Responsabilité sociale des entreprises

La loi dite « OMNIBUS » a retiré au « pacte vert européen » l’essentiel de sa substance. En particulier l’obligation de produire un rapport de « durabilité » dit « CSRD » ne s’étend plus qu’à un petit nombre d’institutions, qui pour la plupart l’avaient déjà fait. Pour les autres, il a été remplacé par une procédure simplifiée, volontaire.

En fait, il n’est pas certain que cela change grand chose. Depuis le début le « pacte vert » joue sur le levier financier : si vous ne pouvez pas faire la preuve de votre « vertu », vous n’avez pas de financement. Les banques imposent cette règle. Et les grandes entreprises font de même avec toute leur chaîne de fournisseurs.

Le changement est ailleurs. Il concerne la perception que nous avons de cette information « extrafinancière ». Aujourd’hui elle souffre de son association avec un courant idéologique qui s’est fait beaucoup d’ennemis. Or, il s’agit réellement d’un travail, vital, concernant la « durabilité » de l’entreprise, au sens propre du terme. Il la force à envisager, ce qu’elle ne fait jamais, l’avenir et la solidité de son modèle économique. Alors, elle découvre, comme disent certains, que « 80% de sa valeur n’est pas dans son bilan ». Bref, elle doit faire, pour la première fois, un travail de stratégie, sur les risques et les opportunités, les forces et les faiblesses, et sur le plan d’action qui doit en résulter.

C’est aussi un changement massif pour l’expert comptable. Au lieu de se contenter de « regarder dans le rétroviseur », ce qu’on lui reproche et qui a peu d’intérêt, il doit aider l’entreprise à se projeter dans l’avenir. Avec tout ce que cela signifie de provisions et autres conseils de bonne gestion.

Kaja Kallas

Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, ancienne première ministre d’Estonie. La BBC lui consacrait un « profile ».

Elle descend de toute une lignée de dirigeants de la nation estonienne. Ce qui a valu à sa mère de se retrouver, à 6 mois, en Sibérie.

J’ai retenu de l’émission une anecdote : son père emmène sa famille à Berlin, ils passent à côté du mur, qui ne tient qu’à un fil, respirez la liberté, leur dit-il (en substance).

Liberté ? Et si c’était ce qui est en jeu, actuellement ?

Existentialisme

Contrairement à ce que laisse entendre ce blog, je trouve que l’Europe répond bien au choc Trump Vance Musk.

En particulier, Kier Starmer, que je pensais, avant son élection, un homme droit et qui m’inquiétait. Il a fait passer l’Ukraine avant les intérêts immédiats de son pays, pourtant mal en point. Le chancelier allemand semble aussi revenir sur ses convictions et sur la ligne de son pays. Quant à M.Macron, il est fidèle à lui-même.

Existentialisme : c’est dans la tourmente que se révèle la nature de l’homme. (Et dans la paix que triomphent ses défauts ?)

Quant à la suite ? M.Trump ne va-t-il pas rapidement finir par être rattrapé par la complexité du monde ?

Doit-on espérer que cela arrive tôt ?

Lièvre vert

Hier, il était écrit dans la Tribune : « L’Europe donne un coup de frein à ses ambitions climatiques« .

Nos écologistes auraient-ils dû lire le lièvre et la tortue ?

Ou mes livres. Car le changement en force ne passe jamais. (Sauf bombe atomique ou équivalent.) Pour qu’il réussisse, il faut une forme de consensus populaire.

Et, à ce jeu, le « populiste » est beaucoup plus habile que l’intellectuel. Surtout s’il passe après que celui-ci se soit aliéné la population ?

(Kurt Lewin semble avoir vu juste, il y a une « bonne forme » de changement. Un changement « démocratique », qui aboutit à un consensus intelligent, et non « populiste ». C’est ce qu’il nomme le « changement planifié ».)

Petite Amérique

Guerre ukrainienne. J’entendais, samedi, un général anglais dire que, en cédant sur toute la ligne à Poutine, l’Amérique de Trump avait montré qu’elle n’était plus le leader du « monde libre ».

Pour arrêter les velléités expansionnistes de Poutine, il faut que les budgets militaires européens représentent 4% des PIB nationaux, et que bien plus de 100.000 soldats européens occupent l’Ukraine.

Il va falloir trouver 2% de PIB en plus. Voilà qui va nous forcer à regarder en face l’inefficacité de notre Etat ? Ce qui serait un bien. Ce qui serait aussi un bien, serait de remettre les USA à leur juste place, de puissance parmi les autres.

Grand théorème de systémique : la complexité du monde donne le contraire des désirs qui veulent s’imposer par la force ? Mais aussi pensée pour Hegel. Chaque nation semble avoir eu son moment de folie, suivi par une remise à sa place. France, Angleterre, Allemagne. En 89, les USA ont cru que leur modèle culturel avait triomphé, l’avénement du Messie était imminent. Depuis on ne subit que contre-coups de cette funeste illusion…

Le ridicule tue ?

