Agnieszka Holland

Découverte. Agnieszka Holland est apparemment une réalisatrice polonaise importante.

En l’écoutant parler de sa vie, j’ai pensé que l’empire soviétique avait été un berceau idéal pour l’artiste. Il l’aimait et lui donnait une excellente éducation, classique, internationale, mais aussi en faisait un polyglotte, et surtout le plongeait dans le drame du totalitarisme, magnifique source d’inspiration.

Ainsi formé, une fois passé à l’Ouest, le dit artiste s’y trouvait comme un poisson dans l’eau. Allant de nation en nation, au gré de ses intérêts. Mais peut-être n’étant bien nulle part.

Pour une raison que je n’ai pas bien saisie, Agnieska Holland s’est établie en France. Elle n’a d’ailleurs pas été bien accueillie par les intellectuels de gauche, son bord, lorsqu’elle est arrivée dans les années 80. En fait, la France ne paraît plus avoir grand chose en commun avec la nation des droits de l’homme qui attirait les combattants de la liberté de tous les pays. Elle semble petite et provinciale.

L’URSS en guerre

Staline croyait au pacte de non agression d’Hitler. Il a été pris par surprise par l’attaque de ce dernier. L’URSS était d’autant plus mal partie que Staline avait fait subir à son armée des purges.

Mais le Russe n’est pas un « slave » pour rien, autrement dit un esclave ? Il est docile et coutumier du sacrifice ? Il est mort en masse, sans protester, et peut-être surtout, a déplacé, en marche forcée, son industrie hors d’atteinte des frappes allemandes. En outre il a été aidé par les USA, qui tendent à économiser leurs ressortissants.

La Russie a été une grande puissance, tant qu’elle a eu une population nombreuse et que les guerres se sont jouées au corps à corps ?

(Emission.)

Leonov

On a oublié Leonov. Ce fut le premier homme à marcher dans l’espace. (Emission.)

Et il a bien failli y rester. Car, à l’époque, tout était improvisation, rien ne marchait comme prévu.

Et c’est pour cela que l’on recrutait les cosmonautes pour leur présence d’esprit dans les pires situations. (Leur sélection consistait à les mettre dans ces situations.)

Matériel bricolé, surhomme et communication soviétique, voici comment s’écrivait l’histoire à l’époque.

Puissant Iran

Curieux : des pays comme l’Iran ou la Corée du nord semblent faméliques, et pourtant, ils font jeu égal avec les USA. La jadis formidable URSS n’est, même, rien sans eux.

Mais, au fond, c’est, peut-être, justement, le même phénomène que celui qui rendit si redoutable l’URSS ? Un château de cartes tenues ensemble par une peur viscérale de l’autre ? Ce qui l’amène à créer une élite de combattants extrêmement efficaces. Et ce d’autant que la plupart des armes modernes ne demandent pas beaucoup plus de talents que ceux du « bricoleur professionnel » ?

Quant à l’Occident, il est surtout préoccupé de soi ? Du coup, son armée n’est que le cadet de ses soucis. Il lui consacre l’équivalent du pourboire du milliardaire et ses laissés pour compte ?

Brave new world

J’ai lu Le meilleur des mondes alors que j’étais adolescent. Depuis, j’étais convaincu qu’il était aux USA ce que 1984 était à l’URSS. Il y a quelques temps, on m’a dit que je me trompais. Effectivement, un personnage s’appelle Lenina, un autre Marx. Pas très américain, même si l’on compte les ans à partir de « Ford ».

Seulement, le livre a été écrit en 1931. On ne connaissait pas encore Staline en Occident. L’URSS d’alors ne devait pas sembler à ses contemporains très différente de la France révolutionnaire à l’aristocrate anglais de la fin du 18ème : un régime aux idées dangereuses par leur sulfureuse séduction, mais pas le Goulag et le règne de la terreur.

En me re penchant sur le livre, j’en suis arrivé à faire l’hypothèse qu’Aldous Huxley envisageait une convergence des modèles américains et soviétiques. Un communisme de la grande consommation. Automatisation et société du loisir. Les deux modèles ayant, au fond, un objectif semblable. En cela, il semble retrouver le cauchemar de Tocqueville, la peur d’une dictature de la masse. (La dictature du consommateur ?) Une humanité inculte et décérébrée. Du pain et des jeux. L’anti-thèse de l’aristocratie.

Ce qui est frappant est le parallélisme des histoires russes et américaines. Après guerre ce sont deux technocraties. Aujourd’hui, elles sont dominées par l’inculture crasse de l’oligarque russe ou du patron du GAFA. Ce modèle a gagné le monde. La massification de l’enseignement supérieur en a abaissé terriblement le niveau. Il n’y a que les universités d’élite anglo-saxonnes qui semblent avoir résisté.

Il y aurait, donc, effectivement, une tendance à l’égalité des conditions (car ce qui les séparait était la formation initiale, qui est un conditionnement). Mais pas, nécessairement, à l’abrutissement. Avons-nous reculé pour mieux sauter ? Peut-être avons nous à inventer l’aristocratie de masse ?

Le mur

La force de la BBC est de faire des émissions historiques passionnantes. Cette fois, il s’agissait du mur de Berlin. On est à côté des dirigeants est-allemands, et même d’un Vladimir Poutine, qui assiste, impuissant, aux événements.

