AFD

Confronted with the rise of the Germany’s far-right, Russia-friendly, anti-migration and climate change-denying Alternative für Deutschland (AfD), which continues to grow in polls and is already in the second position at 22 percent, Scholz argued that a lot of people were concerned about the fundamental changes that Germany and the EU faces. (Berlin bulletin from Politico du 14 juillet.)

Comment se fait-il que la très démocratique et prospère Allemagne soit confrontée à un tel problème ? Qu’une partie de la population trouve, en particulier, qu’il est juste qu’une nation en envahisse une autre, et tue des milliers de personnes. Aimerait-elle qu’il en soit de même chez-elle ?

Le problème est européen, pas allemand, bien sûr. La suite de l’article indique peut-être la nature du dit problème :

Yet he stressed that Germany also needs “regulated immigration of skilled workers so that they can replace all those baby boomers who will retire in the next few years… and ensure that pensions continue to work, that our welfare state functions, that our economic strength is maintained.”

Le mode de vie européen n’est pas durable, mais l’Européen ne veut pas des moyens qu’utilisent ses gouvernements pour remédier à cette situation. Solutions, d’ailleurs, dont personne n’a discuté de la validité, et même de l’équité. (Est-il bien de voler leurs personnels qualifiés à d’autres nations ? Et ces personnels auront-ils envie de rester longtemps dans leur pays d’accueil ?…)

Et si un choix de société était trop important pour être laissé aux politiciens ?

Communauté politique européenne

Conseil européen, conseil de l’union européenne, commission européenne, communauté politique européenne : comment s’y retrouver ? Il y a des gens qui ont le talent des noms mnémotechniques…

Christine Ockrent consacrait une émission à cette dernière institution. Elle réunit toutes les nations de l’Europe. Certains ont peur que ce soit le débarras de l’UE. Mais, si j’en crois l’émission, c’est une bonne idée. Ce serait peut-être même un moyen de réfléchir aux changements que pourrait subir l’UE, qui est à l’image des noms de ses instances de direction.

(Une fois n’est pas coutume : un changement réussi ?)

Equilibrisme mondial

Numéro d’équilibrisme disait Arancha Gonzalez, ancienne ministre des affaires étrangères espagnole, à Christine Ockrent (Affaires étrangères, France culture, la semaine dernière).

Le monde est en équilibre instable. « Derisking China » est à l’ordre du jour. Paradoxalement, les USA comprendraient être allés trop loin dans la dénonciation de la Chine.

En tous cas, ce qui est certain est qu’on ne peut pas compter sur les USA. A tout moment ils peuvent être victimes d’un coup politique tordu, qui les amène à revenir sur tous leurs engagements. Trump n’est que l’a partie émergée de l’iceberg.

L’Allemagne est, de nouveau, l’homme malade de l’Europe. Elle a fait le pari du marché chinois et du gaz russe. C’est raté. (Et, en plus, sa population est vieille désormais, aura-t-elle l’énergie d’un nouveau changement ?)

Quant aux émergents, ils semblent commencer à émerger, et à peser.

Une chance pour l’Europe, apparemment. Car sa relative modération pourrait être dans l’air du temps. (A condition qu’elle oublie son complexe colonialiste ?)

E5M

Emmanuel Macron, Moi-Même, Maître du Monde ? Je lisais hier qu’Emmanuel Macron avait mécontenté les Américains. Il a parlé d’Europe comme puissance mondiale alignée sur ses intérêts et non ceux des USA.

A quoi les dits USA lui ont répondu, en substance, que, dans ce cas, il n’avait qu’à s’occuper tout seul de M.Poutine.

En outre, Politico.eu, ma source d’information, rappelait que son voyage en Chine avait été un flop. Mais que des étudiants lui avaient réservé un accueil de rock star. (La seule chose qui comptait pour lui ?)

Bien sûr, lorsque l’on est en difficultés chez soi, rien de mieux, pour détourner l’attention de l’opinion, que de déclarer une guerre. Mais les propos de M.Macron ont un autre intérêt. Ils posent la question : que faudrait-il pour que l’UE soit une réelle puissance ? Pour qu’elle soit capable d’empêcher les USA d’envahir l’Iraq, la Russie, l’Ukraine, la Chine, Taiwan ? Des tanks et un minimum de souveraineté économique ?

