L’Amérique en guerre

La guerre aurait-elle sauvé Roosevelt ? Le New deal n’avait pas tiré les USA de la crise. La guerre a fait leur fortune.

A-t-elle aussi été une affaire de dupes ? On croyait l’Allemagne forte, l’URSS faible, l’Angleterre aussi désespérante que la France, l’Amérique pacifiste… A moins que les crises ne révèlent les natures des peuples ? Ou celles de leurs leaders ?

Roosevelt avait été élu en promettant la paix, ce que désirait l’électeur, encouragé par des mouvements politiques puissants menés par des personnalités telles que Lindberg. Mais, du jour au lendemain, tout ce monde a changé d’opinion.

(Emission.)

Vive le communisme ?

Il y a quelque temps j’écoutais une émission des années 60. Il y était dit que l’économie américaine avait une santé insolente. Pourtant, en y regardant de près, elle était en déficit. Cela tenait à son armée et à sa politique d’aide.

C’était déjà la question qu’essaie de résoudre Trump.

Seulement, si elle se posait alors, c’est que les USA craignaient la menace rouge. Pour que le monde ne bascule pas du côté soviétique, ils avaient intérêt à ce que leur modèle de société se répande. Donc à financer les nations en difficulté. D’où problème posé par Mancur Olson : fatalement cela produit une forme de parasitisme.

Lorsque l’URSS a chu, le problème semblait réglé. Le capitalisme avait gagné. L’avenir serait prospère et pacifique, la croissance économique serait ininterrompue. Seulement les crises qui s’en sont suivies ont torpillé cet espoir. Maintenant M.Trump explore l’option du splendide isolement.

Qu’est-ce qui coince ? Les USA veulent imposer leur façon de voir, sans écouter l’avis de leurs contemporains.

Y a-t-il une autre option ? Celle du communisme : que devant l’ampleur des dangers, les nations se mettent d’accord sur un même système politique et la façon de le réglementer, en en partageant le coût de maintenance. Voir les travaux d’Elinor Ostrom ?

(On raconte que Moïse a demandé à Dieu : le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens cessera-t-il un jour ? Oui, certainement… mais pas de mon vivant. Voilà qui s’applique à mon scénario ?)

Jaws

La BBC fêtait les 50 ans de Jaws, Les dents de la mer. Un film que je n’ai pas vu.

Il a lancé la mode des films à gros succès et celle des films de requins.

Qu’est-ce qui explique son gros succès ? me suis-je demandé. Un requin mécanique qui ne fonctionnait pas ? Ce qui a amené Spielberg, qui ne pouvait l’utiliser, à jouer de la terreur de la menace invisible. De l’utilité de la contrainte ?

Mais aussi, peut-être, comme souvent, des circonstances favorables ? Le système hollywoodien avait produit le bon réalisateur et les bons acteurs… ?

Prospective

« Quels sont les pires scénarios ? » se demandait la BBC au sujet des affrontements entre Israël et l’Iran. Je n’en retiens pas grand chose, sinon que les USA pourraient être entraînés dans le conflit. Et ce d’autant mieux que leurs bases irakiennes sont exposées aux attentats des alliés de l’Iran, qui, contrairement au Hezbollah ou au Hamas, n’ont pas été affaiblis par les Israéliens.

L’émission de Christine Ockrent me semble plus instructive. Certes, il n’y avait pas d’accord entre les opinions de ses invités.

En ce qui concerne la situation à venir du monde, il se dégageait, me semble-t-il, le scénario d’une victoire israélienne, démantelant l’arsenal nucléaire iranien. Mais, les Israéliens ne sont pas équipés pour. Dans ce cas, la guerre pourrait être longue et dangereuse pour le monde. (Mais bonne pour M.Poutine, dont le pétrole prendrait du prix). L’Iran deviendrait un Etat nucléaire, ce qui serait aussi le cas, par réaction, de tous les Etats de la région.

Politiquement, c’est une bonne affaire pour M.Netanyaou : son peuple hait les Iraniens, qui, d’ailleurs, sont craints par leurs voisins. Un atout des Iraniens est d’être 90 millions, face à un Israël peu peuplé. En revanche, autre scénario, il semblerait que le régime iranien et les régimes du Golfe soient faibles et préoccupés de leur survie. Ce qui devrait le pousser à négocier.

Quant à M.Trump, sa politique de réduction de coûts par désengagement des USA des affaires du monde semble mal partie. Protégez-moi de mes amis… ?

Bluff artificiel ?

Paradoxe : plus le problème est complexe, moins l’intelligence artificielle est efficace. A un certain point, elle s’effondre.

Les leaders du secteur sont massivement déficitaires. Mais personne ne s’en soucie.

Le propre des USA : la bulle spéculative ? Comment tout ceci va-t-il finir ? Comment l’en sevrer ?

