Grande dépression

Who needs friends? With his coalition in a perpetual state of near collapse, Germany’s economy in a doom loop and the vast majority of Germans convinced he’s doing a horrible job, Scholz concluded it would be a good time to alienate Germany’s allies as well.

Politico Berlin de vendredi

L’Allemagne va extrêmement mal. Et son chancelier est un désastre. Voilà ce que je lis depuis pas mal de temps. Il a rejoint M.Trump et « sleepy Joe » (Biden), dans le camp de M.Poutine.

Etonnant ce qu’un pays minable comme la Russie peut parvenir à faire. Cela devrait donner de l’espoir à tous les damnés de la terre !

Tolérance

“We see AfD taking over the Russian narratives and, honestly, this is for me the source of biggest concern, because if Germany turns its back against Ukraine and the … European Union, we will be in big, big trouble.” Jourová said, 

Politico.eu de mercredi dernier

Le président Poutine manoeuvre l’opinion occidentale.

La démocratie a une curieuse caractéristique : c’est sa tolérance de la trahison, qu’elle soit de gauche ou de droite. Elle ne connaît ni le Goulag, ni le Novitchok.

Propre de la liberté ? Non seulement, on peut dire n’importe quoi, mais il y a peut-être un grand intérêt à jouer les parasites (tant, bien sûr, que M.Poutine n’est pas chez nous). Peut-être aussi que la liberté donne une force et un élan qui compensent (parfois) tous ces handicaps ?

Para bellum

Buy American?  It may sound crazy, but one option for Germany to go nuclear is to simply ask Uncle Sam if he’ll sell some. Like Russia, the U.S. stockpile numbers about 6,000, but Washington agreed with Moscow that both sides would only keep about 1,500 activated. If Germany acquired about 1,000 nukes with its larger European allies, the Continent would have it’s own deterrent, Terhalle argues. 

Politico Berlin Bulletin de vendredi

Qui l’eut dit ? Effet Trump. L’Allemagne envisage sérieusement de s’équiper de missiles nucléaires.

Son idée est que le seul moyen de se garantir d’une attaque de M.Poutine est le nucléaire. Elle ne peut plus compter sur la protection de l’OTAN.

Super Trump

Qu’il est grand le pouvoir de Trump ! Qu’il murmure et les élus républicains l’exaucent.

Mais aussi les gouvernants européens. Il leur a dit que s’ils ne dépensaient pas 2% de leur PIB à la préparation de la guerre, il demanderait à son pote Poutine de les envahir. Eh bien, ils s’émeuvent, envisagent sérieusement d’obtempérer, et nomment un chef de guerre commun, polonais de surcroît.

Trump, ceinture noire de changement ?

Guerre économique

L’UE envisage de nommer un commissaire à la guerre. Ce serait un Polonais. Il devrait son poste à l’action combinée de MM.Poutine et Trump.

What it wouldn’t be: A geopolitical role that could overshadow national defense prerogatives, particularly on nuclear weapons.

What it could be: An industrial policy role geared toward shared needs on ammunition and deploying EU investments into arms development programs spread out over several countries. 

Politico.eu d’hier

Comme je le disais, c’est de nouveau une question de politique industrielle. Et l’armement, à condition qu’on ne l’utilise pas, est la meilleure des politiques industrielles. Du moins on n’a rien trouvé de mieux. (J.K. Galbraith espérait qu’il serait remplacé par la conquête des étoiles, mais il n’a pas été entendu.)

Il semblerait que les « fous du marché » aient tort : ce n’est pas la concurrence qui fait la fortune des nations, mais une forme de planification étatique, qui rend l’avenir prévisible.

Cadavres

Hungary vows to defy EU ‘blackmail’ over Ukraine funding
Hungary has vowed to defy EU pressure to approve a four-year, €50bn aid package to Ukraine, condemning as “blackmail” a proposal to undermine its economy if it fails to back down.

Financial Times, lundi

J’ai observé, il y a déjà très longtemps, que la part très majoritaire de tout changement consistait à s’occuper des « cadavres que l’on avait laissés dans les placards ». Ces placards en disent peut-être long sur la façon dont la société vivait jusque-là.

Après l’envahissant M.Poutine, l’imprévisible Trump, l’Allemagne dépressive, voici le parasite hongrois…

(PS. Dans mes missions, il y a généralement une dizaine de cadavres…)

(PS2.

EU agrees €50bn support package for Ukraine
The EU has agreed a €50bn financial support package for Ukraine within the bloc’s shared budget, the president of the European Council said on Thursday.

“We have a deal,” said Charles Michel in statement on X. “All 27 leaders agreed.” The statement suggests Hungarian Prime Minister Viktor Orbán has rescinded his veto against the package.