Green deal

Qu’est ce que le Green deal (Pacte vert) ? Si je comprends bien, l’Europe se veut exemplaire en termes de transition environnementale. Elle croit, aussi, que cela peut être un atout économique. Le Green deal est le nom de sa méthode de conduite du changement. Elle investit 1800 md€ sur 7 ans, dans ce programme. C’est considérable, mais moins que le plan quinquennal de la Chine, qui a, en outre, pris de l’avance.  

Le Green deal réoriente l’économie par la norme et la finance. Le mot clé est “taxonomie”. Il définit qui est concerné (le gaz est une énergie verte ?). Alors s’applique à lui des normes. Une entreprise concernée doit faire une déclaration. Ensuite, elle sera auditée afin de déterminer si elle respecte les prescriptions européennes. Et elle sera notée. Ces notes détermineront ses possibilités de financement, et leur coût. Les organismes financiers sont eux-mêmes notés en fonction des projets et entreprises qu’ils financent.  

La note orientera aussi les investisseurs, les clients, et les employés. Les nouvelles générations voulant travailler pour des entreprises vertueuses, comme chacun sait.  

Cela fait longtemps que j’entends parler de ce plan, et, comme beaucoup, j’estime que ce sera un nouveau « machin » inefficace et ridicule. Mais je me trompe une fois de plus :

  • Ne risque-t-il pas de se retourner contre ses intentions ? Les Allemands disent que le tout électrique va favoriser les Chinois. Imaginons que l’industrie automobile européenne s’effondre au profit de celle d’un pays totalitaire : où serait notre victoire ?
  • J’ai travaillé sur la question du recyclage : toutes les énergies « propres » (panneaux, éoliennes, batteries…) sont une catastrophe pour le recyclage – c’est anti circuit court ! Et c’est de la pire des chimie. Et cela consomme des métaux rares que l’on ne possède pas. Et ça ne résout rien.
  • Le Green deal est un plan conçu par des technocrates. Que va donner la rencontre avec la réalité ? Va-t-on imposer aux PME des déclarations et un processus de contrôle qui va leur demander des moyens qu’elles n’ont pas ? Va-t-on avoir une révolte des Gilets jaunes, façon entreprise ?
  • J’imagine que les lobbys nationaux doivent déjà s’agiter. La France est-elle forte dans ce domaine, ou va-t-elle subir la loi des autres ? Certains secteurs vont-ils imposer leurs intérêts (cf. Les betteraviers et les céréaliers) ? Quid des petits acteurs, qui ont un rôle essentiel pour l’écosystème économique (comme les espèces animales menacées), mais pas de moyens de s’exprimer ? Va-t-on constater leur disparition quand il sera trop tard ?…

Le fond du problème, ce que je n’avais pas compris, c’est la façon dont le changement est mené. C’est un changement totalitaire. Je vous impose des normes, et si vous ne les suivez pas, je vous dénonce et je vous coupe les vivres ! Et vous n’avez pas à discuter, car j’ai raison, et je suis intelligent et vous ne l’êtes pas. D’ailleurs, ne m’avez-vous pas élu ? Je suis la démocratie.

Résistance électrique

Apparemment, le moteur thermique se rebiffe.

Toute une législation de « transition climatique » a été décidée du faîte de l’Europe, par ce que, faute de mieux, on peut appeler des « activistes ». Tant que personne n’était concerné, il n’y avait aucun remous. Mais, cette fois, les mesures touchent le vif.

« Les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m), créées par la loi d’orientation des mobilités de 2019 et renforcées par la loi « Climat et résilience » de 2021, sont, partout où elles sont mises en œuvre, sources de vives inquiétudes et de lourdes incompréhensions .

Manque de communication et de pédagogie sur la mesure, insuffisance de l’offre alternative aux véhicules thermiques, risque de creusement des inégalités sociales voire de fractures territoriales,absence de moyens de contrôle : autant d’angles morts qui cristallisent les tensions et font de cette mesure une « bombe sociale à retardement ». Indépendamment de leur appartenance politique, de nombreux élus locaux et nationaux élèvent la voix et dénoncent la très faible acceptabilité de cette mesure. » (Publication du sénat.)

