Osons agir ensemble

L’Allemagne croyait avoir une relation spéciale avec la Russie. 55% de son gaz vient de ce pays. Et elle n’a plus d’armée. L’économie la plus puissante de l’Europe risque de passer un mauvais moment. 

Au fait, sur quoi était construit cette fameuse puissance ? Une illusion ?

Le capitaliste vend la corde pour le pendre. Tout le monde semble avoir beaucoup aimé M.Poutine. L’Angleterre est pleine d’oligarques, les banques françaises ont de gros intérêts en Russie, les Italiens semblent être à la fois français et allemands… 

Quant aux frontaliers, si, eux, se méfiaient de l’empire russe, ils risquent malgré tout d’être balayés par une vague d’immigrés.

Il est probable qu’aucun de ces problèmes n’est bien grave, si l’Occident combine ses forces et va au secours des pays ou des entreprises en difficulté. Pourquoi, par exemple, ne pas lancer un programme de réduction de la consommation énergétique, qui ne soit pas que de l’incitation mais une réelle démarche de « recherche et développement », scientifique et systématique ? 

Pourquoi ne pas s’inspirer de la façon dont l’organisation américaine a gagné la guerre en 40 ?

Guerre à l'Europe

M.Poutine veut une Russie forte, ce qui signifie qu’il ne s’arrêtera pas à l’Ukraine, lit-on. 

L’Europe est dans la situation de la France en 40. Son mal ? Ce que l’on pourrait appeler une « civilisation supérieure », qui ne peut concevoir qu’il existe des esprits primaires assoiffés de sang, mais aussi l’individualisme pathologique de « l’idiot utile », qu’il soit grand patron, homme politique ou intellectuel, dont les pulsions sont le jouet du dictateur étranger. 

Et, en plus, il y a la Chine…

L’Europe peut-elle apprendre de la France ?

(Et d’Athènes, disloquée par l’individualisme ?)

Guerre en Ukraine

Apparemment, l’Occident a été pris par surprise par une guerre que M.Poutine préparait depuis dix ans…

M.Poutine, Johnson, Trump et coronavirus sont probablement bons pour l’Europe. En la menaçant, ils la forcent à faire face à ses contradictions. Et à les résoudre en urgence absolue. Ce qui est terrible à dire. 

Ce qui l’est aussi c’est de constater à quel point elle s’était laissé aller, et à quel point elle est fragile. Peut-être, même, n’avait-elle plus conscience « d’être » ? Les nations, l’Europe, l’Occident, c’était dépassé ?

Ce qui ne tue pas renforce, dit Nietzsche…

Stupidité massive

M.Poutine veut envahir Kiev, parce qu’elle possède des « armes de destruction massive », lisait-on hier dans Politico.eu. 

Une leçon que nos « forces du bien » devraient méditer ?

(« PUTIN’S SPEECH: Putin announced his decision to move into Ukraine in a flabbergasting televised speech to his nation. He unleashed a litany of false charges about Ukraine posing an acute threat to Russia’s security, claiming Kyiv was preparing to arm itself with nukes: “With the appearance of weapons of mass destruction in Ukraine, the situation in the world, in Europe, especially for us, for Russia, will change in the most radical way,” he said.« )

De la démocratie en Angleterre

Chaque matin BBC4 parle de ce qui s’est passé au parlement. 

Les Anglais n’aiment pas leurs hommes politiques, et pourtant je trouve que leur système politique pourrait être un modèle. 

En effet, il est passionnant d’entendre des gens intelligents s’interroger sur un problème. D’autant que, contrairement à chez nous, le « constituant » est resté important pour le député. Il parle de son terroir.

Cela m’a fait penser à ce que je lis sur l’action européenne de M.Macron. J’ai l’impression que l’on n’en est pas informé. Ne serait-il pas utile d’avoir, justement, l’occasion d’entendre M.Macron dire : voilà mon diagnostic de la situation, voilà ce que je compte faire ? Avantage supplémentaire cela ferait de l’UE un sujet d’intérêt pour la population, qui ne se sent pas concernée, faute d’une information correctement formulée.

Une démocratie réelle serait probablement celle du doute. Les hommes politiques ne seraient pas supposés être omniscients. Ils apporteraient leur part de savoir, d’expérience, de convictions, et d’inquiétude pour l’intérêt général, à la résolution d’un problème. La chambre des députés servirait à instruire des dossiers. 

