Brexin ?

56% des Anglais seraient favorables à un retour dans l’UE. Qu’est-ce qui peut les empêcher de revenir ? Une émission de la BBC.

Escroquerie. Il ressort de l’émission que c’est le cadet des soucis de l’Anglais. Il pense avoir fait une erreur, mais il a d’autres sujets de préoccupation.

Mais l’émission n’était pas totalement perdue. J’en retiens que Mme Thatcher avait obtenu un rabais massif. Elle ne payait qu’un tiers de ce qu’elle devait ! Décidément, les Anglais avaient su tirer les ficelles de l’UE, et la traire. C’est peut-être ce qui a perdu Lord Cameron. Il a cru que tout lui était permis. Je continue à penser que le Brexit a sauvé l’UE. (Elle a encore beaucoup de chances de crever, mais, avec les Anglais à bord, sont trépas était certain.)

On apprend aussi que ce que l’Angleterre n’aimait pas dans l’UE, c’était la liberté de circulation. Elle veut maîtriser son immigration. Ce qui est surprenant puisque l’immigration nette est actuellement de plus d’un pourcent de la population. Là aussi cela semble confirmer un de mes biais : l’Anglais aime son empire, mais pas le continent.

Jacques Delors

Je me souviens d’une habitante du seizième qui se lamentait de l’élection de François Mitterrand et de sa bande d’incultes, même pas polytechniciens. Parmi lesquels Messieurs Delors et Beregovoy.

Qui était Jacques Delors ? Surprise : un Gaulliste ! Il était passé au PS mais, apparemment, sans changer d’opinion. C’était surtout un syndicaliste chrétien. Et il a nationalisé. Mais il a été l’homme de l’Europe. Il n’était pas le candidat de Mitterrand, mais le seul acceptable par le reste de l’Europe. Et, avant de prendre son poste, il a eu l’idée de faire un bilan de la situation. Il a découvert que l’Union européenne menaçait de ne pas se relever des coups que lui avait portés Mme Thatcher. Qu’elle avait besoin d’un projet.

Pourquoi n’est-il pas ensuite devenu président de la France, alors qu’il était favori ? Parce qu’il a eu peur du PS, qui avait amorcé le virage qui en a probablement fait ce qu’il est peut-être aujourd’hui. (Plus rien ?)

(il avait la) crainte de se retrouver prisonnier d’un Parti socialiste français qui, après les années Mitterrand, basculait à gauche (Henri Emmanuelli était devenu premier secrétaire en 1994) et dans lequel le catholique progressiste et pragmatique qu’il n’avait jamais cessé d’être ne se reconnaissait pas. Ce n’est pas un hasard s’il a été sensible au concept allemand d’« économie sociale de marché ».

Article de Telos.

Mauvais temps pour l’Europe

L’UE est dans une curieuse situation. C’est un « machin » informe, qui n’a rien de démocratique, et dont l’électeur utilise ce qui lui reste de mécanisme démocratique pour manifester son mécontentement contre son gouvernement.

Mécanisme, d’ailleurs, bloqué par un parasite, pro Poutine, la Hongrie. Un Poutine, peut-être famélique, mais finalement très efficace dans sa lutte suicidaire contre l’Occident, puisqu’il pourrait infiltrer au capitole un autre de ses alliés : Un Trump rendu fou-furieux par ses aléas judiciaires.

A cela s’ajoute un moyen-orient en ébullition.

Si bien que la cigale, qui s’est bercée des illusions des miracles de l’économie de marché et de la globalisation, et a donné pour un plat de lentilles tout son savoir-faire à ceux qui veulent sa peau, va se retrouver seule, et sans armes, pour défendre l’idéal de la démocratie.

Ce qui ne tue pas renforce ?

Ecologie punitive

On parlait « d’écologie punitive » dans l’émission de Christine Ockrent, Affaires étrangères. (Samedi dernier.)

Si je comprends bien ce terme que je ne connaissais pas, « l’écologie punitive » est la ligne que suit traditionnellement le mouvement écologiste. Il tend à faire porter au peuple, qui n’en a guère les moyens, le coût de la transition climatique. Ce qui nourrit la grogne du dit peuple et le succès électoral de l’extrême droite. Les Verts vont-ils mettre de l’eau dans leur vin ?

Le Green deal étant la stratégie de l’UE de Mme Van der Leyen, cette question, et l’immigration, risquent de peser lourd dans les prochaines élections européennes, disait-on.

En tous cas, cela signifie au moins que l’intellectuel n’a plus le monopole de la formule assassine.

Landlords in a bind as France imposes tough new emissions rules
Owners of historic apartments among those affected by green standards

Financial Times de dimanche dernier

Immigration

Southern countries will be required to build prison-like reception centers on their borders to register migrants and process their asylum claims. In exchange, it will be easier to deport rejected asylum seekers and frontline countries will be guaranteed assistance from the rest of the EU.

Politico.eu du 20 décembre

L’UE réglemente l’immigration. Partout en Europe, c’est la préoccupation de tous les gouvernements.

Ce qu’il y a de curieux est qu’il ne semble pas qu’il y ait eu débat démocratique à ce sujet. L’opinion telle que représentée par la presse ne se faisait pas l’écho d’une telle revendication (à moins qu’elle l’ait appelée « populisme » ?). Elle paraît venir « d’en bas », de couches de la population à la fois majoritaires et sans représentation. De « classes dangereuses » ?

