Contes de fées

Le conte de fées est-il un lavage de cerveau ?

« Ils se marièrent, vécurent vieux et eurent beaucoup d’enfants. »

Les contes de fées et le gros de la littérature sont bâtis sur le même schéma : une épreuve, puis le bonheur, sans histoire.

E.M. Foster imagine la suite de son livre « A room with a view », qui est, justement, l’histoire d’une telle épreuve. Au lieu de vivre heureux, ses personnages sont pris dans l’histoire, dont deux guerre mondiales, et leurs propres tentations.

La vie n’est que changements. Succession d’épreuves. La lutte du Yin et du Yang. Voilà ce que l’on devrait dire aux enfants ?

Eponge

Si l’on fait passer une éponge dans une grille, ses cellules se séparent. Mais elles se reconstituent ensuite, en la même éponge ! Et ce même si l’on mélange deux éponges.

Question : est-ce toujours la même éponge ? Et si l’on faisait de même pour un homme ? Par exemple, si on le reconstituait sur Mars, serait-il toujours lui-même ?

J’ai découvert une curieuse émission, sur la BBC (Nature bang). En partant d’observations de la nature, qu’elle étend à l’homme, elle en vient à mettre en cause nos certitudes. Dommage que ces questions ne soient pas évoquées à l’école, cela couperait l’herbe sous le pied des fondamentalismes de tous bords, me suis-je dit. (A tort ?)

Réponse ? Apparemment, ce qui nous fait est notre environnement. L’homme de Mars n’est pas identique à l’homme de terre.

Pour ma part, il me semble que « je » n’a pas vraiment de sens. C’est une convention utile. On ne sait pas très bien ce qu’est un être, et, dans la mesure où on en a une vague idée, « cela » semble en permanence se reconstituer. C’est ainsi qu’il garde une trace de ce qu’il était auparavant et a l’impression d’une permanence.

Vie éternelle

On me disait que les gens extrêmement riches rêvent d’être éternels. Est-ce cet amour de la vie qui les a fait réussir ?

En même temps, j’entendais une émission traiter de cette question (Naked mole rates and life expansion, Naturebang, BBC4). Il semblerait que certains rats vivent particulièrement vieux. Cela tiendrait à ce qu’ils consommeraient peu d’oxygène (dangereux, apparemment), et qu’ils répareraient efficacement leur ADN. Et si nous les imitions ?

L’émission, aussi, disait que la mort donne du sens à la vie. On ne profite du moment que parce qu’il va passer.

En fait, c’est peut-être sur la société que l’impact de l’allongement de la vie serait le plus grand, ai-je pensé. Déjà, il a créé les grands parents, qui deviennent, au moins autour de moi, les véritables parents de leurs petits enfants. Et les conditions font l’homme, dit-on. Ensuite, contrairement à ce que nous ont affirmé les apôtres d’Internet, il est encore utile d’accumuler du savoir. On ne peut se contenter de moteurs de recherche. Car il se mélange au sein de l’homme et crée de la nouveauté. Plus on vieillit, plus on apprend, plus on crée.

Pour autant une longue vie rend-elle heureux ? Encore faudrait-il savoir ce qu’heureux signifie. Mais, je soupçonne que nos ancêtres avaient des existences beaucoup plus intenses que les nôtres. (Pour une raison que l’on trouvera plus haut.)

Hybrides

Prête-t-on suffisamment attention aux hybrides ?

L’hybridation permet le partage de gènes. Et le gène c’est la mémoire de l’expérience !

Paradoxalement, ça peut être la meilleure, et la pire des choses.

Imaginons que le climat se réchauffe. Eh bien, nous auront intérêt à nous croiser avec des individus qui sont habitués à ces nouvelles conditions. De même les croisements permettent aux plantes d’éviter les maladies. Et l’on a intérêt à multiplier les variantes.

Mais, le partage n’est pas toujours bon. Deux gènes ont parfois des effets contraires, ce qui peut, par exemple, produire des cancers foudroyants.