Ukraine : tous perdants ?

Le génial M.Poutine a trouvé une arme extraordinaire : le gaz, la vache à lait de son Etat ! Et il a réussi. Il freine efficacement la croissance de l’Europe. Demain une crise ? La guerre ukrainienne fait deux victimes : l’UE et la Russie. Le reste du monde va très bien. Merci. 

Or, M.Poutine dirige un empire comprenant des dizaines d’ethnies dont certaines, comme les Tchétchènes, ne restent pas en place. Or, que pèsent 140 millions de Russes, et encore pas tous slaves, face à un milliard et demi de Chinois ? Un temps les Russes ont dit qu’ils étaient « asiatiques ». Je doute qu’ils soient vus ainsi par les vrais Asiatiques.

Quel est l’intérêt de la Russie à affaiblir l’Europe, son meilleur client. Surtout celui qui pourrait, si elle était aussi habile que les Chinois, lui apporter ce qui manque le plus à son peuple : la prospérité ? 

Paradoxe du changement, et des familles : alors que, dans son intérêt à long terme bien compris, on doit coopérer, pour des raisons, à court terme, incompréhensibles tellement elles sont minables, on s’affronte.

(Suscité par deux émissions de France Culture, l’une sur la crise gazière, l’autre sur le concept de frontière dans la culture russe.)

Les OGM sont parmi nous

La Grande Bretagne reprend la culture des OGM disait la BBC. Elle profite de ce qu’elle n’est plus soumise à la législation européenne. 

Le Brexit a été annoncé comme la libération du génie entrepreneurial anglais. Il se révèle être un naufrage. Le seul accord commercial conclu par l’Angleterre, par exemple, est avec l’Australie. Un pays de vingt millions d’habitants. Et si je comprends bien ce que j’entends, elle a beaucoup abandonné pour l’avoir. 

Après avoir voulu conquérir la France, l’Angleterre a joué le diviser pour régner, de façon à maintenir l’Europe dans un équilibre de forces qui ne la menace pas. Aujourd’hui, il est très vraisemblable qu’elle cherche à utiliser cette technique pour exploiter l’union. 

Ce n’est pas parce qu’on est incapable de rebâtir un empire que l’on n’a pas le droit de vivre ?

Désunion européenne ?

Ecouter la BBC a un effet miroir. 

L’autre jour, un journaliste interviewait un ministre irlandais au sujet des différends entre la Grande Bretagne et l’UE. Le journaliste expliquait que le gouvernement anglais estimait que l’UE est toujours la première à lâcher lorsqu’on lui impose un rapport de force. D’où sa tactique. 

Il n’est pas impossible que ce soit ce que tout le monde pense. Et même que ce soit le cas. 

Cause ? Manque de solidarité ? L’Union n’est pas une union ? 

France forte ?

Querelle de la pêche. La BBC interviewe, samedi dernier, un représentant du port de Calais. Il est désolé. De tels embarras pour seulement 40 bateaux. Auparavant la BBC avait annoncé que la France avait demandé à l’UE de décourager le séparatisme. 

Peut-être que le gouvernement a compris que Boris Johnson a adopté la tactique du voleur chinois, ou de la grenouille. Qui vole un oeuf vole un boeuf, autrement dit. Zéro tolérance. 

Et si l’on n’arrêtait pas là ? Et si la France se convertissait à la doctrine Trump / Poutine ? Le rapport de force ?

Et l’Allemagne, comme réagirait-elle ? Elle est forte économiquement et faible moralement ?

Panne électrique

Pourquoi, en termes d’énergie, tout semble aller de mal en pis ? L’opinion d’Elie Cohen. Il est tentant de dire que c’est la faute de l’Europe. Obsession de la libéralisation et fantasme des énergies renouvelables. L’Europe a vécu des décennies d’illusions. Le réveil risque d’être difficile. Surtout pour ceux qui n’ont jamais rêvé. 

« La certitude de devoir décarboner le mix, de faire supporter au consommateur final un coût grandissant et la volonté d’échapper au chantage politique des Poutine et autres détenteurs de la rente fossile devraient nous permettre d’écarter nombre de faux débats et éviter les arbitrages politiques de court terme. Mais ces évidences ont du mal à s’imposer. »