Coopérative ferroviaire : la fin de l'Etat jacobin ?

Voilà que l’on parle de réouvrir une ligne ferroviaire entre Lyon et Bordeaux. Relier Lyon à Bordeaux par Paris serait plus rapide, mais il y aurait d’autres avantages.
Lesquels ? Renforcer les échanges économiques entre villes qui sont sur le trajet, et donc renforcer les entreprises locales et susciter de nouvelles implantations ? Favoriser le tourisme : la ligne fait penser à un chemin des écolier au coeur de la France ?…

Autre curiosité : elle serait administrée par une coopérative.

Fin de l’Etat jacobin, cela commence ? Les régions prennent en main l’aménagement de leur territoire ?

En tout cas cela pose la question de l’équilibre économique du projet, puisque l’on entend qu’il coûte très cher d’entretenir une ligne de chemin de fer, d’autant que, faute d’effet d’échelle, le matériel risque d’être acheté au prix fort. (A moins que la SNCF-Etat jacobin ne soit très inefficace.)

Gratte ciel

Deux gratte-ciels à La Défense, dit-on. Cela fait longtemps que le projet a été lancé. Mais il a du mal à démarrer. (Ils grattent peu : 320m seulement, c’est modeste.)

Et la question des transports, me suis-je demandé. Les voix d’accès à la Défense me semblent proches de la saturation… Phénomène Velizy ? De l’utilité d’un minimum d’aménagement du territoire ?

SNCF et la bataille du bus

La bataille du rail ridiculisée par celle du bus ?
M.Macron conduit le changement. Le bus attaque le train. La SNCF semble avoir décidé que la meilleure défense était l’offensive. Elle va mettre des bus partout. Mais elle n’est pas la seule. Les monstres du transport vont utiliser les grands moyens. Stratégie : « mettre beaucoup de bus sur les routes rapidement pour capter la demande« . Transdev, Flixbus (allemand), Megabus (anglais). Comme lors de la libéralisation des télécoms, cela va-t-il faire des victimes ? Sans compter que les routes du covoiturage sont visées. Des start up pourraient elles boire un bouillon ? Certains trajets ferroviaires vont-ils être liquidés ? Le contribuable va-t-il devoir renflouer la SNCF ? Quid des embouteillages ? De la pollution ?…
Étrange que cette idée ait été lancée au moment où la France organise la COP21 ? On devait avoir besoin de bus pour transporter ses participants…

Après la tempête libérale, un monde exsangue ?

Révolution dans l’enseignement supérieur. Les MOOCs vont transformer l’enseignement supérieur. Pas vraiment parce que ça marche, car ce n’est pas au point (« il faut que la pédagogie des MOOCs s’améliore très vite »), mais parce que l’éducation supérieure est en faillite. Raison ? Inflation monstre de ses coûts, notamment salariaux. Et aussi parce qu’on lui en demande de plus en plus. Notamment une formation continue de la population. Les MOOCs devraient surtout bouleverser les universités les moins prestigieuses. Les autres devraient conserver un enseignement traditionnel. Le Brésil, en exemple ? L’enseignement public, gratuit, y est aux mains des riches. Une énorme entreprise privée s’est emparée de la formation supérieure des moins favorisés. D’où nécessité de réduire les coûts par reengineering de l’éducation.
Dossier spécial Pologne. La Pologne comme modèle ? Très rapide développement, elle n’a pas subi la crise de 2007. Pour une fois la subvention de l’UE (plus de 200md€ !) semble avoir été bien utilisée. Mais, à quel prix ce succès ? La Pologne est en voie de désertification. Les jeunes la fuient. Le taux de natalité y est extraordinairement faible (1,3). L’économie repose sur la sous-traitance (donc de bas salaires ?) et ne semble pas avoir trouvé de moteur propre. Etrangement, l’Espagne ressemble à la Pologne. Son économie redécollerait. Mais le pays paraît exsangue, sans beaucoup de garde fous contre une violente rechute. En France, M.Valls porte le boulet Hollande. La marque de fabrique de M.Renzi : on ne comprend pas ce qu’il fait, mais on a envie d’y croire. Le mouvement comme stratégie ? The Economist, pense, finalement, que M.Juncker est un bon bougre et qu’il faut lui laisser une chance. Aux USA, l’infrastructure de transport est en ruine. Elle n’a quasiment pas évolué depuis les années 60. 50% des ponts doivent être remplacés. Boeing propose des avions à ailes pliables, de façon à ce qu’ils entrent sans dommages dans des aéroports d’un autre temps. « La plupart des systèmes de contrôle aérien sont moins sophistiqués que la technologie d’un smartphone. » Il va falloir augmenter les impôts…  En Iraq, les alliances changent. Les intérêts du moment font que les USA, l’Iran et M.Assad font un bout de chemin commun. Face à eux, Al Qaïda rassemble les perdants et les pauvres. Et ils sont nombreux dans la région.
Alstom serait l’avenir de GE. GE se transforme. Ses activités financières occupaient une part très importante de ses affaires. La crise de 2007 a montré que c’était dangereux. Sans compter que Jack Welsh semble avoir fait du ENRON pour gonfler le prix de l’action. GE redevient donc industriel, international, innovant. Et semble décidé à être un des grands du logiciel. Les pays du golf tentent un hold up sur le transport aéronautique. Cas particulier du Qatar : sa stratégie est d’entrer en minoritaire dans des compagnies et de les aider à se transformer.
« Les marchés financiers ressemblent de manière inquiétante à ceux de 2007 ».
Après le gaz de schiste, voici le schiste bitumineux. Les réserves sont colossales. De nouvelles techniques permettraient d’éviter les risques écologiques qui jusque-là avaient empêché son exploitation.
Bis repetita ? Richard Nixon aurait dû son élection au rejet par l’Amérique d’en bas d’une Amérique de gosses de riches manifestant pour les droits civiques. Sa tactique fut de parler à l’instinct, pas à la raison. 