Cutting-edge AI models ‘collapse’ in face of complex problems, Apple study finds https://bsky.app/profile/theguardian.com/post/3lr6se2lbpc23

OpenAI expects subscription revenue to nearly double to $10bn
Company behind the ChatGPT tool is still lossmaking, as are its biggest rivals
Financial Times, 9 juin.

Elon et Donald

Cela s’annonçait depuis quelques temps. De meilleurs amis, Elon Musk et Donald Trump sont devenus pires ennemis. Drame Shakespearien ?

Ce qu’il y a de surprenant dans ce monde américain, c’est à quel point il est loin de ce qu’on m’a appris à l’école. On ne pense pas, on hurle. La première idée qui vous passe par la tête est la bonne. Aucun souci de cohérence. Empire de la passion. Tout ce que dénonçait Descartes.

Mais pourquoi n’en sont-ils pas arrivés aux mains, ou aux armes ?

Ligne de Trump

Je pense que Trump est égal à lui-même. Toute sa vie, il a agi de la même façon. Ce qui lui a valu de connaître de multiples faillites, mais, en dépit de cela, de trouver des investisseurs. Car c’est la dette qui a fait ses succès. (Ce qui en dit long sur le court-termisme du secteur financier !)

Il a une idée, pas toujours mauvaise. Puis il fonce comme un taureau. Mais recule lorsqu’il rencontre plus fort que lui. Greed and fear.

Aujourd’hui, il semble considérer que les USA sont en faillite. (Curieusement, ils sont dans le même état que la France, mais personne, chez nous, n’a le courage de le dire.) Raison : l’abandon de l’industrie. Il veut créer les conditions de la réindustrialisation. Pour cela, il a besoin de pouvoirs d’exception. D’où sa gesticulation. Et il compte sur des pratiques de voyou pour faire peur aux autres nations.

Il est possible que son comportement soit déterminé par ses intérêts. Probablement parce ce que ce qui est bon pour les affaires en général est bon pour les siennes en particulier. Dans ces conditions la morale n’a pas de place. Il est l’ami des régimes totalitaires.

Rien ne sert de se lamenter, il faut faire avec ?

Source : INSEE

La semaine de Trump

Je comprends un peu mieux pourquoi Trump gouverne par « executive orders ». Ce serait l’équivalent de l’article 16 de notre constitution. En cas de crise, le gouvernement américain peut diriger par décret. Et Trump a décidé qu’il y avait une crise. Que les peuples s’étaient ligués pour dévaliser les USA. En France la vérification de la validité de la décision est du ressort du Conseil constitutionnel, aux USA c’est apparemment la justice qui peut être saisie de la question.

Ce qui est curieux est qu’il n’ait pas d’opposition. Les démocrates seraient-ils paralysés par des dissensions internes ? Phénomène qui est arrivé à la France en 40 ?

Quant à l’Ukraine, Poutine peut faire ce qu’il veut, Trump ne le sanctionne pas. Comment l’expliquer ? Décidément, c’est une histoire d’amour ?

En tous cas, Elon Musk semble avoir soupé de la politique. Comme je le disais, a-t-il été défait par la « complexité » ? Il se retire. Plus surprenant : l’action Tesla monte. Décidément, les investisseurs ont une fois aveugle en lui ? Mais ses fusées, elles, continuent d’exploser. Ce qui serait un excellent apprentissage, dit-il.

Supplice chinois

Si Trump n’existait pas, il faudrait l’inventer ? Sans lui le monde est terne.

Christine Ockrent lui consacrait, samedi, une nouvelle émission. Elle s’interrogeait sur la situation en Asie.

Je retiens que la Chine ne va peut être pas bien économiquement, mais qu’elle flairerait une occasion. Sa stratégie jouerait sur la psychologie de ses adversaires, plus que sur la force. Elle cherche à faire craquer les nerfs de Taiwan, et soupçonne que Trump pourrait être amené à lâcher l’île.

Ce blog a beaucoup étudié « l’influence », la manipulation des esprits. Ce fut longtemps l’apanage de la « soft power » américaine. Les régimes dirigistes vont-ils lui rendre la monnaie de sa pièce ? En tous cas, en ce qui nous concerne, nous Européens, rien ne change ?

Donald vole

Grand sujet d’article depuis quelques temps : M.Trump reçoit un avion en cadeau. USA one devient Qatar one.

Cela illustre probablement les limites de notre intellect. Car, que peut-on en conclure ? Ce mec est une farce ? Mais que vont produire ses agissements ? Personne ne s’en inquiète.

En tous cas, cela en dit peut être long sur l’état des USA. Car Boeing, en dépit de surcoûts massifs, semblait incapable de livrer l’avion présidentiel. D’où l’ire de Trump. Les USA sont-ils devenus des nains industriels et techniques ? Le GAFA ne serait-il qu’un écran de fumée ?

(Une question : le cadeau semble un vieux Boeing 747. Or, l’avion présidentiel est supposé invulnérable, en particulier aux tirs de missiles. Qui va s’occuper de ces travaux et combien vont-ils coûter ?)