Etat français

Différence entre la France et l’Angleterre. Ce qui compte pour la France, c’est « l’Etat », alors que pour l’Angleterre, c’est la « société ». Débat entre historiens. (Le lion et le coq.)

Cela explique, en particulier, les guerres civiles françaises. On s’y bat pour la domination du pays. Alors que l’Angleterre tolère, par nature, les divergences d’opinion et de religion.

Le vert de l’amitié

Phénomène Pétain ? L’anti écologisme est au pouvoir. Mais, contre qui en a-t-il ? Contre l’écologie, ou contre ses champions ? Va-t-il, comme Pétain, préférer le Nazi à ceux qu’il exècre ?

Comme le disait Aristote, la bonne solution se trouve au milieu des extrêmes. Ce n’est pas parce que le Bobo s’est aliéné l’opinion que son combat est mauvais. Il est mauvais parce qu’il s’est aliéné l’opinion. Et il se l’est aliénée par ce qu’elle n’aime pas ce qui lui est imposé. Cela s’appelle le totalitarisme.

Eternelle leçon de conduite du changement.

Le rire

Ce blog s’appelle « antichiant », parce que l’on vit à une époque où l’on se marre peu.

Bergson fait du rire un signal d’avertissement. Il prévient l’homme qu’il n’est plus humain. Qu’il est « mécanique ». Le rire rappelle, paradoxalement, à la raison.

Une société qui ne rit plus doit s’attendre au pire ? La dictature de tristes sires ?

François Châtelet

J’entendais le philosophe François Châtelet dire que la pente naturelle de l’homme est le système et la doctrine.

A partir de constats « objectifs » on construit le dit système. Et on prétend alors qu’il n’y a « qu’une » vérité. Souci initial de se rassurer qui finit en totalitarisme et terreur. (Curieusement, il citait à l’appui de sa thèse la dénonciation par Foucault de tels systèmes, alors que lui-même semble en avoir élaboré un. En fait, on ne dénonce jamais que le système de l’autre ?)

Le contre-poison serait la prise de conscience que la vérité est multiple.

Je me demande aussi si elle n’est pas en création permanente.

Schadenfreude

Celui qui suit ce blog doit soupçonner que je me réjouis de la débâcle des « climato-enthousiastes ».

Non que je ne pense pas que l’homme réchauffe le climat. Je crois même que nous faisons face à des problèmes bien plus graves. Celui-ci n’est qu’une diversion.

Mais ils représentent tout ce que je hais. Pire qu’un maccarthysme de gauche : le totalitarisme. Et la négation de la rigueur scientifique et de la démocratie. Et ils sont « chiants ». C’est ce que le moralisme fait de pire.

Comment a agi le « microcosme » qui en était le coeur ? Par « l’influence », par la manipulation des esprits, par la terreur. Il a prétendu qu’il y avait un « consensus scientifique », alors que la science n’est que recherche, donc doute. Manipulateur de mots, il a inventé « l’anthropocène ». Et même « gauche ». Car qu’avait-il de gauche, ce groupe d’ultra-privilégiés qui hait ses semblables ? Mouvement de Tartuffe, il terrorisait la société par la censure morale, la « cancel culture », et niait la réalité des maux de son prochain, tout en faisant le contraire de ce qu’il prônait. Il aurait été intéressant de lui demander un « reporting écologique », qu’il imposait aux entreprises.

Mais il y a bien pire que ce microcosme : la masse bêlante des « suiveurs » qui le singeait. Et dont une partie retourne sa veste. La banalité du mal.

Bien sûr, il n’y a rien de neuf. C’est l’inquisition catholique, Les possédés de Dostoievsky, L’homme révolté de Camus. La folie de l’utopie qui saisit l’intellect pur. Pourrait-on l’éviter ? Ou, avons-nous besoin, de temps à autre, de nous rappeler de son existence ?

Critique climatique

Qui oserait émettre la moindre question concernant le réchauffement climatique ? Le sujet est plutôt de savoir comment il explique tout ce qui nous arrive.

Au fait, comment qualifier un régime qui interdit toute critique ? totalitaire ?