The Economist contre Internet

Qu’arrive-t-il à The Economist ? La semaine dernière il reconnaissait qu’avoir donné le pouvoir aux hommes d’affaires était une erreur. Cette semaine, trois articles s’en prennent à Internet.
On y lit que l’usage de Facebook cause la déprime chez les adolescents : chacun n’y parlant que de ses triomphes cela renvoie le lecteur à sa médiocrité. (« L’émotion la plus fréquemment suscitée par l’usage de Facebook est l’envie. ») La relation directe, au moins, nous met en face des hommes tels qu’ils sont. On y lit aussi qu’Internet produit stress et désorganisation, avec pour premières victimes les créatifs. Tout d’abord parce que le traitement des mails prendrait un quart de la journée, en moyenne. Mais surtout parce que l’homme vit en permanence son travail. Bref, on pensait utiliser Internet au service de l’homme, et c’est le contraire qui s’est produit. « Il y a certainement des raisons d’en faire beaucoup moins – de rationner les emails, de réduire le nombre de réunions, de se débarrasser de quelques dirigeants excessivement zélés. Depuis quelques temps s’impliquer dans son travail a un retour sur investissement négatif. Il est temps d’essayer une stratégie bien plus radicale : prendre du recul. » Mais ce serait surtout en dehors de l’entreprise que la perte de productivité produite par Internet serait la plus violente. Internet a remplacé l’emploi fixe traditionnel, par un emploi précaire, peu productif. « Les auto-entrepreneurs (40% de la création d’emploi en Angleterre) travaillent plus longtemps – 6 % de plus que les employés – mais leurs revenus horaires moyens sont moins de la moitié de ceux des employés. » Internet a aussi « transformé certaines branches de l’économie – la vente de détail, la musique et l’édition, par exemple -, en grande partie en détruisant des modèles économiques existants. » « Internet, par opposition (à l’usine), semble atomiser la force de travail. En donnant un plus grand contrôle au possesseur de capital, il pourrait expliquer pourquoi les profits aux USA sont au plus haut depuis l’après guerre. »
Pour le reste, pas grand-chose de neuf. L’Egypte semble partie pour un scénario algérien. Que ce soit du côté des frères musulmans ou de celui de l’armée, l’affrontement stimule, en quelque sorte, les forces du mal. Des composants extrêmement dangereux, masqués jusque-là, s’affirment et s’affrontent. Inde / Pakistan. L’économie pousse les deux pays à s’entendre. Mais c’est tout. L’avenir ? Peut-être des « décennies de troubles – « une série de crises ponctuées par l’apathie » ». En attendant, l’Inde construit une marine de guerre moderne avec porte-avion, et sous-marins nucléaires. Israëlmodifierait sa politique d’implantation. De la Cisjordanie, elle irait vers le Néguev. Mais, une fois de plus, c’est au détriment des populations locales (Bédouins). Israël, par ailleurs, relâche une poignée de prisonniers, en signe de bonne volonté. Ce qui n’est pas suffisant pour les Palestiniens, pour qui les prisons israéliennes ont quelque-chose d’un rite de passage (« 750.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes (depuis 1967) » « 5071 Palestiniens seraient derrière les barreaux, pour des actes de violence ou de subversion à motivation politique. »). Pour sa part, l’Amérique, est le premier incarcérateur mondial, loin devant la Chine. « Un Américain sur 107 était derrière les barreaux, en 2011 – le taux le plus élevé au monde – et un sur 34 était sous « surveillance correctionnelle » (soit sous les verrous, soit sous probation, soit en liberté conditionnelle). Un noir a 3,6 fois plus de chances d’aller en prison en Amérique qu’en Afrique du Sud, en 1993, juste avant la fin de l’Apartheid. » Mais le pays a décidé de se réformer. « Le coût élevé de la prison a attiré l’attention à la fois de la gauche et de la droite. » La vertueuse Suède pourrait passer à gauche. Le parti au gouvernement est pris entre une montée du chômage (8%) et un mouvement anti immigration.
L’industrie des médias commencerait à profiter d’Internet. Les revenus passeraient de « produits physiques » au numérique, téléchargement et streaming, de la vente à la location. (Remarque : aux USA, les livres électroniques représenteraient 30% des ventes totales.) Aussi, l’industrie sortirait de ses activités traditionnelles. « Les journaux entrent dans de nouveaux métiers tels que le marketing et les conférences. » Quant aux fonds activistes ils en ont après les entreprises de haute technologie, comme Apple. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies d’un argent qu’elles ne savent pas utiliser. Et qu’elles ont du mal à changer assez rapidement (cf. Microsoft). Qui a tué par le glaive… ? L’Europe cherche à développer le fret ferroviaire. Pour cela, il s’agit d’aménager des « corridors » aux travers de l’Europe. Mais cela coûte cher, demande des collaborations entre Etats, et, de toute manière, le rail est moins flexible que la route. En tout cas, il semblerait que ce marché doive-t-être dominé par les chemins de fer allemands. Pour sa part, un entrepreneur américain envisagerait de construire des trains sous vides.
Et les groupes d’oiseaux n’entreraient pas en collision en se posant, parce que, grâce à leur capacité à repérer le champ magnétique, ils adoptent tous le même angle d’atterrissage. 

