grave, Porsche, maintenant propriétaire de VW, va mettre la main sur ses économies. Pour cela il faut qu’une loi élimine le veto qu’à la Basse Saxe sur les décisions du groupe. Or cette loi n’est pas approuvée. Et la Basse Saxe n’a que peu d’estime pour les manœuvres opportunistes.

Bizarrement, alors que Porsche a été à deux doigts du succès, VW retourne la situation et devrait faire de Porsche une de ses marques.

La vie des entreprises tient à peu de choses : l’ambition de quelques-uns et la chance. Et la Basse Saxe pour les empêcher de faire n’importe quoi ?

Stratégie de Fiat II

L’enquête se poursuit :

  • Premier complément : Fiat et Opel pourraient fusionner plus facilement que je ne le disais, parce que Fiat et GM ont eu un bout d’histoire commune.
  • Mais l’article trouve l’opération risquée : VW, champion de la stratégie que compte appliquer M.Marchionne, dit l’exercice difficile et doute de ses chances ; la complexité de la gestion Nissan-Renault expliquerait les difficultés de Renault, M.Ghosn s’étant dispersé.
  • D’ailleurs, la motivation de Sergio Marchionne est étrange. Il semble penser que l’industrie automobile a perdu tout sens commun et que sa mission est de la réformer. Un croisé peut-il faire un bon dirigeant ?

Porsche ruine les hedge funds

The Economist (Squeezy money) écrit que les hedge funds croyaient que Porsche, dont les tentatives d’achat avaient fait monter le cours de l’action VW, ne pourrait pas arriver à ses fins. Ils ont donc fait du « short selling », pariant que l’action allait baisser.

La technique consiste (grossièrement) à s’engager à vendre une action au prix actuel, à une date future. Si l’action baisse, on a gagné. Sinon, on est piégé. Porsche ayant réussi à acquérir la quasi-totalité des titres VW, ce qui restait avait un prix quasi infini. Échec et mat.

J’avais retenu de mes études que le nom « hedge funds » signifie « pas de risque » ; que leur travail était « l’arbitrage ». Si, quelque part dans le monde l’Euro vaut 1,30$, et 1,31 ailleurs, il y a un profit à réaliser. Comme les écarts sont faibles, il leur faut de grosses sommes pour réaliser des profits palpables (c’est probablement pour cela que Jérôme Kerviel, un modeste trader, avait autant d’argent à sa disposition – Société Générale et contrôle culturel). Hypothèses :

  • Les intellects développés qui les peuplent ne peuvent se contenter de mécanismes aussi grossiers. Il leur faut donner libre cours à leur génie.
  • L’on ne gagne pas de quoi acheter des Porsche en cherchant l’arbitrage.