Surtourisme

Surtourisme, un terme que j’ai découvert post covid.

Maintenant, il en est question partout. Les lieux « touristiques » sont envahis. Venise, la Grèce… décident de sévir.

Résultat du confinement ? Je me demande plutôt si ce n’est pas la conséquence de l’enrichissement des pays pauvres. Il en résulte l’adoption du modèle occidental, qui n’est pas durable, d’une manière générale.

Comment convaincre nos concitoyens étrangers de ne pas nous imiter ? En inventant un modèle vertueux qu’ils aient envie d’imiter ?

Portrait de l’écologiste

Suite à un billet précédent concernant le « sur tourisme », j’ai enquêté sur la psychologie de l’écologiste.

L’échantillon très militant mais non significatif qui m’entoure, voyage énormément. Justification : on le mérite bien, vu ce que l’on fait pour la « cause ».

Pour l’ensemble de mon échantillon, la « cause » résulte en du « business ».

Ce qui est logique, lorsque l’on y réfléchit bien.

Changement climatique

Paradoxe : il n’y a jamais eu autant de tourisme. Entre les pauvres qui protestent, et les riches qui voyagent, qui est prêt à faire le moindre sacrifice pour la transition climatique ?

Et, il y a pire : il y a des milliards de « sous développés » qui désirent notre train de vie ! Et qui l’auront sans doute.

Or, les solutions que l’on nous propose ne marchent pas. La batterie électrique, la mine de lithium… est-ce bon pour l’environnement ? Et, d’ailleurs, est-ce efficace ? Et les énergies dites « propres », le sont-elles autant que cela ? J’entendais qu’en Angleterre, on propose aux riverains de nouvelles lignes à haute tension des dédommagements, et qu’ils les refusent.

Le jour où l’étude du changement ne sera plus censurée, la transition climatique sera un cas d’école ?

La réinvention du tourisme

J’entendais dire que les Anglais ont passé leurs vacances en Angleterre. Ce qui a à la fois fait les affaires et rendu fous les restaurateurs et hôteliers locaux : l’Anglais est exceptionnellement mal élevé. (Ce que tous mes amis qui s’occupent de tourisme savaient depuis bien longtemps.)

Partout les citoyens découvrent leur nation. 

Déjà, l’année dernière, le Jura était la seconde destination touristique française, ce pourquoi il n’était pas prêt. Eloge aussi de la lenteur. Aller d’un endroit à un autre sans prendre l’autoroute, hors de prix, mais par le chemin des écoliers, en s’arrêtant ici et là pour découvrir que nous habitons, vraiment, un beau pays. Les apéritifs chez le producteur feraient fureur. 

Augmentation de Bonheur Intérieur Brut ? En réduisant ses dépenses de temps et d’argent, dans les déplacements au long cours et dans des lieux aseptisés, la vie s’enrichit ?

Les bénéfices du tourisme

La renaissance des campagnes dit que sur 150md de recettes du tourisme français, 100md viennent des Français. 

Réflexe gaulliste ? On s’enorgueillit de ce que beaucoup de gens nous rendent visite. Mais, pour la plupart, ils ne font que passer. Leur destination est ailleurs. En outre, dans l’ensemble, ils dépensent peu. 

Question : on parle de chiffre d’affaires, mais quels sont les coûts de ce tourisme, notamment en termes de gène pour le Français commun, qui n’a pas grand chose à y gagner ? N’y aurait-il pas un moyen d’avoir un tourisme de meilleur qualité ? Moins nombreux, mais plus agréable ? Et peut-être qui nous aime plus ? 

(PS. J’ai interviewé un professionnel du tourisme. Il partage ce diagnostic. Pour lui, dans les 100 millions de touristes, il y en aurait au moins 30m sans intérêt. La course au chiffre serait essentiellement politique : tout ministre rêve de pouvoir annoncer des records, et, surtout, que la France est le premier pays touristique au monde.)