En conséquence, parler « d’espèce » est trompeur. La vie n’est que changement. Et, probablement, plus grande est la diversité, plus l’est aussi la capacité de l’ensemble à traverser les épreuves de la vie…

(Inspiré, comme d’habitude, de In our time, de la BBC.)

Qu’est-ce que la vie ?

C’est étonnant ce que l’on peut faire pour avoir un enfant. Fécondation in vitro, greffe d’ovaires, naissances prématurées viables de plus en plus précoces…

Et, d’un autre côté, droit à l’avortement de plus en plus tardif.

A un moment où l’on cherche la vie sur d’autres planète, sait-on ce qu’elle signifie sur la nôtre ?

D’ailleurs, signifie-t-elle quelque-chose ? Ou n’est-ce qu’une convention juridique ?

Qu’est-ce que la vie ?

Dans un précédent billet, j’examinais la relation des scientifiques à la vie.

Implicitement ils la définissent comme étant ce que nous sommes. Et, pour qu’elle apparaisse, il faut un environnement similaire à la Terre. Or, ce type de définition ne définit rien, et, la Terre et notre émergence paraissent le résultat d’une quantité invraisemblable de hasards. Il semblerait qu’il y ait mille milliards de planètes. Est-ce suffisant pour estimer que le même type de hasard ait pu s’y reproduire ? (En particulier, il existe des phénomènes de catalyse qui réalise en une seconde ce qu’il aurait fallu la vie de l’univers pour faire sans elle. Leur survenue est mystérieuse.)

Voici quelques autres idées sur le sujet :

  • Ne serait-il pas plus fructueux de définir la vie comme un niveau élevé de complexité, ayant certaines propriétés ?
  • Et si le scientifique ne croyait pas à sa définition, qu’elle ait pour intérêt de lui obtenir des subventions : l’extra-terrestre fait vendre ?
  • Et une pensée farfelue qui plairait à Elon Musk : imaginons que quel que soit la définition de vie, elle ne soit apparue que sur la Terre, l’homme n’aurait-il pas la mission d’en faire profiter l’univers, plutôt que de la garder égoïstement sur sa planète ?

Aristote et le poissonnier

A un moment, j’écoutais l’information de France Culture. Lorsque le gouvernement disait quelque-chose, elle donnait, ensuite, la parole à une obscure ONG, qui disait le contraire. Est-ce cela un débat ? 

On ne met pas face à face Aristote et le poissonnier du coin. Encore moins en donnant le dernier mot à celui-ci. Cela s’appelle de la manipulation. Le poissonnier peut mériter d’être entendu, mais aussi des milliards d’autres humains. Et pourquoi s’arrêter à l’humanité, diraient les écologistes ? (Et les milliards de poissons ? me dit une amie.)

Attention aux sophismes qui mènent, au mieux, à un relativisme délétère. S’il y a une vérité, elle n’est pas dans tel ou tel livre, elle est à trouver, parce que la vie n’est pas écrite, mais en constante invention. Et c’est le travail de chacun d’entre-nous de contribuer à cette invention. C’est ma conviction !

Laboureur ou mangeur de vent, à vous de choisir votre camp. 

Science et vie

Le scientifique cherche la vie. Il est sûr qu’il la trouvera. Elle est sur une planète qui ressemble à la Terre.

Mais qu’est-ce que la vie ? Il ne semble pas s’être posé la question. Implicitement, il estime que c’est « quelque-chose » qui ressemble à nous. Il y a des gens comme nous quelque-part.

Or, le monde est d’une complexité invraisemblable. Nous sommes issus de milliards d’années d’accidents. Pourquoi cette suite de hasards se serait-elle reproduite ailleurs ? Pourquoi, plutôt, ne pas définir la « vie », comme une sorte de niveau de complexité supérieure. (Que Jay Gould, d’ailleurs, ne croyait pas fatalement encouragée par la sélection naturelle.)

Et, ne faudrait-il pas avoir peur de cette vie extraterrestre ? Car, comme dans la Guerre des mondes, et comme on l’a vu lors de toutes les conquêtes humaines, ce qui caractérise la rencontre entre deux communautés jusque-là isolées, c’est l’épidémie !

Décidément, la science ne favorise pas la pensée complexe ?