Crimée, notre Munich ?

Je n’y avais pas pensé à l’époque. La Crimée fut-elle notre Munich ?

Il est probable que celui qui aurait prêté l’oreille aux discours de M.Poutine aurait compris ses intentions, et qu’en lui donnant le doigt, il prendrait le bras. J’ai toujours tort, une fois de plus.

Mais, dans ces conditions, M.Obama encore plus que moi, car c’était lui qui aurait pu changer le cours de l’histoire.

Enseignement : de l’utilité d’être « in quiet », et de prêter attention à l’autre ? Pour vivre heureux, ne vivons pas caché ?

(Une idée qui me vient de la BBC : How might the next US president affect the war in Ukraine, The inquiry, 24 octobre.)

Ukraine : la fin ?

La BBC se demandait ce que le futur président américain allait faire de l’Ukraine. (BBC : How might the next US president affect the war in Ukraine, The inquiry, 24 octobre.)

Apparemment, les deux candidats veulent mettre un terme au conflit.

La stratégie de Donald Trump, dont, curieusement, il était essentiellement question, serait de menacer M.Poutine d’une guerre bien plus terrible, s’il ne se montre pas raisonnable. (Lorsque je dis, suite à d’autres informations, que M.Trump veut abandonner l’Ukraine, j’ai tort, semble-t-il.)

Les deux camps auraient besoin de se « refaire ». Mauvaise nouvelle : M.Poutine, pour pouvoir attaquer de plus belle.

Quand à l’Europe, il va falloir qu’elle comprenne qu’elle doit se réarmer.

(Une autre mauvaise nouvelle en ces temps de rigueur budgétaire. Mais, cela, l’émission n’en parlait pas.)

Trump avec filtre

“If you block out the noise around Trump and look at actual actions, the potential for a far more sympathetic approach to Ukraine is coming into focus,” Kaminski writes.

Politico.eu du 5 août

Les Ukrainiens analysent les programmes des deux candidats à la présidence des USA et les considèrent favorables à leur cause. Trump, en particulier, ne serait pas celui que l’on dit, et qu’il dit être ? Comment traduit-on « esprit critique » en ukrainien ?

Changement en Amérique

The Ohio senator, whose best-selling “Hillbilly Elegy” chronicled his upbringing in the rust-belt states of America, has long championed the cause of the American worker and the importance of the U.S. manufacturing sector. Expect him to advocate a turning inwards economically if he is elected vice president on the Republican ticket in November, as well as a push for stronger action against China.

Politico.eu hier, parlant du vice-président choisi par M.Trump

Le vice-président de M.Trump est jeune et, surtout, il a le mérite d’ôter aux Européens leurs dernières illusions. Les USA entrent dans une de leurs phases de repli sur soi.

Sa nomination met surtout en lumière une question qui a échappé aux Européens : l’industrie. Comme M.Biden, l’Europe a voulu faire d’une pierre deux coups : industrialiser pour décarboner. Ce qui ne semble pas avoir marché, c’est que les techniques que l’on a choisies pour cela ne seraient pas compétitives, et bonnes pour l’emploi, ou même l’économie. Une véritable réindustrialisation, fondée sur les forces des nations, aurait été bien plus favorable à leurs populations.

L’utilité de M.Trump est que, comme M.Macron, il met l’Europe en face de ses responsabilités. Il va signer la reddition de l’Ukraine. Que va-t-elle faire, notre Europe ? Sera-t-elle éternellement munichoise ? Ou apprendra-t-elle à rendre coup pour coup ? Y compris en frappant là où cela fait mal à M.Trump ?

Les bonheurs de la guerre

Que feraient les Russes sans la guerre ? se demandait Affaires étrangères de France Culture.

La guerre enrichit les pauvres ! L’économie se porte bien, les soldats sont payés 10 fois leur salaire usuel et avoir un mort au combat fait la fortune d’une famille. Pourquoi s’arrêter, dans ces conditions ?

Et la Chine compte de plus en plus pour la Russie. Ses voitures sont partout, mais on n’a pas le droit de le dire.

Alors, camarades, n’ayons pas peur que la guerre s’arrête : la Chine est l’avenir de la Russie ?