Tourisme

Apparemment, le gouvernement voudrait qu’il y ait cent millions de touristes en France. Mais, ailleurs, où le tourisme a beaucoup cru ces derniers temps (Espagne), la population se révolte. Car le tourisme provoque de sévères désagréments. Particulièrement lorsqu’il est le fait des Anglais. (Une émission de France Culture, ce matin.)
Le libéral dit : le tourisme rapporte de l’argent, donc il est bon. Seulement, le tourisme rapporte à certains, et coûte aux autres. D’ailleurs, ceux qui ont le plus à gagner ne sont pas forcément des nationaux. En particulier, AirBnB prend 17% du prix de la location. Alors on répond : réglementons. Interdiction de posséder des résidences secondaires en ville, par exemple. (Cela se ferait à Amsterdam, selon l’émission.) D’où la situation actuelle de la France : à coups de réglementations faites par un corps législatif qui vit dans l’abstraction, on parvient à des aberrations. 
Echec et mat ? Il existe un troisième type de technique de conduite du changement. Il consiste à « organiser l’autonomie ». C’est le « changement planifié ». Après une analyse de la question, tirée par le bas, le haut met en place le dispositif qui permettra à ce même bas de réaliser le changement tout en en profitant. C’est la technique qui a été utilisée par les Américains pour mettre en oeuvre le plan Marshall, afin qu’il ait des effets positifs pour tout le monde, notamment pour eux. 
(Selon Kurt Lewin, ce changement est le changement démocratique. Entre dirigisme et laisser-faire, il y a une troisième voie.)

Les paradoxes de La Rochelle

Ce blog est bâti sur le paradoxe, quels sont les paradoxes de La Rochelle, à laquelle j’ai rendu visite il y a quelques temps ?
J’ai trouvé sa vieille ville très commerçante, et ses magasins aussi beaux que ceux que j’avais admirés dans les galeries marchandes de Detroit. Y aurait-il une cause commune ? Une culture, commerçante et protestante, identique ? Mon analyse est-elle objective ?
J’ai aussi été surpris par le culte que l’on y rend à un de ses anciens maires. Ici, on lui a élevé un monument (fort laid : des portes de prison), là on rappelle un de ses faits d’arme : il a abattu des habitations pour y planter un arbre… Curieux, comme la Gauche semble avoir besoin de saints, elle qui pourtant a fait un nettoyage ethnique de ceux de la République.
Pour le reste on y trouve, mélangés aux hordes de touristes, des représentants d’une forme de cour des miracles probablement attirée par les Francofolies, solidement encadrée par une police municipale diligente. Ville de Bobos ? L’illusion de l’aventure en toute sécurité ? Manuel Valls et les Roms, bis repetita ?

Le Parisien comme guide

5 minutes d’avance à un rendez-vous. Deux couples de touristes ont le temps de me demander leur route.

J’ai un mode de repérage qui fait que je surcharge aussi peu que possible mon esprit d’informations inutiles. Je ne me perds pas, mais j’ai bien des difficultés à indiquer une route, y compris dans mon quartier. Il va falloir que tout ceci change, et que je me forme au renseignement. D’ailleurs, il me semble que tout Parisien devrait faire de même.
Pendant longtemps j’ai pensé le contraire. N’était-il pas honteux que le tourisme profite plus à certains (Bernard Arnault par exemple) qu’à d’autres (moi) ? Ces derniers ne mériteraient-ils pas d’être dédommagés des externalités négatives qu’ils subissent (métro surchargé, bousculades…) ?
Mais c’est agréable d’être utile. Et puis, se sentir entouré d’amis est bon pour la santé, comme le dit un billet précédent.
Compléments :
  • Finalement, on optimise mieux sa fonction d’utilité en donnant qu’en recevant ? À quoi ressemble une théorie économique basée sur le don ?
  • Aristote (Ethique à Nicomaque) fait de la générosité une des vertus morales. Mais il semblerait qu’il n’ait pas prévu mon cas : n’est généreux que celui qui donne un bien matériel (tout ce dont la valeur se mesure en monnaie)…