La transition climatique telle qu’envisagée par nos écologistes est un flop. Alors ils s’époumonent. Complot de l’axe du mal !

Et si, au contraire, le changement réussi ne pouvait se faire sans critique ?

Bataille du passé

« Who controls the past controls the future » aurait dit George Orwell.

En écoutant les chaînes musicales, je me dis que ce pourrait être la devise de notre époque. Elles découvrent sans cesse des compositrices que seul le complot masculin a maintenu dans l’ombre.

Pourquoi ne pas dire, simplement, que l’on n’a plus envie de vivre dans la société de nos parents ? Pourquoi vouloir faire reposer l’ordre social sur une sorte de loi naturelle ?

Et si l’on prenait conscience que c’est un procédé totalitaire ? Peut être en arriverait-on à penser que la démocratie a des ressources tout aussi efficaces de conduite du changement ?

Kafka

Au temps du communisme, Kafka était interdit dans son pays. Suppôt du capitalisme, apparemment. Mais surtout, peut-être, il en fut un étonnant précurseur.

Et ce qu’il décrit est bien plus effrayant que ce que l’on croit. Dans son monde, comme dans les pays totalitaires, ce n’est pas la police qui fait la police, mais le voisin. Il suffit au pouvoir de laisser entendre que quelqu’un n’est plus en odeur de sainteté, pour qu’il ne puisse plus rien faire. Il ne peut pas se révolter : il n’a aucune preuve d’une condamnation.

Pire encore ? Kafka n’a pas été prescient, son modèle était la famille ! (Famille totalitaire ?)

Voilà ce que disait Milan Kundera, dans une vieille émission de France culture entendue récemment.

(Curieusement, Kafka avait demandé que l’on détruise son oeuvre. C’est la désobéissance d’un ami qui nous a valu de connaître un des chefs d’oeuvre du vingtième siècle. En a-t-on perdu beaucoup d’autres ?)

Du bonheur

Beaucoup de philosophes fixent à une société la mission d’apporter le bonheur à ses citoyens. L’homme ne cherche-t-il pas le bonheur ?

puisque toute connaissance et toute décision librement prise vise quelque bien, quel est le but que nous assignons à la politique et quel est le souverain bien de notre activité ? Sur son nom du moins il y a assentiment presque général : c’est le bonheur

Aristote, Ethique à Nicomaque

Mais que veut dire bonheur ? Personne ne le sait. En tous cas, pour eux, ce qu’il signifie est évident. Et ils se ramènent, comme en mathématique, à une optimisation. Il en résulte une société idéale. C’est le début du totalitarisme.

Même si le mot « bonheur » n’est pas clair, il semble tout de même sous-entendre une forme de passivité. Après-tout le paradis terrestre est un pays de cocagne. Et l’espoir de beaucoup de gens est de gagner suffisamment d’argent pour pouvoir prendre une retraite prématurée, et ne plus rien faire.

Mais ce bonheur est-il souhaitable ? Bergson parle « d’élan vital ». C’est l’élan de la création. Or, sans création, pas de vie ? Et elle procure une autre forme de récompense que le bonheur : la « joie« . (Pas mieux définie que le bonheur.)

Quant à moi, je me demande si le bonheur n’est pas « chiant ». Et si ce blog ne vote pas Bergson.

Le siècle français

Et si le 19ème siècle avait été le siècle français ? Les idées de la révolution ont gagné le monde.

Elles ont réveillé l’Allemagne, qui nous a livré trois guerres, dont deux mondiales. Elles sont à l’origine de l’URSS et de la Chine de Mao.

Le monde anglo-saxon semble s’en être protégé. Peut-être parce qu’il était immunisé : c’était ses idées ?

Quelles étaient-elles ? L’invention de l’intellectuel ? La raison qui commande aux éléments ?

Faut-il voir une répétition de la Boîte de Pandore ? Une illustration du Catastrophisme, dont il était question dans un précédent billet ? L’humanité « innove » en lâchant dans la nature des principes nouveaux. Ils font de formidables dégâts, jusqu’au moment où l’on parvient à les maîtriser ?