Marcel Schwob

France culture rediffuse une émission consacrée à Marcel Schwob.

Il est totalement oublié alors qu’il aurait eu une considérable influence sur les écrivains de son temps.

L’émission parlait d’un roman qui eut du succès, des nouvelles apparemment un rien absurde, et une surprenante traduction de Hamlet. Traduction qui m’a fait penser qu’il était peut être absurde de s’attacher servilement au texte initial. Pourquoi ne pas en tirer des interprétations nouvelles, s’il en a le potentiel ?

Trahison automatique

Je ne voulais pas passer de temps à traduire. J’ai utilisé le traducteur automatique de Word. Surprenant. Très « colloquial ». Je n’aurais jamais écrit comme cela.

Mais, en relisant, je constate que ce qui m’épate n’est peut-être pas juste. En fait, ce qui se comprenait très bien en français n’était pas réellement clair. Il était même un peu paresseux. Plus exactement, c’était une forme de figure de style. Une façon de rendre l’article agréable à lire en reprenant les usages de la langue parlée. La machine a procédé à une traduction littérale.

Curieusement, la même mésaventure était survenue avec un traducteur humain. Je comptais faire traduire mon premier livre. Une traductrice anglo-saxonne fait un test. Son travail paraît impeccable. Jusqu’à ce que je prenne conscience qu’il y a complet contre-sens. Ce que j’écrivais n’était pas aussi évident que je le pensais.

Il est possible, donc, qu’il faille s’adapter à la machine, si l’on veut être traduit correctement. Et que la machine ne puisse comprendre la subtilité de la pensée humaine, justement parce que cette pensée ne s’exprime pas d’abord de manière écrite, mais par la parole. Donnons des oreilles à l’intelligence artificielle ?

Amicalement vôtre

Le hasard m’a amené à lire la fiche que wikipedia anglais consacre à The persuaders, la série américaine qui se nomme « Amicalement vôtre », chez nous.

Courte série, qui n’a connu qu’une saison, et qui n’a pas eu le succès attendu dans le monde anglo-saxon, mais, qui a réussi, quasiment, partout ailleurs. (Et que j’ai découverte, dans mon enfance, en lisant Pif, illustré communiste, que je trouvais dans la salle d’attente du coiffeur de ma ville communiste.)

Tout ce succès semble tenir à la traduction. La série jouait sur une antithèse culturelle : la différence de langue entre l’aristocrate anglais, et l’Américain. Comme c’était intraduisible, il a fallu trouver un autre artifice. Ce qu’auraient fait les Allemands. Curieusement, le doublage français serait une traduction de l’allemand…

« On peut violer l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants. » aurait dit Alexandre Dumas. En ce qui concerne la traduction, c’est une condition nécessaire ?