Étiquette : Tocqueville
Europe : match France Allemagne ?
A quoi tient l’avenir de la zone euro ? La France veut une solidarité financière, sans perdre sa souveraineté. L’Allemagne estime que cela est impossible. Il faut un gouvernement européen qui impose des règles communes et qui empêche un pays de se laisser aller à la débauche financière. Cela va de pair avec un réel contrôle démocratique.
Conséquences ? Même âge de la retraite partout, dépenses publiques uniformisées… (Zone euro : ce que veut Berlin – Coulisses de Bruxelles.)
Cela est-il aussi simple que cela ? Non, car si le modèle de la pensée Merkélienne sont les USA, ses Etats ne fonctionnent pas ainsi. En particulier, ils semblent avoir une forte autonomie (certains possèdent la peine de mort, pas d’autres, par exemple), et la capacité à la faillite. Il n’y a pas de discipline financière commune, à mon avis, mais quelques mécanismes d’ajustement, et une bonne volonté partagée. (Relisons Tocqueville.)
Autrement dit, je soupçonne qu’on est en face d’un affrontement d’idéologies : d’un côté un modèle germanique, de l’autre une vision française du dirigisme d’Etat.
Ce n’est pas comme cela que l’on négocie. Il faut passer du comment au pourquoi. Sans quoi on s’étripe sans se comprendre. Une fois que l’on est d’accord sur les principes, alors on peut discuter posément et efficacement de mise en oeuvre. En outre, il faut simuler le changement en entrant dans son détail. Sans quoi ses vices de forme nous éclateront, une nouvelle fois, à la figure. Et il faudra aller de crise en crise. Chacune pouvant être fatale.
L’erreur du neocon ?
Sigmund Warburg, fameux banquier, a une phrase qui me frappe : ce n’étaient pas les révolutionnaires de 17 qui étaient les vrais révolutionnaires, mais ceux qui ont défendu les valeurs de l’Ouest contre leur barbarie.
Le Français invente les lois
À répétition cette semaine on m’a parlé de grossières violations de la loi par le Français. Police, Éducation nationale, patrons, administrateurs d’association… tout y a passé, en seulement quelques jours.
- Il y a une histoire de ce genre dans l’Ancien régime et la révolution de Tocqueville. La réglementation par l’Ancien régime du droit d’expression était effroyable. On risquait sa tête pour un mot de travers. Mais elle n’était – presque – jamais appliquée. (Malheureusement ce « presque » fait de notre pays une nation de l’arbitraire, ce que n’avait pas vu Tocqueville, me semble-t-il.)
- L’opinion d’Aristote.
- D’ailleurs le Français ne respecte pas plus ce qu’il a appris à l’école. Probablement pour les mêmes raisons : l’école n’est pas très sérieuse. Mais il suit tout de même des règles. Les siennes. On peut les déduire de son comportement. C’est l’enseignement central du cours que je donne.
Angleterre et France : principes constitutifs
- L’Anglo-saxon depuis toujours reproche à la France sa mesquinerie.
- Histoire de l’Angleterre.
- Quant à l’Amérique elle a échappé à la classification anglaise par la largeur des « opportunités » qu’elle offrait à son peuple. Elle permettait ainsi à la classe supérieure d’être vite renouvelée. Aujourd’hui le critère d’entrée dans la sphère haute est social : ce sont les études (cf. le CV des milliardaires d’Internet, ou de la nouvelle élite des « working rich ») que seuls les riches peuvent faire.
Contestation sans leaders
Instabilité de la démocratie ?
- La démocratie grecque d’Aristote est éminemment inégalitaire. Elle a besoin pour se nourrir d’une masse d’esclaves. Il en a été de même de l’Angleterre, fondement de la démocratie moderne.
- Il me semble maintenant que notre amour de la démocratie est le résultat d’un lavage de cerveau, fait des élites anglo-saxonnes. (Il n’y a que les Français pour penser qu’ils ont inventé la démocratie !). La démocratie bénéficie massivement à celles-ci, intellectuels ou barons de l’économie. Si les leaders d’opinion anglo-saxons ont fait de tels bogeymen de Mao, Staline ou de Gaulle, n’est-ce pas parce qu’ils défendaient une vision non démocratique du monde, favorable au peuple (cf. les purges d’intellectuels des deux premiers) ?
- Dès que les oppositions aux démocraties se sont effondrées, celles-ci ont été emportées, comme la démocratie romaine, dans une lutte fratricide pour se partager leurs richesses. D’où dislocation et dictature. La chute de l’URSS a eu un effet curieusement similaire sur l’Amérique (Le développement durable contre les pauvres). La démocratie future pourrait ne pas être aussi aimable que celle que nous avons connue…
Brutalité du changement : causes
Des primaires
- Et si Tocqueville s’était trompé ? Et si le danger démocratique n’était pas la dictature de la majorité, mais celle d’une faction ultra minoritaire ? N’est-ce pas la logique d’un monde d’individus (The logic of collective action) ?
- Gouvernement représentatif.
BBC 4
Compléments :
- Le ministre (David Laws) ci-dessus a démissionné presque immédiatement après l’annonce.
