Longue marche

Emission sur la longue marche. L’histoire est reconstituée a posteriori, semble-t-il.

Car, plutôt que vision géniale de Mao, il s’agit de « bruit et de fureur ». Les communistes chinois avaient une quinzaine de leaders et plusieurs armées, qui avaient choisi des routes différentes. Elles ont été bien plus préoccupées de se combattre les unes les autres que d’affronter leurs « ennemis ». Et on trouve en leur sein tout ce qui fut la Chine de Mao, l’essence même du totalitarisme, si l’on en croit Hannah Arendt : purges, et « révolution culturelle », liquidant (totalement) les intellectuels formés en URSS…

Finalement, ce qui aura fait leur succès aura été l’invasion japonaise.

(Donc les USA ? Qui en Afghanistan comme ailleurs ont l’habitude d’armer les ennemis de leurs ennemis, sans comprendre que les premiers peuvent être plus dangereux que les seconds ?)

(Une émission de In our time, de la BBC.)

Principe d'incertitude

Einstein disait que « Dieu ne jouait pas aux dés ». Il soupçonnait que la mécanique quantique était contre nature. Je me demande si ce n’est pas tout le contraire. 

Le fondement de la mécanique quantique, c’est le « principe d’incertitude d’Heisenberg ». En gros cela signifie que l’on ne peut rien connaître exactement. 

Or, il semble que cela soit aussi un principe de la vie : « qui veut faire l’ange fait la bête ». Un désir d’absolu produit son contraire : le chaos. C’est l’histoire de tous les totalitarismes, et le drame de la politique gouvernementale. 

Etre incapable de comprendre cela pourrait être le propre de l’homme, en particulier de l’élite intellectuelle : la raison est naturellement déterministe. 

Pour autant, le déterminisme n’est pas inutile. L’homme modélise, et la modélisation lui donne des idées. Et l’envie d’entreprendre. Alors il se jette à l’eau. 

Rien ne se passe comme prévu. Peut-être, alors, que, comme le pilote de chasse poursuivi par un missile, sa raison se débranche-t-elle ? Et il est sauvé par ses esprits animaux ? En tous cas, il atteint souvent une fin inattendue. Mais une fin tout de même. Une autre façon de comprendre « incertitude » ?

Masculinisme

Hier, le Monde dénonçait le « masculinisme » qui court sur les réseaux sociaux. 

Je découvre le phénomène et le mot. Mais, pourquoi ne pourrait-il y avoir que le « féminisme » ? 

J’observe depuis quelques temps que le féminisme qui a cours depuis quelques décennies s’est fait beaucoup d’ennemis. Par exemple, la créatrice d’un réseau de femmes chefs d’entreprise insiste sur le fait qu’il est ouvert à tous. Apparemment on lui fait un procès d’intention féministe systématiquement. De même, j’ai eu la surprise d’entendre une émission de la pourtant très vertueuse BBC, elle aussi, prendre ses distances vis-à-vis des excès du féminisme. 

Je me demande si je n’appartiens pas à une classe de « bons citoyens » qui croient ce qu’on leur dit. La couche du dessus la manipule. La colère de celle du dessous gronde. Mais, on ne le sait pas, parce qu’elle n’a pas accès aux moyens conventionnels d’expression. 

Avortement et énantiodromie

Le féminisme est devenu tellement puissant et agressif qu’aux USA on parle de « Feminazism ». 

Mais que résulte-t-il de son combat d’extermination des « forces du mal » ? La Cour suprême renie le droit à l’avortement. Un arrêt pris il y a 50 ans. 

Un recul de 50 ans !! Quelque-chose qui aurait été totalement inconcevable il y a seulement quelques années. Phénomène de systémique bien connu : l’énantiodromie. 

Même chose que le principe d’incertitude d’Heisenberg en physique : quand vous cherchez l’absolu, vous obtenez le chaos. C’est le « grand théorème » du totalitarisme, ou du déterminisme. 

Et le chaos est bien plus terrible qu’on ne le pense, disait BBC 4, samedi matin. Car les USA se préparent à une guerre fratricide. Le droit à l’avortement est désormais une prérogative des Etats. Les « pro Life » et « pro Choice » sont donc partis pour faire tomber les élus qui n’ont pas leur opinion. De grandes violences sont à craindre. (En particulier des « pro Life », pour qui la vie de l’embryon est plus importante que celle de leur prochain, lorsqu’il ne partage pas leur opinion.)

Désormais, la Cour suprême ne compte plus, elle ne remplit plus sa mission d’arbitre. Elle a perdu toute crédibilité. Or, comme le notait déjà Tocqueville, c’est la fondation même de la démocratie américaine !

