A bas l’école !

M.Trump et ses électeurs en voudraient à l’école. Ils veulent l’abattre. Apparemment, ils auraient peu de chances d’y parvenir, d’après les nouvelles de la BBC, hier.

Quelle est la cause de leur ire ? Le fameux « wokism ».

Je me suis aussi demandé pourquoi certaines idées avaient autant de poids, et d’autres pas du tout. Il me semble que cela tient à l’école. Comme toute société d’être humains, elle a une culture (au sens anthropologique) qui lui est propre. Et elle diffuse ses opinions à tous ceux qui en font partie : enseignants, intellectuels, journalistes. Et ce sont eux qui ont la haute main sur le discours officiel.

Mao, lui aussi, a cherché à la réformer, en expédiant les intellectuels aux champs. Mais il n’a pas réussi. Ce n’était probablement pas le bon moyen de mener le changement…

(Article de la BBC.)

Chine victorieuse ?

L’agressivité de Trump pourrait-elle avoir des conséquences imprévues ?

DeepSeek focuses on research over revenue in contrast to Silicon Valley

Financial Times, 2025

Les USA jouent la force brute. Les Chinois, contraints par les sanctions américaines, ne seraient-ils pas en train d’adopter une stratégie plus subtile ?

Trump contre la justice

Décidément, Trump n’en a pas fini avec la justice. Elle semble être la seule force capable de lui résister. Un exemple :

The court orders to restore probationary employees throughout 19 federal agencies are a significant legal setback to Elon Musk’s aggressive cost-cutting drive. https://www.ft.com/content/594a4cc3-e7bb-43a3-8430-7fd6b80cd0f6

Peut-on donner une interprétation anthropologique à cette résistance ?

Les pères fondateurs, en réaction avec ce qu’ils avaient connu en Europe, ont conçu leur Etat pour empêcher toute dictature. Trump chercherait-il à détruire leur oeuvre ?

La nature des USA

My word is my bond est la devise de la bourse de Londres. On pourrait penser que c’est aussi celle du capitalisme. Et pourtant, le propre des USA est de ne pas tenir parole. Aujourd’hui, mais aussi hier.

Au fond, nous, Européens, avons une idée totalement erronée des USA. Nous pensons qu’ils nous aiment parce que nous avons la même origine. Or, ils nous haïssent. Les pères fondateurs étaient des fanatiques, qui fuyaient l’Europe, qui les persécutait. Je pense que les Américains quelle que soit leur origine, nous en tiennent encore rigueur.

Ils nous ont aidé durant nos guerres fratricides. Mais ils ont tardé longtemps à défendre les démocraties. Et leur fortune et leur domination mondiale vient de ces guerres. (Leur attente était-elle un calcul ?) Avant Trump, déjà, ils ont vidé l’Europe de ce qu’elle avait de mieux : ses cerveaux. Le Plan Marshall ? La peur de la contagion soviétique, et la leçon de l’histoire : pour ne pas avoir aidé l’Europe en 19, les USA ont créé les conditions de la guerre de 40. (Et ont mis le feu aux poudres avec leur crise spéculative de 29.) Un Etat prédateur ?

D’ailleurs, très longtemps leur sympathie est allée au Nazi. (Lorsqu’il a fallu choisir entre Opel et Citroën, avant guerre, GM n’a pas hésité une minute.) Ils ont aussi terriblement aimé les dictateurs d’Amérique du sud. (La dernière fois qu’ils ont envahi le Panama, c’était pour en retirer un dictateur qu’ils y avaient installé.)

De même, les USA sont un Etat ultra religieux. Une sorte de fossile de l’histoire. Paradoxalement, l’URSS et la Chine communistes sont les héritiers directs des Lumières et de la France laïque. La nature réelle du conflit qui oppose ces deux blocs n’est-elle pas avant tout religieuse ? Les USA, démocratie ou théocratie ?

C’est aussi pour cela que, de temps à autre, les USA ne peuvent s’empêcher d’avoir de la sympathie pour le fondamentaliste. Ce fut le cas, durant la guerre russe d’Afghanistan. Et c’est ainsi qu’ils ont relancé la croisade islamiste, partout dans le monde.

Serait-il grand temps que nos illusions se dissipent ?

Spéculation

Chute violente des valeurs technologiques à la bourse américaine. Un podcast du Financial Times, vendredi dernier (Trump dump).

Une fois de plus j’ai tort, me suis-je dit. Je condamne d’un trait de plume la spéculation américaine, sans analyser le phénomène, comme le fait le Financial Times. Ce que je retiens :

Confirmation de mon opinion : ce que la bourse attend, ce sont des contes, toujours plus de contes. Et même, surtout ? des contes à dormir debout. Elon Musk a été très bon à ce jeu, mais s’essouffle. Il n’est pas le seul. Plus intéressant : toute la « valeur » que doit créer le petit nombre d’entreprises qui a fait la croissance récente de la bourse est supposée se matérialiser après 2030. Or, on n’est plus très optimiste pour l’avenir.