Fidèle à ses habitudes, M.Trump fait trembler le monde, en particulier ceux qui devraient être ses alliés. Vu le précédent nord coréen, qui devait lui valoir le prix Nobel de la paix, on peut douter qu’il en ressorte quoi que ce soit de durable.

Europe left reeling by Trump’s announcement of US-Russia peace talks over Ukraine
European officials fear they will have to bear the cost of postwar security and reconstruction as they reel from being cut out of US-Russia peace negotiations on Ukraine.

Financial Times, 13 février

Le monde est aux mains d’un agent immobilier !

Espérons que l’Europe se montre à la hauteur de l’agression, et qu’elle lui serve désormais de leçon ?

Copyright

Nous sommes en retard ! Nous sommes en retard en intelligence artificielle, notre industrie a une guerre de retard ! Il faut rattraper les Chinois, les Indiens, les Américains. Voilà ce que l’on dit au plus haut niveau de l’Etat. Là où se trouve l’élite intellectuelle.

Mais le plus haut niveau de l’Etat a-t-il réfléchi un instant ? Car est-ce que les Chinois, les Indiens et les Américains sont heureux ?

Certes les Chinois et les Indiens nous ont écrabouillés en nous achetant la corde pour nous pendre. Mais qu’ont-ils gagné ? Demain ce sera eux qui fabriqueront des avions et des voitures, mais nous n’auront pas les moyens de les acheter, car nous n’aurons plus d’économie. Mort, où est ta victoire ?

Et si, au lieu de regarder chez les autres, qui feront toujours ce que nous ne savons pas faire, nous regardions chez nous et fassions ce qu’ils ne savent pas faire ? Peut-être aurions-nous quelque-chose à échanger ?

Naïveté

La façon dont j’écris ce blog fait que mes commentaires apparaissent plusieurs jours, parfois des semaines, après avoir été publiés. C’est la cas pour Affaires étrangères de France culture…

Samedi 4, cette émission parlait de M.Poutine et de l’Europe qui reconnaissait sa « naïveté ». Mais, elle n’entend pas ce terme comme le ferait le commun des mortels. La naïveté n’est pas une erreur dont on aurait honte. C’est l’excuse de la lâcheté. Oublions nos principes et vendons votre âme au diable, si cela peut nous sauver ?

Apprenti sorcier ?

Le pari de la spécialisation par les seules forces du marché est un échec, ose écrire Draghi. La dynamique vertueuse n’a pas été enclenchée : la concurrence devait générer efficacité productive et marges, lesquelles à leur tour devaient générer les investissements dans la R&D qui devaient favoriser la montée en gamme. Cette montée dans la spécialisation à son tour devait générer une hausse des exportations. Ce processus vertueux a été activement poursuivi et pour le favoriser on a banni les champions nationaux, les aides publiques ont été traquées et des politiques commerciales permissives ont été pratiquées.

Article concernant le rapport Draghi

Ce que l’on peut interpréter comme : ceux qui passent leur vie à faire des remontrances à la population, à la qualifier d’arriérée, avaient tort, et sont à l’origine de la situation regrettable de la nation.

L’erreur est humaine bien sûr, même si le coupable n’est pas la victime. Mais ce qui est curieux est que les critiques qu’adressent ses opposants au gouvernement ne parlent jamais de ce sujet. Elles sont de l’ordre au mieux du borborygme. Le gouvernement aurait-il le monopole de la raison ?

Scénario grec ?

DRIVING THE DAY: LE PEN AND YOUR POCKETBOOK

EUROZONE CRISIS FOR CHRISTMAS? National Rally leader Marine Le Pen could have the fate of the European economy in her hands. She and her far-right party are weighing whether to vote against French Prime Minister Michel Barnier’s budget. That would not only pull the plug on his fragile coalition government, but also terrify financial markets and send shockwaves around Europe.

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You thought Greece was bad? A decade ago, huge public debt in Greece almost toppled the single-currency eurozone. It exposed how crises couldn’t be contained in one country as the economies of Portugal, Ireland and Spain teetered, and big beasts like France and Italy felt the heat, too. This time, France is the one with the debt crisis, and Germany — once the stabilizing force — is facing its own political and economic turmoil.

Politico.eu hier

Cet article s’intéresse à l’Europe, mais pas à la France. Ce qui est bien. Mais, lorsque l’on est Français, on peut s’interroger sur ce que signifie avoir été Grec il y a 15 ans.

En tous cas, les paroles de notre président peuvent laisser songeur :

Le président élu Emmanuel Macron, pour qui « la France l’a emporté » avec sa victoire à l’élection présidentielle face à la candidate du Front National Marine Le Pen, a promis dimanche soir qu’il « ferait tout » dans son quinquennat pour qu’il n’y ait « plus aucune raison de voter pour les extrêmes »

Article de 2017