Renaissance de l’impérialisme japonais ? Europe, au bord de la dislocation ?

Le Japon, paralysé et malade, devient brutalement le meilleur élève du libéralisme. Et ses réformes à la cosaque semblent réussir. Que lui est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé à son premier ministre ? Son précédent mandat n’avait-il pas été pitoyable ? Sursaut d’orgueil. La Chine menace le Japon de disparition. Alors, le Japon veut en revenir à ce qui a fait sa gloire. Ce qui signifie tenter le tout pour le tout, pour se tirer de son marasme économique. Et éliminer de sa constitution l’influence occidentale. Inquiétant ?

Quant à l’Europe, elle passe un mauvais quart d’heure. L’Angleterre est sur la pente glissante de la sortie. David Cameron est de plus en plus fermement contraint par le jeu politique à tenir ses promesses de référendum. D’ailleurs, les liens commerciaux du pays avec l’Europe s’affaiblissent (mais représentent encore 50% de ses exportations). En Allemagne, la coalition qui pourrait sortir des élections est incertaine. Un nouveau parti vient d’émerger, à droite de Mme Merkel. Il demande la fin de l’euro (mais pas de l’UE). L’idée pourrait marquer l’opinion, et le dit parti empêcher les alliés naturels de Mme Merkel d’obtenir les minima pour être représentés. Et les pays européens vont-ils longtemps tolérer leur perte de souveraineté ? Ici, la BCE propose son « aide en échange d’une approbation de l’austérité et de réformes structurelles. » « Cela semble du chantage à certains électeurs de nations débitrices. » Là, le gouvernement d’Andalousie découvre qu’il ne peut pas aider des sans-logis, du fait de l’accord de renflouement des banques espagnoles. L’Europe est partout en récession. Elle est à l’image de son marché de l’immobilier : « les performances contrastées du marché de l’immobilier reflètent et renforcent la tendance générale vers une économie mondiale à trois vitesses. Les marchés sont généralement forts dans les économies émergentes, en rapide développement. Le redressement du marché immobilier américain va contribuer à soutenir la reprise engagée par ailleurs. Le mal affectant de nombreux marchés immobiliers européens est une raison supplémentaire pour laquelle l’Europe est à la traîne. » Aurait-elle été plombée par la BCE de M.Trichet ? Une comparaison avec Fed et Banque d’Angleterre, montre que la BCE a curieusement voulu combattre une inflation inexistante, par des taux élevés. Et a insisté pour « demander que les gouvernements réduisent leurs déficits en échange de son assistance ».