Encéphalogramme plat

Les nouvelles ?

On envisage sérieusement une guerre nucléaire plus ou moins limitée. Notre armée n’existe plus. Logiquement notre gouvernement devrait la réarmer. Mais, du fait d’une remarquable gestion des affaires publiques, il est désormais entre les mains des agences de notation, et doit faire des économies.

Ce que la situation a de curieux n’est pas là. Il est dans l’indifférence collective. Tout le monde répète à peu près la même chose, comme si rien de neuf n’était survenu, comme un jouet mécanique. L’homme ne pense pas. Il en donne l’illusion.

L’Etat le plus bête du monde ?

Samedi, Affaires étrangères de France Culture s’inquiétait pour l’Europe.

La Russie a dix fois plus d’obus que l’Ukraine. Cette dernière ne pourra pas tenir. Et le président Trump lui imposera une défaite. Ensuite M.Poutine s’en prendra aux pays baltes. L’Europe devra envoyer des troupes qu’elle n’a pas. Ce sera Munich, et elle ne sera plus rien.

Une fois de plus, la France est glorieuse. M.Breton avait promis à l’Ukraine de l’armement. Pas question de l’acheter à l’étranger. Eh bien la France n’est pas capable de produire 40.000 obus par an. (Il en faudrait un million.) Et pour une bonne raison : l’Etat ne paie pas ses fournisseurs !

Mais quand est-ce que notre élite, au QI extraordinaire, comprendra qu’avant de nous donner des leçons elle doit mettre son administration en ordre ?

Prochaine crise

Incertitude de fin d’année.

En Ukraine, M.Poutine semble grignoter du terrain. Peut-être a-t-il eu raison de penser que l’Occident se lasserait des Ukrainiens ? Mais peut-être que la stratégie des Occidentaux est, simplement, de le saigner, de façon à lui retirer son pouvoir de nuisance. L’Ukraine serait-elle son Verdun ?

Et il y a Israël. Bien que le conflit ne se soit pas étendu, pour le moment, il est encore possible de rejouer le scénario de la guerre du Kippour, avec la crise économique qui va avec. D’ailleurs les alliés de l’Iran semblent tâter le terrain. Seulement, à l’époque, l’Occident était riche. Alors, crise de 29 ?

Une nouvelle épidémie ? Une crise innovante ?

Le problème avec les crises est, grand théorème du changement, qu’elles révèlent la nature réelle d’une société (cf. ce que dit Kurt Lewin), et, comme je le répète à qui veut m’entendre, elles font « tomber les cadavres des placards »…

(La BBC annonçait jeudi dernier que le chiffre d’affaires de l’industrie de l’armement avait augmenté de 10% en 2 ans. Ce qui ne paraît pas beaucoup, contrairement à ce qu’elle pensait, et montre probablement que nous vivons sur une poudrière.)

Poudrière ukrainienne

EUROPE’S ARMS MAKER: Amid sustained war at home and boiling conflict in the Middle East, Kyiv doesn’t just want to keep gobbling up arms and aid from Western allies. It wants defense contractors to invest locally and help build out a modern arms industry

Politico.eu

Mise en pratique des nouvelles théories de la « supply chain » ? Produire au plus près du marché.

Risque et opportunité : la compétence clé de l’Ukraine, c’est la guerre ?

En tous cas, cela nous rappelle que « qui veut la paix, prépare la guerre »… Ce que nous avions eu tendance à oublier.

L’Ukraine attaque

Je lisais que l’Ukraine comptait traîner ses alliés en justice :

Kyiv plans to sue Poland, Hungary and Slovakia over their refusal to drop a ban on Ukrainian agricultural products (Politico.eu du 18 septembre)

Est-ce une façon de se comporter vis-à-vis de ceux qui vous aident ? Mais aussi : une fois de plus, l’UE donne l’affligeant spectacle de l’incurie ?

A moins que, au contraire, ce ne soit une saine réaction ? L’UE ne sera forte que le jour où ses membres défendront fermement leurs intérêts, et qu’ils seront assez déterminés pour faire passer l’Union avant eux. La démocratie c’est, avant tout, l’art de la négociation conflictuelle, pas de la bureaucratie institutrice ?