Et si l’on étudiait la systémique ? 

Dire la vérité

Théorie du complot. Les gouvernements doivent-ils dire ce qui est vrai et ne l’est pas ?

Le gouvernement représente un parti politique. S’il dit la vérité, cela signifie que son opposition ment. On aboutit donc à un régime « totalitaire ». 

D’ailleurs peut-on « dire la vérité » ? La nature est complexe et, à proprement parler, incompréhensible. 

Et si le propre d’une démocratie digne de ce nom était le « forum » ou « l’agora » : organiser les conditions du débat, de la liberté de parole ? C’est de là que sort la vérité.

La vie est trop importante pour être laissée au médecin ?

Les plus de 75 ans doivent être vaccinés contre le coronavirus, entendais-je l’autre jour. 

Cela m’a fait penser à ce que me disait un anthropologue, qui avait séjourné en EHPAD. (Billet.) Les personnes âgées y sont entre les mains de l’industrie médicale. Elles représentent de « gros enjeux » pour elle. 

L’industrie médicale, d’une manière générale, s’est emparée de notre vie. Nous sommes, à proprement parler, ses « vaches à lait ». Une source de revenus, toujours croissante. 

Elle invente des procédures tayloriennes, dites « scientifiques » (comme le marxisme), et prétend qu’elles s’imposent à nous, sans que nous ayons le moindre mot à dire. La « prévention », en particulier, est devenue un very big business. La médecine nous a transformés en produit d’une chaîne de fabrication. 

Serait-il temps d’en sortir ?

L'intellectuel et le cauchemar

« Orwell est pourtant peut-être l’un de ceux qui ont le mieux analysé les cauchemars totalitaires du 20e siècle, dont nous venons tous. Il s’est en particulier concentré sur l’usage politique du langage et donc sur le rôle particulier des intellectuels, dans la fabrication des cauchemars.  » Big brother, cet inconnu, de France Culture.

En un temps où l’intellectuel est aux commandes du monde, ne devrait-on pas se demander s’il ne nous fabrique pas quelque cauchemar ? 

Sartre contre Camus, la revanche

On rejoue Sartre contre Camus. Avec l’avantage, de plus en plus, au second. 

Camus écrit « L’homme révolté ». Sa thèse est que la croyance en l’absolu produit le totalitarisme. C’est une thèse qui n’a rien d’original, et qui semble solidement étayée par l’expérience et d’autres auteurs. A cela Sartre répond que Camus, dans son livre, a cité des philosophes, sans bien connaître leur oeuvre. Autrement dit, l’élite, le normalien agrégé de philosophie, ne se bat pas avec la racaille. L’aristocratie usait du même procédé avec Voltaire. 

Ne serait-il pas utile que l’école normale supérieure se demande comment éviter que sa formation de philosophes n’accouche de sophistes ? Et, accessoirement, d’esprits totalitaires ? Sujet pour thèse d’ancien élève ?

Totalitarisme

Totalitarisme. Bien grand mot. Qui sait ce que cela signifie ? Terme d’insulte sans grande réalité ? 

Peut être, simplement, une pathologie sociale, une crise de folie de l’humanité ? 

Hannah Arendt disait « croire possible l’impossible », autrement dit croire au père Noël. Pour ma part, j’ai remarqué que certains pensent que la haine peut-être une solution aux maux de la société. Meilleure définition ?

Les dangers du militantisme

Les pathologies du militantisme. « Quelle que soit leur obédience, les organisations d’extrême gauche ont en commun d’être des « institutions voraces » ou « dévoreuses » (greedy institutions), d’exiger un engagement total » 

On découvre que les organisations plus ou moins humanitaires qui font l’opinion maltraitent leurs membres : « Deux éléments constitutifs les orientent vers la « voracité » et l’engagement total : leur aspiration à aller « à la racine » des maux qu’ils prennent en charge pour un changement en profondeur de la société les incline à l’intransigeance ; leur position en marges, qui les désigne comme subversifs pour l’ordre (social, politique ou sexuel), favorise sentiment d’adversité et repli sur soi déjà en germe dans leur volonté de rupture. La dynamique s’est vérifiée pour les groupes d’extrême gauche des années 1970 ; elle pourrait aujourd’hui se cristalliser avec la montée des polémiques stériles tout autant que caricaturales portées contre certaines causes. « 

On n’est pas loin de la secte. La société devrait-elle s’inquiéter dès qu’elle voit apparaître de tels phénomènes ?