Financial Times du 1er février

…)

Allemagne année 0

Je vois passer des nouvelles laissant entendre que l’Allemagne a un coup de blues. Curieusement, les agriculteurs allemands, par exemple, se sont mis à manifester comme des Français, et avant les Français !

Il n’y a qu’à demander pour être exaucé par Christine Ockrent. Son émission, Affaires étrangères, chez France culture, parlait de la question.

Si je comprends bien, l’Allemagne a choisi la rigueur. Plus rien ne va dans son modèle. Il était basé sur les exports en Chine, le gaz russe, le parapluie américain. Tout est remis en cause. Elle aurait les moyens de s’en sortir : l’avenir est à l’industrie, or elle est industrielle et riche. Mais elle est paralysée. Serait-elle atteinte du mal français ? Elle est déprimée par le spectacle d’un gouvernement sans charisme. Elle attend, sans rien faire, les prochaines élections, en espérant que M.Trump, entre-temps, ne règnera pas sur les USA. Elle pense absorber la récession. Seulement, c’est au peuple qu’elle veut en faire payer le prix. Précédent Schroeder. Et cela c’est une rupture du traditionnel pacte social. D’où manifestations, grèves et extrême droite.

L’Allemagne devient un pays normal. La génération imprégnée des leçons de la guerre disparaît. Il faut s’attendre à ce que le pays soit désormais bancal, comme les autres nations européennes.

Mauvaise nouvelle pour l’Europe. Elle ne peut plus compter sur aucun de ses sauveurs historiques, ni sur les USA, ni sur l’Allemagne. C’est l’âge des responsabilités ?

Euro et paysan

Agriculteurs très en colère. Un écologiste écrivait, l’autre jour, qu’il y avait méprise, que le Green deal n’en voulait pas aux paysans. Question de conduite du changement ?

De temps à autre, nos gouvernements réussissent un changement. L’euro en est l’exemple type. Comment s’y sont-ils pris ? Ce fut un changement soigneusement planifié, de longue durée. 10 ans. (Déroulé.)

Et ce n’était pas un changement facile : il a demandé la participation de beaucoup de monde, en particulier des directions des systèmes d’information qui ont dû lancer des projets de mise à jour de grande ampleur. Et, finalement, de nous tous. En outre, il avait commencé par un vote.

Pourquoi n’ont-ils pas fait de même cette-fois ? Pourquoi ont-ils cru qu’il suffisait d’inscrire des objectifs dans une loi pour que, par miracle, ils se réalisent ? Nouvelle génération de politiciens ?

La caverne et le changement

VDL’S CLIMATE DILEMMA: Commission President Ursula von der Leyen is caught between an increasingly hot rock and a hard place on climate change, as her own party is campaigning against the very green policies she has spearheaded.

Two sides of the same coin: Von der Leyen — who has championed the EU’s Green Deal — has vowed to enact ambitious legislation to slash net emissions to zero by 2050, aiming to limit the effects of climate change. But the center-right politician, and likely EPP candidate, needs to deal with a party that wants to defend diesel cars and farmers and is calling for a moratorium on green laws.

Politico.eu du 19 janvier

Ennuyeux ? La championne du Green deal est maintenant en opposition avec son propre parti ?

Le changement tel qu’il est mené en Europe, suite.

Dans un premier temps c’est une question « d’idées », au sens de Platon. Les intellectuels remportent l’épreuve sans opposition. Personne d’autre qu’eux ne s’intéresse au sujet, d’ailleurs. Ils font une hypothèse implicite : les gouvernements sont tout puissants. (Curieusement, lorsqu’ils n’ont pas le pouvoir, ils se révoltent contre lui…) Mais quand l’affaire revient dans la caverne des simples mortels, tout change. Et la réaction est violente. Et si la réalité s’y trouvait, dans la caverne ?

Le changement pour les nuls

Des Pays-Bas à la Roumanie en passant par la Pologne, l’Allemagne ou la France, les exploitants multiplient les actions contre le Green Deal européen et la hausse des taxes sur le gazole… Le tout, sur fond d’inflation et de concurrence des importations ukrainiennes.

Le Monde de samedi

Dans mes livres, je parle de deux types de changement. Il y a le changement planifié et le « tir au journal ».

Le changement planifié part du principe qu’il faut demander leur avis à ceux qui vont devoir appliquer le changement, et concevoir avec eux sa mise en oeuvre. Ce qui paraît simple bon sens. Kurt Lewin appelait ce changement « démocratique », par ailleurs.

Le tir au journal consiste à prendre une décision et à rectifier le « tir » en fonction des réactions qu’elle provoque.

Mais il y a tir au journal et tir au journal. La première version améliore le tir. La seconde conduit à se planquer, une fois que l’on a été pris la main dans le sac. C’est celle qu’adopte la plupart du temps notre gouvernement.