Stratégie chinoise

J’entends parler de la Chine, à droite et à gauche.

Première observation : il est amusant à quel point nos intellectuels si prompts à nous accuser d’être des complotistes, le sont facilement. Il n’en faut pas beaucoup pour qu’ils prédisent que le coronavirus va faire des ravages en Chine. La voix de la raison, lorsqu’elle se fait entendre dans leurs débats, leur rappelle qu’il ne faut pas exagérer : la variante actuelle du virus est peu mortelle. (Le Chinois tirerait-il les marrons du feu ?)

Quant à la désorganisation chinoise, elle n’est pas plus terrible que la nôtre au début de l’épidémie.

C’est peut-être d’ailleurs l’enseignement qu’ont tiré les Chinois : l’amateurisme occidental est efficace. A ce sujet, mon biais de confirmation a été flatté par la conclusion d’une émission de Christine Ockrent sur ce sujet, qui disait, comme moi, que la Chine est pragmatique.

Pour le reste, elle s’est remise à diviser l’Occident pour régner, et les gouvernements européens, seraient tout à fait prêts à l’écouter, à condition qu’elle soit discrète. Caractéristique de la démocratie européenne : pactiser avec le diable plutôt qu’affronter le mécontentement populaire ?

Méchants Français

On n’en parle pas chez nous. D’après ce que je lis depuis quelques temps, M.Macron et M.Scholz, se sont alliés pour tordre le bras des Européens, et non seulement organiser le protectionnisme européen, mais surtout en faire profiter leurs multinationales au détriment des autres économies. France et Allemagne récupéreraient 80% des aides, 50% pour l’Allemagne, et 30% pour la France.

Curieux que M.Macron ne s’en vante pas… En France, l’efficacité est discrète ?

(Bien sûr, on dira que, une fois de plus l’Etat ne voit que pas la multinationale. Mais, peut-être qu’il espère ainsi la ramener à son rôle de « champion national », la « relocaliser » ? Quant aux autres entreprises, elles n’ont pas d’argent, mais elles ont du talent ?)

Ile chinoise

La Chine fut une des questions de l’année. Que se passerait-il si la Chine envahissait Taiwan ? me suis-je demandé. La France, une fois de plus, ne serait-elle pas le dindon de la farce ?

Je lisais mardi matin que « silencieusement » les constructeurs automobiles modifient leur approvisionnement pour qu’il ne dépende plus de la Chine. Ailleurs, il était dit que M.Biden accélérait la politique de M.Trump d’isolement de la Chine. L’Europe l’imiterait.

Xi Jinping aurait-il fait preuve de précipitation ? Comment se traduit « hybris » en chinois ?

(Quant à la presse française, elle s’identifie tellement à l’extrême gauche démocrate, qu’elle est incapable de voir les continuité de la politique américaine.)

Qatargate

Cette fin d’année aura été celle du Qatargate. Le Qatar aurait corrompu des parlementaires européens.

Ce blog s’intéresse au changement, et, ce cas semble significatif d’une sorte de loi de la nature. A savoir que l’infection attaque le système immunitaire. Ici, les corrompus étaient au dessus de tous soupçons. C’était, d’une part, des parlementaires, et d’autre part des politiciens de gauche.

Résumé en deux mots : au coeur du scandal est l’ONG « Fight Impunity » ?

Rien d’étonnant en ce qui concerne le Qatar : on lui reprochait son traitement des droits de l’homme, il avait besoin que les champions de ces droits changent de discours.

Mais pour les parlementaires ? Ils étaient tellement surs d’être les combattants du bien qu’ils refusaient tout contrôle de leur institution. Probablement par ce qu’il n’aurait pu être que le fait des forces du mal. Ainsi, ils tentaient le diable. (Si je comprends bien, c’est la justice belge qui a découvert la forfaiture.)

Doit-on, surtout, soupçonner un « effet Tartuffe ». Ou une « innovation » au sens du sociologue Robert Merton : notre société nous encourage tellement à avoir certaines opinions que nous les tenons même quand notre nature s’y oppose ?

Begret

Brexit, désillusion ? J’entendais l’autre jour le dirigeant de la fédération des pêcheurs dire que les promesses du Brexit n’étaient pas tenues. (La prospérité des pêcheurs, qui devait en résulter, était un argument majeur en faveur du Brexit.)

L’Angleterre a-t-elle eu tort de se retirer de l’UE ?

Je ne le crois pas. Les Anglais ont peut-être perdu en PIB, mais ils ont gagné en sagesse. Quant à l’UE, elle n’avait aucun espoir d’exister, avec l’Angleterre en son sein.

Iran

Christine Ockrent (Affaires étrangères, France Culture, samedi dernier), interrogeait ses invités sur la situation iranienne. Je retiens :

Comme dit dans un précédent billet, le mécontentement semble massif.

L’Iran aurait parié sur l’effondrement de l’UE. Il aurait attendu d’être en position de force pour discuter avec elle. Cela ressemble à la stratégie que je prête aux Russes : on ménage les forts (les USA), on frappe les faibles (l’UE).

Scénario coréen ? Ce type de régime est-il attiré vers une stratégie de la terreur nucléaire ?

Comme pour la Russie, l’Occident aurait peur d’une dislocation de l’Iran. Il fait tout pour l’éviter. Ce qui est étrange, car il n’a eu aucun souci de la dislocation de l’Iraq ou de l’Afghanistan. En tous cas, sachant cela, les Iraniens et Russes peuvent tout se permettre.

