L’émission de Christine Ockrent, chez France culture, samedi dernier, s’intéressait à l’opinion qu’avaient les peuples de Trump. Intéressant.
Il en ressortait que le projet de Trump est celui du « Pacte de Varsovie » : vassaliser le monde. Originellement isolationniste, il devrait cette doctrine au GAFA, dont le marché est mondial. (Ce qui confirme ce qu’on lit à droite à gauche : le multimilliardaire voit rouge lorsqu’on lui parle de loi, il est prêt au pire.)
Face à cela deux réponses. Les alliés des USA, Europe, Japon, Corée… sont effrayés. Les autres se réjouissent : les USA sont un pays qui leur ressemble. Sa domination planétaire, et celle du modèle de société qu’il représentait, est terminée.
Quant à l’Europe, il y aurait un schisme entre ses personnels politiques et son peuple. Celui-ci plutôt modéré, voudrait, probablement depuis longtemps, une reprise en main de son sort par l’Europe. La réindustrialisation est plébiscitée. Mais ses gouvernants n’entendant rien, l’ont laissé entre les mains des extrêmes, qui, eux-mêmes pensent, à tort, qu’il adhère à leurs valeurs.
Ces extrêmes seraient dans une situation malaisée. Ils ont de la sympathie pour Trump, mais ne veulent pas contredire leur électorat. En particulier Mme Meloni avait fait le pari que M.Trump ferait la politique, fondée sur la négociation, de son premier mandat et qu’elle pourrait tirer les marrons du feu en jouant les intermédiaires entre lui et l’Europe. Paradoxalement, Poutine aurait plus d’attraits que Trump.
Une faille de l’Europe : ses politiques, lâches par nature. Un atout des anciens alliés des USA : sans ce marché, il n’y a plus de GAFA.
(Trump illustre un aspect de l’individualisme souvent observé : celui qui cherche son intérêt à court terme s’en prend à ses amis : ils sont sans défense. C’est ainsi que le commercial tend à exploiter son entreprise au profit de ses clients. Trump exploite ses alliés, faibles, au profit de Poutine, fort.)