Rien ne va plus en Iran. Lors des prochaines élections, le clan du président va devoir faire face à deux gêneurs. M. Rafsanjani et un poulain de M.Amadinejad. L’Amérique latine se divise entre les bons, l’Union du Pacifique, libres-échangistes, et les mauvais, membres du Mercosur, socialistes. La piraterie se déplacerait, de la Somalie, tenue en respect par l’armada de l’économie mondiale, au delta du Niger. Aux USA, les Républicains cherchent de mauvaises querelles à M.Obama. Histoire, à nouveau, de le paralyser. L’international n’est pas porteur. L’interventionnisme de l’Etat, si.

Il y a tout de même de bonnes nouvelles. Les élections pakistanaises semblent éloigner le risque de chaos (en particulier terroriste). Le parti de la famille Bhutto serait en perdition.

Poussées par les politiques monétaristes des banques centrales, les actions s’envolent. L’entreprise Sony perd beaucoup d’argent. Elle est attaquée par un activiste américain. Il veut lui faire vendre ses studios. Mais ses difficultés viennent de la perte de sa créativité. Drame japonais. La commission européenne part en guerre contre les panneaux solaires et les équipementiers télécom chinois. (Je m’interroge: manœuvre de l’Allemagne et de la France ?) Une étonnante histoire de changement. Le conteneur aurait été une révolution ! Il aurait transformé l’économie mondiale, en facilitant le transport des biens : « plus gros bateaux (…) réduction massive du temps passé dans les ports (…) réduction par deux du voyage porte à porte (…) réduction du pouvoir de négociation des dockers, et du nombre de grèves (et) des pertes pour vol (…) De plus grands ports, moins nombreux (…) il a été possible d’échanger économiquement un plus grand nombre de biens (…) les chaînes d’approvisionnement ont pu devenir plus complexes et plus généralistes. » Et cela aurait permis le miracle des pays émergents : ils n’auraient eu qu’à utiliser ces nouvelles routes, pas à en construire de nouvelles.  
Revue de livres. L’humour juif serait récent, associé à la culture Yiddish, et politesse du désespoir. Ce n’est pas les tensions internationales qui disloqueront la Corée du nord, mais la différence de niveau de vie avec le sud. Alors, attention au chaos (au moins régional) qui va s’ensuivre. Peut-être faudrait-il hâter la dislocation, par la technique utilisée contre l’URSS ? Personne n’est intéressé. L’Egypte ancienne, société stable et hiérarchisée, n’avait pas besoin de monnaie. « La monnaie a été l’instrument qui a permis aux sociétés postérieures de se libérer de l’ordre social et de devenir individualistes. Avec l’argent est arrivée la spéculation et ses crises financières endémiques. » Solution ? Les Etats ne devraient plus assurer les flux financiers. Payer pour ses erreurs éliminerait spéculation et crise. 

La Grèce fait appel aux Cosaques ?

Aperçu du fonctionnement du chemin de fer grec :

l’OSE (2500 km dont une bonne partie en voie étroite) n’assure que 0,5 % du transport passager et 2,5 % du transport fret. Surtout, alors que ses recettes ne sont que de 100 millions d’euros par an, ses dépenses atteignent 1 milliard d’euros annuellement (…). La dette cumulée de l’OSE atteint au moins 10 milliards d’euros (soit 400 millions d’euros d’intérêts par an, ce qui représente quatre fois ce qu’il perçoit en revenus). (…) La raison de cette gabegie ? Les salaires des quelque 5000 employés qui pèsent 300 millions d’euros. (…) le salaire moyen hors charges sociales des heureux cheminots grecs s’élève à 47.000 euros par an (…) certains conducteurs de train (quasiment vides) touchent plus de 100.000 euros par an. En dix ans, les salaires ont augmenté de 50 % sans aucune augmentation de la productivité… Le coût de l’entretien d’un réseau ubuesque (…) explique le reste de ce déficit abyssal. (Les coulisses de Bruxelles.)

Effet de l’entrée dans l’euro ? En tout cas, l’État grec n’a pas le courage de réformer son chemin de fer. Il pourrait le donner aux Chinois ou aux Russes. Eux savent se faire respecter… 

Communication et changement : définir un objectif

Mon billet précédent sur la communication est un peu trompeur. Car il existe des dirigeants qui savent réaliser le changement par le verbe. D’ailleurs, ils n’ont pas besoin d’agence de communication pour cela. Comment font-ils ?

