Golden dome

Donald Trump says $175bn ‘Golden Dome’ will be completed during his term
Tax and budget bill being debated in Congress includes $25bn for the project

Financial Times du 20 mai

Trump espère protéger les USA des missiles, comme n’a pas totalement réussi à le faire Israël.

Il semble de plus en plus que son rêve, et probablement celui du peuple américain – la tendance datant de longtemps, est d’acquérir un Lebensraum (le Groenland, le Canada) et de s’isoler complètement du reste du monde. A la chute de l’URSS, le consensus de Washington avait décidé d’imposer au monde le capitalisme américain. Il s’en était suivi la « globalisation ». Le retour de balancier est complet.

Maintenant, quel peut-être l’effet géopolitique d’un « golden dome » ? Qu’une nation prétende pouvoir impunément frapper les autres ? Qu’est-ce cela peut les pousser à faire ?

D’ailleurs, le golden dome, parviendra-t-il à arrêter les radiations d’une explosion nucléaire, comme le fit, au temps de Tchernobyl, la frontière française ? Décidément, les Américains auraient bien tort de se replier sur leur île : ils ont tant à apprendre de nous !

Ce qui est bon pour les affaires

Boeing could avoid US justice department prosecution over 737 Max crashes
Attorneys for families of victims of two fatal crashes express outrage over potential DoJ deal with the plane maker

Financial Times, 15 mai

Apparemment, Donald Trump pense que ce qui est bon pour les affaires est bon pour l’Amérique. Et que, probablement, ce qui est bon pour les affaires de sa famille est bon pour les affaires en général.

En cela, il est certainement humain. Il faut peut-être toute une éducation pour penser autrement.

(Il paraît tellement convaincu du bienfait des affaires que je l’entendais l’autre jour prononcer un discours pacifiste au moment où il signait un colossal contrat d’armement avec l’Arabie saoudite.)

Stress test

En écoutant parler de Roosevelt, je me demande s’il est aussi différent de Trump qu’on le dit.

En 40, quel était son plan ? Imposer au monde la culture américaine ? Une culture de boutiquier. La culture de Trump. Pensait-il que les Européens, avec leurs idées tordues, incompréhensibles, n’étaient que des fauteurs de guerre, des dangers publics ? Il fallait les rayer de la carte, les empêcher de nuire ? Et une planète américaine serait bonne pour le business.

L’Américain ou le degré zéro de la pensée ? Il lance un défi existentiel à ce qui nous a fait et qui n’est pas mesurable : droits de l’homme, justice, rigueur intellectuelle, vérité, honneur…

Une question pour Darwin ?

Mode Poutine ?

Paradoxal Canada. Pacifique aux limites de l’ennui. Pourtant les USA lui déclarent la guerre. Syndrome ukrainien ?

Peut-être. L’émission de Christine Ockrent expliquait que si la prise du Canada semblait une idée propre à Trump, les conservateurs américains avaient des plans agressifs. Changement aux USA ? Après avoir été les leaders du « monde libre », ils se replient sur leur Lenbensraum, qui, comme celui d’Hitler, inclut ses voisins ? (D’après une étude citée par ce blog, ce mouvement de va et vient entre le prosélytisme et l’autarcie serait une caractéristique d’un peuple puritain hésitant entre le désir de convertir le monde et celui de ne pas être contaminé par l’impur.)

En tous cas, l’action de Trump aurait provoqué le plus important renversement de tendance qu’ait connu une élection démocratique, selon la BBC. Les invités de Christine Ockrent croyaient pouvoir dire que Trump était une mauvaise affaire pour les partis d’extrême droite. Il démontre leur incompétence. Le peuple recherche maintenant des gens « sérieux ».

L’un d’entre eux semblait appliquer ce qualificatif à M.Macron. L’électeur français partage-t-il son opinion ? Que signifie « sérieux » ? Un homme politique professionnel est-il un « homme sérieux » ? Mark Carney, le premier ministre canadien, est un banquier, qui a vécu la crise de 2008 et le Brexit. Un genre de De Gaulle ?

Le plus surprenant peut-être est que le Canada, si riche et calme, nous ressemble. Il connaît une crise du pouvoir d’achat depuis longtemps, ce qu’un « pseudo Trump » était en train d’exploiter. Apparemment, il y aurait des dysfonctionnements au sein de l’Etat et entre provinces, qui ne commercent pas ensemble. Le message de Trump : remettons nos affaires en ordre ? (Et l’enseignement qu’il nous donne : et ce pour mieux coopérer avec le reste du monde ?)

Autres moeurs

Les chiffres de Tesla sont mauvais, qu’en pensent les Américains ?

D’après l’interview d’un investisseur vue sur le site de Yahoo, Tesla n’est pas un fabricant de voitures mais une entreprise d’intelligence artificielle. En vertu de quoi son titre est sous-évalué. Que les constructeurs chinois semblent avoir pris le dessus sur lui ne compte pas, dans ces conditions : son avenir est la voiture autonome et les « androïdes ». Bientôt, il vaudra plus que les 5 entreprises suivantes combinées. Si son association avec Trump a produit un doublement du titre, cela tenait à ce que l’on pensait qu’elle produirait un assouplissement de la législation du véhicule autonome. (A bas la législation qui protège l’homme !) Autre argument : imaginez que vous ayez investi 1000$ dans Nvidia, il y a quelque temps, combien posséderiez-vous aujourd’hui ?

La spéculation utilise les mêmes mécanismes que l’escroquerie : elle joue sur la faiblesse de l’homme. L’Américain est un être qui ne rêve que de devenir extrêmement riche. A un point tel qu’il est prêt à gober les plus gros bobards. Elon Musk est parvenu à le persuader qu’il était dieu.