En serions-nous revenus à la monarchie que seule la menace d’une émeute peut faire sortir de son autisme ? Et qui, alors, ne peut guère réagir avec un grand discernement ? (D’autant qu’elle ne peut accorder au peuple que des « instincts animaux » ?)

Brexin ?

The European Union proposed delaying by three years tariffs on electric vehicles traded with the UK that are set to kick in on Jan. 1, in a win for carmakers that warned the rules would unnecessarily hurt their operations.

Bloomberg, mercredi

Les Anglais sont ennuyés par les droits de douane européens. Ils aimeraient bien qu’ils disparaissent, « dans l’intérêt général ». (La BBC, mercredi matin.)

C’est le même type d’argument qui faisait dire à Keynes que, dans l’intérêt général, il ne fallait pas punir l’Allemagne d’après première guerre mondiale, moteur économique de l’Europe ? (Alors que Clémenceau pensait que cette économie serait le moyen d’une nouvelle guerre.)

Apparemment, ils semblent obtenir des concessions de l’Europe. Vont-ils réussir, là où Lord Cameron a échoué : profiter des bons côtés de l’UE, sans pâtir de ses désavantages ?

(Et vont-ils être un Cheval de Troie pour la Chine, les batteries en question étant en grande partie faite de composants chinois ?)

Taxonomie

Dans le pacte vert européen, il est question de « taxonomie », de classification des activités économiques que l’Europe désire faire évoluer. Surprise, bien des gens croiraient qu’il s’agit d’une « taxe » !

En fait, le Robert déconseille Taxonomie, et recommande Taxinomie (de taxi et nomie), Science des lois de la classification des formes vivantes. Avec pour second sens : classification d’éléments.

Il y a des chances que notre « taxonomie » soit une traduction un peu brutale de la « taxonomy » anglo-saxonne.

L’avantage de « taxi » (du grec taxis : arrangement, ordre) est peut-être que cela évoquera dans nos têtes incultes l’image de la voiture électrique…

(Quant à taxi, il vient de taximètre, taxis étant aussi à l’origine de « taxe » !)

Une nouvelle constitution pour l’Europe

WESTERN EU COUNTRIES UP PRESSURE FOR REFORM, STRESS CONDITIONS FOR UKRAINE ACCESSION: Western EU countries including Germany, France, Spain and Portugal are amping up pressure on the need to reform the Union, just as leaders prepare to open formal accession talks with Ukraine and Moldova next month.

Frankenstein’s monster: Their fear is that without more steps toward reform, but with the momentum for accession building, the EU could slide into a dynamic where it swells to 30 or more members with no coherent plan on how to function efficiently, resembling something like Frankenstein’s monster, or — worse still — the United Nations.

Politico.eu du 1er novembre

On envisagerait une Europe « à la carte ». Avec une offre de base et des options.

Qu’en penser ? Que cela parait bien important, pour être traité en catimini. Et que le danger de la théorie est qu’elle produit souvent des effets imprévus, qui pavent l’enfer de ses bonnes intentions. Ce qui semble préférable est la démarche des pragmatistes : l’expérimentation.

En tous cas, cela semble un changement de constitution, sans assemblée constituante. Europe fort peu démocratique ? Un sujet à ajouter à la liste des problèmes à résoudre ?

Paix en Palestine

Le calcul du Hamas semble avoir été, par ses atrocités, de contraindre les Israéliens à massacrer ses frères palestiniens. D’en faire des martyrs, et de déclencher un cycle de vengeances sans fin, qui gagne le monde.

L’autre jour, j’entendais la BBC se demander si les Israéliens n’avaient pas adopté une stratégie à la Poutine (ma traduction) : le sort de leurs otages compte moins que l’élimination des terroristes.

Et si l’Europe, qui a été détruite par une guerre fratricide, aidait les Palestiniens et les Israéliens à trouver une solution à leurs problèmes ? Et à reconstruire ce qui a été détruit. Après tout cela ne devrait pas coûter aussi cher que le soutien aux Ukrainiens.

Pour cela, il faudrait sûrement s’inspirer des erreurs commises par les Américains, en Irak et en Afghanistan. Evitons de plaquer un modèle culturel sur une société. Il faut comprendre son âme. Et il ne faut pas lui envoyer ce que l’on a de plus fruste, une armée, mais, au contraire, ce que l’on compte de meilleur et de plus subtil. Car le succès du changement, selon ce blog, c’est « in quiétude » et « donneur d’aide ».

Europe et Moyen Orient

L’Europe peut-elle aider le Moyen-orient ? Question que pose Affaires étrangères de France Culture et de Christine Ockrent.

Je retiens l’intervention d’une participante : de l’Ukraine à la Palestine, l’Occident récolte des conflits dont il pensait s’être habilement débarrassé. Je retiens aussi que les Palestiniens avaient été comptés par tous, à commencer par les gouvernements arabes, comme ayant disparu. Je retiens enfin qu’à la fois chez les Palestiniens et chez les Israéliens, le pouvoir est amené à changer, et qu’il est possible de rebattre les cartes.

Il me semble que, dans une situation dans laquelle personne ne sait trop où il va, il y a de la place pour les gens de bonne volonté. L’Occident a fait beaucoup d’erreurs, mais demeure une sorte de Croix rouge, et ses opposants ont eu le temps de montrer qu’ils n’étaient pas bien meilleur que lui. Il est peut-être possible d’oublier le passé et de partir d’un nouveau pied.