Dommage que nous soyons gouvernés par des gens qui n’aient rien à apprendre sur la conduite du changement ?

A l’est du monde

Turquie, Hongrie, Moldavie, Pays baltes, Pologne… pays en situation incertaine, souvent en crise, à la frontière de la Russie. Certains lui en veulent à mort, d’autres sont sensibles à l’énergie à bas prix qu’elle leur livre. Tous semblent haïr l’Europe de l’ouest, et, même, pour la Pologne, ressortir de vieilles querelles (la France l’a abandonnée aux Allemands en 40).

L’Europe de l’ouest subventionne vigoureusement la plupart de ces gens, mais personne ne lui en sait gré. C’est certainement un dû. Après tout n’a-t-elle pas beaucoup à se faire pardonner ? Ses intellectuels ne le répètent-ils pas sur tous les tons ?

Comment s’en tirer ? M.Poutine achète ses alliés avec les ressources naturelles de la Russie. Si l’Europe veut à nouveau qu’on l’aime, elle doit utiliser l’arme qui lui est propre : la puissance de son économie. Fini la décroissance et le repli égoïste sur soi du retraité permanent, qui attend la fin du monde. Et, elle a une chance : entre-temps elle a inventé un concept qui va faire fureur, et qui entre en résonance avec son universalisme génétique : la transition écologique.

Ennemi de l’intérieur

Les USA essaieraient-ils de construire une Europe orientale ? Qui soit centrée sur leurs alliés, Pologne et autres.

C’est ce que dit un article d’Eco Réseau.

On lit aussi que cette Europe de l’Est, qui dépend considérablement des subsides de l’Ouest, est en crise, avec des taux d’inflation extrêmement élevés (20% ou plus, jusqu’à 57,6% en Turquie !).

Il y a là un point qui mériterait un examen : ce sont les pays les plus fragiles qui haïssent le plus l’Europe de l’Ouest, alors que celle-ci fait beaucoup pour les aider.

Pigeon européen

« On a parfois l’impression que tout ce que fait l’UE est un dû », dit M.Borrell le ministre des affaires étrangères de l’Europe. 90% de l’aide humanitaire à la Syrie est occidentale. (Politico.eu)

Apparemment, l’UE découvre enfin qu’on la prend pour un pigeon.

Le distingué M.Poutine devrait lui donner quelques cours de communication. Mais, surtout, et cela on n’en parle pas encore, il faudrait qu’elle cesse de faire son « anti propagande ». Certes son histoire n’a pas été très propre. Mais les autres n’ont pas de leçons à lui donner. Et, persévérer est diabolique, ce qu’elle n’est pas. Surtout, elle a quelques idées et valeurs qu’il serait dans leur intérêt d’admirer.

Une leçon ? On ne peut pas être aimé si on ne s’aime pas soi-même… dans toute sa complexité ?

Stratégie chinoise

J’entends parler de la Chine, à droite et à gauche.

Première observation : il est amusant à quel point nos intellectuels si prompts à nous accuser d’être des complotistes, le sont facilement. Il n’en faut pas beaucoup pour qu’ils prédisent que le coronavirus va faire des ravages en Chine. La voix de la raison, lorsqu’elle se fait entendre dans leurs débats, leur rappelle qu’il ne faut pas exagérer : la variante actuelle du virus est peu mortelle. (Le Chinois tirerait-il les marrons du feu ?)

Quant à la désorganisation chinoise, elle n’est pas plus terrible que la nôtre au début de l’épidémie.

C’est peut-être d’ailleurs l’enseignement qu’ont tiré les Chinois : l’amateurisme occidental est efficace. A ce sujet, mon biais de confirmation a été flatté par la conclusion d’une émission de Christine Ockrent sur ce sujet, qui disait, comme moi, que la Chine est pragmatique.

Pour le reste, elle s’est remise à diviser l’Occident pour régner, et les gouvernements européens, seraient tout à fait prêts à l’écouter, à condition qu’elle soit discrète. Caractéristique de la démocratie européenne : pactiser avec le diable plutôt qu’affronter le mécontentement populaire ?