Pour commencer, voici le problème à résoudre. Un exemple, au moins. Depuis des années, je fais faire l’exercice du paradoxe aux participants à mes cours. Je leur demande si quelque-chose les a frappés dans une entreprise pour laquelle ils ont travaillé, dans leur vie quotidienne, dans la politique… et s’ils peuvent trouver à ce « paradoxe » une logique. Effectivement, beaucoup de choses les ont frappés. Leur explication ? Incompétence ou malhonnêteté.

Ce résultat s’applique à mon cas. Des expériences simples montrent que ces participants me croient spontanément incompétent et malhonnête. Il en est de même dans l’entreprise : à de rares exceptions près, tout nouveau plan est interprété comme une preuve d’incompétence ou de malhonnêteté.
Et maintenant, un exemple de réussite. Je donne, ailleurs dans ce blog, l’histoire de Christian Kozar, à l’époque directeur général du Courrier de la Poste. Il a eu à fermer ses centres de tri. Changement, dangereux, alors que des conflits, infiniment plus modestes, paralysaient périodiquement la société ? Pourtant, les syndicats ont adhéré au plan. Christian Kozar leur a expliqué qu’il fallait des « centres de tri internationaux ». Les centres de tri doivent se trouver aux nœuds des réseaux de transport mondiaux, alors qu’ils étaient placés « à côté de gares où les trains ne s’arrêtaient plus ». L’argument était imparable.
Ces exemples illustrent deux résultats fondamentaux :
  • La communication ne doit rien cacher. La pratique française qui consiste à dissimuler les nouvelles susceptibles de mécontenter le personnel a des effets désastreux. Non seulement il n’est pas dupe, mais, bien pire, il invente une interprétation de ce qu’il ne connaît pas fondée sur l’incompétence et la malhonnêteté de ses dirigeants.
  • Au contraire, prouver que le changement est un défi qu’il faut relever dans l’intérêt collectif met spontanément l’organisation en mouvement.
Et voici comment formuler l’objectif d’un changement et pourquoi cela est aussi difficile. En effet, un objectif est bien défini si vous êtes si bien convaincu de son intérêt pour la collectivité que, en conséquence, vous ne redoutez le regard de personne. D’une certaine façon vous devez être prêt à périr pour votre cause. L’organisation le verra. Elle saura que vous êtes honnête. Reste à lui démontrer que vous êtes compétent.
Pour cela, il existe une technique  pour définir un objectif au changement. Elle est en trois composants.
  1. Objectif quantitatif symbolique, qui traduit indirectement la raison profonde de la transformation.
  2. Analyse objective et indiscutable de la situation actuelle, telle que perçue par l’organisation.
  3. Raisons (indirectes) qui feront le succès du changement. Ces raisons sont de deux ordres. Les compétences que l’organisation a démontrées ; les moyens que vous lui apportez pour réussir le changement.

Autrement dit : oui, vous connaissez la réalité, vous n’êtes pas, comme tant de dirigeants, un brasseur de chimères ; oui, vous avez compris dans quelle direction devait aller l’entreprise ; oui vous lui proposez un changement qui est dans ses cordes ; et oui, vous lui apportez les moyens dont le changement a besoin pour réussir.

Costa : et un bateau à la dérive…

Un bateau échoué, un autre à la dérive, est-ce un hasard, ou la compagnie Costa est-elle victime du syndrome BP ?

Rien de ce qui est dit sur elle ne laisse penser que sa culture ait fait passer l’argent avant la sécurité de ses passagers. Cependant, il semblerait que le dernier incident soit déjà survenu. Peut-être le type de navire qu’elle emploie pose-t-il des problèmes nouveaux ? 

Réforme des taxis et libéralisme

Comme évaluer la virilité d’un économiste libéral ? À sa volonté de déréglementer la profession de taxi.

Son argumentation ressortit au simple bon sens, dirait M.Guéant. Les taxis sont des « rentiers ». Si on leur imposait une concurrence parfaite, on aurait une création immédiate d’emplois peu qualifiés, et un transport facilité. Simple question de courage, dirait M.Sarkozy.
Pas si sûr. The Economist explique que la déréglementation des taxis pose des problèmes de mise en œuvre extrêmement complexes. En fait, la réglementation actuelle résulte avant tout de tentatives successives de corriger les excès d’un marché libre. (A fare fight)
En outre, si je ne prends pas le taxi, c’est qu’il est généralement plus lent que les transports en commun. J’imagine qu’une réforme des taxis devrait aussi s’accompagner d’une modification de l’infrastructure routière.
Dans ces conditions, pourquoi un tel acharnement ? Parce que l’économiste libéral n’aime pas voyager en transports en commun ?