La chute du mur tiendrait à une bourde. Les dirigeants est-Allemands avaient prévu de permettre la sortie d’Allemagne de l’Est par un dispositif compliqué, fait pour doucher les enthousiasmes. Mais le responsable de la communication s’emmêle dans ses papiers et répond incorrectement à une question d’un journaliste, ce qui déclenche un mouvement de foule, qui a raison du mur de Berlin et de l’Allemagne de l’Est. Apparemment Gorbatchev n’en est pas mécontent. Y compris si cela signifie la réunification des deux Allemagnes.

L’histoire, celle-là en particulier, tient-elle à une bourde, ou est-elle un rouleau compresseur ?

(Une autre émission, sur la Chine cette fois, rappelait qu’elle ne s’est pas dissoute avec les autres pays communistes. Elle a écrasé les revendications populaires.)

La Grèce sauve l’Europe ?

La campagne de Grèce, par wikipedia. Seconde guerre mondiale, la Grèce défait l’Italie, ce qui amène l’Allemagne à intervenir. Ce qui mécontente l’URSS, la Grèce étant sa chasse gardée. Les prémisses du divorce ?

« La bataille de Grèce est considérée par certains historiens comme décisive dans le cours de la Seconde Guerre mondiale car l’invasion de la Grèce a sans doute rendu impossible un accord entre Hitler et Staline à propos de leurs sphères d’influence respectives. »

Après guerre on disait que l’URSS avait gagné la guerre. Mais elle avait plusieurs façons de la gagner. Et si elle n’avait pas commencé par s’allier à l’Allemagne, aurait-elle eu lieu ? Ou aurait-elle autant duré ? D’ailleurs, la France aurait-elle été vaincue ? Puisqu’en 14, c’est grâce à la Russie que la France a pu encaisser l’attaque allemande et se relever de sa traditionnelle absence de préparation.

Méfions-nous de nos illusions ?

Iouri Andropov

Iouri Andropov n’est pas qui je pensais. 

A l’occasion d’une nuit des espions de France Culture, une émission d’Alexandre Adler a été rediffusée. Elle parlait, en partie, de Iouri Andropov. J’en avais un souvenir inquiétant : un patron du KGB prenant la tête de l’URSS, et mort prématurément. 

En fait, il aurait été le précurseur de la Glasnost. Un modéré intelligent. Il aurait pensé que la seule façon de sauver l’URSS, qui allait mal dans les années 70, et présentait les symptômes de pourrissement avancé, qui ont ressurgi dans les années 90, était une dose de pragmatisme (de « sociale démocratie » ?). Pour cela, il a dû contrer une courant concurrent, qui aspirait au Stalinisme et à un rapprochement avec la Chine. Il est parvenu à éviter une intervention soviétique en Pologne, que tramait ce camp. Ce serait ce dernier qui aurait commandité une tentative d’assassinat du pape, polonais, car celui-ci menaçait, en cas d’invasion, de mourir en martyr pour son pays… Mais, aussi, il a fait une efficace guerre à la corruption.

M.Poutine, l’anti Andropov ? Une carrière médiocre, un intellect limité, un passé d’oligarque, et, finalement, la guerre ? 

La valse aux adieux de Kundera

Je poursuis ma relecture de l’oeuvre de Milan Kundera. 

Plutôt que d’une « valse », il s’agit de la ronde de Max Ophüls / Schnitzler. Le temps d’organiser un concert, quelques personnages se croisent, dans une station thermale. On retrouve l’atmosphère légère de Risibles amours, et quelques uns de ses types humains. La vie de ces gens n’est qu’aventures amoureuses sans lendemain. Au fond, ils ne pensent qu’au sexe. Et le propre des relations humaines est l’incommunicabilité. Cela semble même être ce qu’il y a de plus solide dans la vie : c’est la jalousie, souvent, et pas l’amour, qui soude le couple. Et c’est, bien des fois, lorsque cela commence pour l’un, que cela finit pour l’autre. 

Mais apparaissent aussi des aspects de la société tchèque, et soviétique, qui n’étaient pas dans Risibles amours. Voilà qui est surprenant : chez elle aussi, il y a lutte des classes. Elle ressemble étrangement à celle que nous connaissons aujourd’hui. Car le socialisme a ses privilégiés, intellectuels et artistes, qui vivent dans le luxe, et à qui tout est permis. Le peuple, le « petit blanc », au ras du sol, et qui croit aux dogmes du Parti, ne les aime pas. Mais, aussi, cette aristocratie est soumise à des purges plus ou moins arbitraires. De temps à autres, on y sacrifie l’être humain, de préférence l’ami, à l’abstraction. 

C’est peut être Les possédés de Dostoïevsky, mais pas Crime et châtiment. Car cette vie n’a pas de sens, et le meurtre y est sans conséquence. C’est tout le contraire d’un drame. 

Le mal de l'Occident

Aurions-nous eu la prospérité d’après guerre sans l’URSS ? 

Dès qu’elle s’est effondrée, l’Occident s’est déchiré. Ses oligarques s’en sont pris à son peuple. Grâce à M.Poutine, et à la menace chinoise, ils redécouvrent la solidarité. Et la gauche le socialisme. 

Vive la Corée du Nord ? Notre bonheur est au prix du sacrifice de sa population ? 

Et si l’on cherchait d’autres moyens d’auto contrôle que la peur ?