Et l’intellectuel occidental ? Il ne s’inquiète plus des droits de l’homme de dictatures à poigne de fer, sa critique porte sur le Qatar et son propre pays. Comme le Russe ou l’Iranien, l’intellectuel ne s’en prend qu’à ce qui est sans danger ?

(Un article revient sur la stratégie de prise d’otage occidental du gouvernement iranien et se demande si l’obsession du nucléaire iranien et d’une déstabilisation du régime par les « modérés » n’était pas un piège tendu par le régime iranien à l’Europe. Et s’il ne serait pas plus judicieux de jouer sur les aspirations légitimes du peuple iranien.)

Mal allemand ?

« Distancée par l’Allemagne dans sa capacité à amortir le choc de l’inflation, la France l’est aussi dans sa stratégie industrielle. Alors qu’Emmanuel Macron défend une Europe souveraine et défend une stratégie de réindustrialisation par les relocalisations, le voyage du Chancelier Olaf Scholz à Pékin montre que le modèle économique allemand continue, comme la Chine, de reposer sur la mondialisation et le mercantilisme. » lisait-on dans la sélection des articles de la Tribune.

L’Allemagne a été « l’homme malade de l’Europe », maintenant, l’Europe est malade de l’Allemagne ?

Depuis, au moins, sa réunification, elle décide seule, en fonction exclusivement de ses intérêts immédiats. Ce faisant elle nous impose crise sur crise. D’ailleurs, sans aucune cohérence (hier elle était écolo militante, désormais il n’y a pas plus polluant).

Sa force, c’est l’équipe. Elle décide vite, et l’exécution de la décision est collective et impeccable.

Il faut, dans notre intérêt et le sien, que l’on parvienne à la maîtriser ? Pour cela, il faut que l’on apprenne d’elle : l’union fait la force ?

Mettre un terme à deux mille ans de défaites gauloises, voilà un défi digne de nous ?

La vie en mots clés

Quelles sont vos valeurs ? voici une phrase que l’on entend de plus en plus.

Ce blog, me dit que les « étiquettes » que j’utilise le plus son : France, USA, Angleterre, crise, UE, Livre (l’étiquette dont je me sers pour identifier mes résumés de lecture), changement, culture, Allemagne, Chine.

Cela représente sûrement les préoccupations de ce blog. Je m’inquiète de mon équipe, avant tout, la France. Et de changement. Je ne veux pas la changer, car on ne change pas une équipe qui perd, selon moi. Mais l’amener à déployer les ailes qui l’empêchent de marcher.

La crise, c’est la période dans laquelle nous nous sommes engagés, période redoutablement dangereuse pour une équipe aussi faible, mais aussi occasion de métamorphose.

Et les acteurs de la crise et du changement sont les puissances qui règlent la vie de ce monde : les USA, et son ancêtre, la perfide Albion, l’Allemagne et la Chine. L’absence de la Russie révèle les causes de la guerre de Crimée : M.Poutine ne vient que récemment de trouver le moyen d’atteindre son objectif : faire parler de lui.

Quant à l’UE, elle est comme la France, faible. Mais elle a probablement eu un effet toxique pour ses membres, en absorbant et véhiculant des idéologies contraires aux intérêts et cultures européennes. De cinquième colonne, elle doit devenir solidaire, et championne de l’intérêt collectif.

Enfin, ce blog parle de « culture », au sens anthropologique du terme. L’anthropologie est mal aimée en France. Or, je la considère comme « l’arme absolue » du changement. C’est la véritable « socio logie ». La science qui permet de comprendre une société, tout groupe humain, comme être.

Europe désunie

L’Amérique relocalise à grande vitesse. En premier lieu les semi conducteurs. Car, si M.Xi envahit Taiwan, il n’y en aura plus.

Et l’Europe ? Rien.

M.Scholz, apparemment, pense qu’il faut garder les meilleures relations avec l’empire du milieu. Je lisais quelque part que l’on s’étonnait qu’il répète l’erreur que l’Allemagne a commise avec la Russie.

Non seulement l’Europe est désunie, mais elle serait en proie à une bien dangereuse idée : l’économie de marché. Comme les illusions de M. Scholz, elle semble insubmersible. Impossible, dans ces conditions de s’unir pour se défendre. Et encore moins pour attaquer.

Illustration de deux traits culturels : la vitesse à laquelle les USA renient leur discours, et l’inertie du cerveau des élites européennes (toujours sous l’emprise du discours américain).

(Ce que disait le Financial Times, lundi dernier :

TSMC: the Taiwanese chipmaker caught up in the tech cold war
Washington wants the company that dominates semiconductors to move more production to the US but Taipei is resisting)

Campagne de Russie

Les éléments semblent se conjuguer pour attaquer les fondations de notre société, dis-je, depuis quelques-temps. En fait, M.Poutine est peut être le plus résolu et le plus efficace de ces « éléments ». Il cherche, systématiquement, ce qu’il peut faire pour disloquer l’Europe. (Article.)

Bien sûr, on ne s’en prend qu’aux faibles. Pas question de défier les USA. Courageux, mais pas téméraire.

Peut-être serait-il temps que nos gouvernements cessent de nous faire croire que nous pouvons dormir en paix, et qu’EdF, par exemple, fera le miracle de remettre ses centrales en fonctionnement. Peut-être devrait-on se demander quelle tactique adopter face à quelqu’un qui nous a déclaré la guerre ? Et comment colmater les multiples brèches de notre pays et de l’Union Européenne ?