Soudainement, les spéculateurs découvrent qu’ils ont gagné beaucoup en peu de temps, avec ces quelques entreprises. Ces signaux leur font penser qu’il serait bon de prendre leurs bénéfices.

De Gaulle et Zelinsky

Hasards de wikipedia. Je savais que Roosevelt ne voulait pas de De Gaulle, mais, je ne savais pas que les USA l’avaient poursuivi de leur vindicte jusqu’à la fin de sa carrière, jusqu’à s’entendre avec le FLN algérien puis l’OAS et les révolutionnaires de 68 !

Décidément, Trump n’a rien inventé.

Faudrait-il mettre les USA au rang des états terroristes, comme le Hamas ?

(Il est vrai que l’on a oublié le nombre de régimes démocratiques que les USA ont remplacé par des dictatures. En particulier en Amérique du sud.)

Domination du dollar

Le dollar est devenu dominant en plusieurs étapes. L’Europe s’est ruinée en 14. Les USA sont sortis vainqueur du conflit. Puis de celui de 40. Alors, ils avaient quasiment tout l’or du monde. Ils ont pu instaurer la convertibilité du dollar.

Puis Nixon, pour le dévaluer, y a renoncé.

Cette domination se poursuit, car il est pratique d’avoir une monnaie d’échange, et beaucoup de nations n’ont pas de monnaie stable. Aucun candidat sérieux ne pointe à l’horizon.

Voilà ce que je retiens d’une émission de la BBC.

A moins, me dis-je, que les instabilités monétaires se calment, que des zones d’échange s’installent et que des systèmes comme l’euro se mettent en place ? (De proche en proche, arriverait-on ainsi à une monnaie unique ? Et à des économies qui se tiennent par la barbichette ?)

Le mal américain

Je pense probable que les USA soient victimes du « mal américain ».

Le mal américain a été inventé par Michel Crozier dans les années 80. C’est le constat qu’un monde fermé rend folle la culture américaine. En effet elle est par nature inefficace, elle a besoin d’énormes moyens, d’immenses espaces. Dès qu’il s’agit d’économie et de subtilité, d’effort collectif soigneusement organisé… elle déraille. (Ce qu’elle faisait avant la chute des Soviétiques.)

On pourrait d’ailleurs penser que le phénomène Trump Vance Musk est le baroud d’honneur de cette culture qui donne de la tête contre la nécessité du changement et le refuse.

Toutes les cultures semblent devoir rencontrer une limite et, après un moment d’hubris, se replier sur elles-mêmes. Aucune ne semble être parvenue à se réinventer.

(Bien entendu, comme ma prévision du repli sur soi de la Chine, cela ne dit rien du court terme : comme le montre M.Poutine, il n’y a rien de plus dangereux qu’une culture blessée.)

Les malheurs du jeune Trump

J’entendais dire que M.Trump avait trouvé une âme sœur chez M.Poutine. Tous les deux ont beaucoup souffert. (Affaires étrangères, France culture.)

C’est consternant. Mais je ne suis pas sûr que ce soit très rassurant pour M.Poutine. Avec quelqu’un d’aussi fragile que M.Trump, vous pouvez être ami un jour et recevoir une bombe atomique le lendemain.

En attendant, on peut espérer qu’il se prenne les pieds dans le chaos qu’il crée.

Real Politik

MM.Vance et Trump insultent M.Zelinsky, qui claque la porte. (Décidément, M.Vance se révèle un fanatique de la pire espèce.)

Extraordinaire. Trump et Vance accusent Zelinsky de se comporter comme eux-mêmes ! Aucun complexe, pas le moindre sens de l’honneur.

Zelinsky a fait une erreur entendais-je les nouvelles de la BBC dire ce matin : il n’y a que la Real Politik qui vaille. Mais pourquoi donc M.Zelinsky n’a-t-il pas usé de Real Politik avec M.Poutine ?

Comme les choses ont changé. Jadis un J.D Vance se serait exprimé comme il l’a fait face à l’Europe, il aurait reçu une paire de gifles, et l’affaire se serait terminée au sabre.

(Philippe Mabille, de la Tribune, disait, ce matin, que Trump et Poutine ont décidé de se partager l’Ukraine. (Comme hier le firent la Russie, la Prusse et l’Autriche, avec la Pologne.) Il remarque aussi que les droits de douane imposés à la puissante Chine sont bien plus faibles que ceux de l’UE. Trump a-t-il décidé de s’allier à ceux qu’il craint, pour dépecer les autres ?)