En tous cas, cela montre qu’il est dangereux de croire que l’étranger pense comme soi !

Ich bin ein Berliner

Witness history de la BBC rappelle le Kennedy de « Ich bin ein Berliner ». Kennedy le combattant de la liberté, l’ami de l’Europe.

On ne peut pas rêver plus opposé à Trump et à la politique actuelle des USA. Pas de mémoire, pas de fidélité, que l’intérêt à court terme.

Au fond, c’est peut-être la morale des affaires : seul mon bon plaisir compte, et les promesses n’engagent que ceux qui les croient ?

Et l’Europe ?

Maelstrom Trump. Comment l’Europe peut-elle se tirer d’affaire ?

Va-t-elle se faire submerger par les produits chinois ? Les Chinois se veulent rassurants : ils vont relancer leur consommation interne.

Va-t-elle s’allier au Chinois, et encourir l’ire américaine ?

Ou va-t-elle symboliser une troisième voie ? Celle d’un capitalisme à visage humaine ? Voire celle de la démocratie, digne de ce nom ?

“So many countries around the world” want to work with the EU “to balance the system and to have free trade really competing on quality and not around tariffs,” von der Leyen told the FT during the chummy interview, adding that Trump’s moves also prompted talks with Malaysia, Thailand, the Philippines and Indonesia.

Politico.eu 11 avril

La réponse tient probablement à la durée et à la sévérité de la crise. L’oisiveté est mère de tous les vices…

Ligne de Trump

Trump est-il imprévisible ? On lit soit que Trump ne sait pas où il va, soit qu’il a une stratégie subtile.

Comme souvent, il me semble que la réalité est au milieu. Je crois que, pour comprendre où il va, il faut en revenir à l’Ukraine et à Israël, dont, curieusement, on ne parle plus. Il disait régler ces conflits en un jour. Résultat : ils sont devenus ses Vietnam.

Pour l’économie, il pensait faire de même, à mon avis. Un gros coup de bluff et l’on gagne immédiatement de grosses concessions irraisonnées, sous l’empire de la peur. Ensuite on impose des droits de douane de 10%, ce qui permet à l’industrie américaine de renaître, et de combler le déficit commercial chronique américain. Et on démantèle les lois européennes anti GAFA, ce qui fait plaisir à ses nouveaux alliés, et financiers.

Et maintenant ? Si nous étions intelligents, nous utiliserions la « tactique Sarko » dont il est question dans un précédent billet : nous l’aiderions à sauver la face, en obtenant de lui , en échange, qu’il sacrifie les « privilèges exorbitants » des USA.

Influence américaine

Hier, la BBC rappelait que la raison de la guerre en Ukraine était la volonté russe d’éliminer l’influence américaine de ses frontières.

Depuis la guerre, les USA veulent imposer leur hégémonie. Pour cela, ils ont constitué des alliances.

L’Américain oublie l’histoire, quand ça l’arrange. C’est ce que l’on appelle, chez lui, une « innovation ». Mais l’histoire, elle, n’est que mémoire ?

Trump, Truss et Sarko

Au moment de l’arrivée de Trump, j’ai dit qu’il serait un « stress test » pour le monde. Qu’est-ce qui a été révélé par ce test ?

Tout d’abord, pour le citoyen, c’est une « drôle de guerre ». Trump fait le spectacle. Mais, pour le moment, notre vie n’est pas affectée. Ce sont les USA, qui paraissent touchés les premiers. Non seulement les bourses sont sur des « montagnes russes », mais voici quelques titres du Financial Times d’hier :

Gold and Swiss franc surge as investors seek haven assets

US risky debt funds hit by historic outflows as Donald Trump’s tariffs shake markets
Investors rush away from junk bonds and leveraged loans on rising recession fears

US stocks and dollar tumble as Trump fails to soothe economic fears
Investors warn 145% duties on US imports from China to hit growth even as president rolls back other levies

Silicon Valley stands to lose from a trade war
Big Tech’s interests are in stark contrast to the movement that put Trump in the White House

Investors in Trump’s America can no longer see around corners
Regular guidance from executives on the near-term path of profit just got more elusive

US shale sector in peril as oil price plunge rattles drillers
Trump trade war and Opec output surge create toughest challenge since the pandemic, executives say

Airline stocks get a nasty dose of wind shear
Leisure travel is usually one of the first things to suffer when consumers feel anxious about the economy

Le jour où Trump a changé sa politique douanière, j’ai entendu à la BBC qu’un élu républicain avait demandé à son gouvernement : « que dois-je dire à mes agriculteurs ? » (probablement menacés par les sanctions européennes).

Pour le moment, l’arroseur est arrosé. On a même droit à un moment « Liz Truss » : pour la première fois dans l’histoire, les obligations de l’Etat américain sont vendues en masse. C’est ce qui aurait amené Trump à revoir sa politique douanière. Car, les USA ont besoin que d’autres financent leur déficit. Accessoirement, il y aurait un risque pour les fonds de pension, donc les retraites des Américains.

En bref, ce qui cède est ce qui est le plus fragile et le plus lié à la bonne santé de l’économie. L’Amérique est plus résiliente que l’Angleterre, mais ces événements montrent qu’une démocratie est beaucoup plus fragile qu’un régime autoritaire. Quand on vit dans une maison de verre, on ne lance pas de pierres, dit-on, je crois, en Chine.

Dernière question : aura-t-on aussi un « moment Sarko » ? Ce blog a étudié les réformes Sarkozy. Notre président a fait du Trump avant Trump. Il a voulu désorienter ceux qu’il désirait réformer par son imprévisibilité. Résultat ? Ils ont résisté. C’est lui (donc nous) qui s’est fait réformer…