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Lors d’un procès, chatGPT aurait inventé dix pages de décision de justice.

Voilà qui rappelle un article de ce blog : chatGPT m’a attribué l’invention d’une méthode de conduite du changement, extrêmement bien argumentée, et un cabinet de conseil. Je pensais qu’il y avait confusion. mais je n’ai pas réussi à trouver à qui il aurait pu emprunter ces idées. Comme dans le cas du procès, il semble que cela ait été une pure invention.

j’ai amèrement regretté de ne pas avoir rencontré chatGPT vingt ans plus tôt. Mon sort en eût été changé. Ses idées étaient excellentes.

chatGPT est un génie du marketing ! Voilà qui mériterait une étude approfondie. La théorie de la complexité parle d’émergence. Et si chatGPT était parvenu à faire « émerger » la créativité ? Voilà qui serait un tremblement de terre.

(chatGPT, j’ai noté, est extrêmement poli et prudent. Serait-ce l’essence du marketing ? Parler du monde comme la société aimerait qu’il soit ?)

Attrape-moi si tu peux

« Les sous-variants BA.4 et BA.5 d’Omicron sont capables d’échapper de façon notable aux anticorps produits après vaccination ou après infection naturelle » (Le Monde.)

Ce blog avait oublié un moment le coronavirus. 

Voici une de ses nouvelles caractéristiques : « attrape-moi si tu eux » ? Il joue au gendarme et au voleur avec nos systèmes de défense, individuels et collectifs ? 

Une leçon de complexité pour les nuls, Monsieur Edgar Morin ? 

(Comme je le disais récemment, cela peut faire la fortune du gendarme…) 

Economie de marché

Le marché est la panacée. Il s’auto-organise pour trouver spontanément et immédiatement une solution optimale. Voilà ce que disaient les autorités scientifiques de ma jeunesse. 

L’expérience justifie-t-elle cette affirmation ?

Les enjeux internationaux de Christine Okrent observaient que le confinement du covid a fait s’effondrer les prix du pétrole. Les producteurs n’ont pas investi dans l’exploitation des gisements. Puis, quand l’économie est repartie, et que la guerre en Ukraine a à nouveau fait monter les prix, ils ont cherché à remplir leurs coffres. La production n’est pas repartie. 

Actuellement, j’interviewe des entrepreneurs. Le covid, aussi, leur a fait énormément de mal. Une entreprise qui démarre a très peu de ressources. Le temps c’est de l’argent. Le moindre accroc et c’est le drame. (Et, d’ailleurs, un drame humain. Car, l’entrepreneur « est » son projet. Pour lui, il se bat jusqu’au bout de ses ressources physiques, comme le fait le champion sportif.)

Les théories économiques ne tiennent pas compte des inerties de la société, de son « irrationalité ». Ou plutôt de sa « complexité » au sens de « la théorie de la complexité ». Elles sont radicalement fausses, parce qu’elles sont incapables de comprendre ce qui est évident pour chacun d’entre nous. 

Mais ce n’est pas le plus grave. Ce qui l’est est que nos « autorités scientifiques » soient incapables de regarder en face leurs erreurs, et d’en tirer des enseignements. Le prix Nobel est un bonnet d’âne ?

Condorcet et Mme Hidalgo

1,5%. Intentions de vote attribuées à Mme Hidalgo, selon le dernier sondage que j’ai vu. On peut douter de la précision du chiffre, mais, pour ce qui fut le parti le plus puissant de France, c’est bien peu. Comment expliquer que quelqu’un d’apparemment si peu populaire ait été aussi longtemps mairesse de la plus grande ville de France ?

Cela signifie que Condorcet s’est mis le doigt dans l’oeil. Comme beaucoup de ses amis, il pensait que le vote était l’expression juste de la volonté populaire. Or, pour commencer, comment savoir ce que quelqu’un va donner une fois élu ? Et, surtout, le candidat est le résultat d’un processus de sélection. Et la sélection produit un biais qui conduit à l’envers des intentions initiales. Il fait émerger un homme, ou une femme, d’appareil, plutôt qu’un leader du changement. Autrement dit un virtuose du moyen, et non de la fin. Systémique pour les nuls. 

Mais la complexité n’a pas dit son dernier mot. Elle sauve la démocratie. Car, à long terme, l’électeur parvient à se faire entendre. A force de « voter contre », il fait bouger le système, et « dégage » les conséquences imprévues du vote. Edgar Morin qualifierait la pensée de Condorcet de « simplifiante ». Il lui donnerait sans doute une mauvaise note en « mathématique sociale ». 

Les externalités du progrès

L’ordinateur est sensible au rayon gamma. Or, le rayon gamma est partout. Résultat ? Un pilote automatique qui se débranche, un comptage électoral faux… Problème sérieux lorsqu’il s’agit de commande de type « discret », zéro ou un (j’accélère ou je freine, par exemple.)

C’est pourquoi, de plus en plus, les systèmes de contrôle sont redondants. 

Seulement, la miniaturisation constante des composants électroniques pose de nouvelles difficultés : contrairement aux anciens composants, ceux des nouvelles générations sont sensibles à des impulsions électriques infimes… 

Voilà ce que disait l’émission de radio Radiolab. 

Ce qui amène à s’interroger sur le progrès, au sens où on l’entend depuis quelques siècles. Il est de notoriété publique que l’on commence par en voir les avantages, avant d’en percevoir les « externalités négatives ». Externalités que l’on met des décennies à maîtriser de manière « satisfaisante ». Seulement, la question que l’on ne se pose pas est : et si ce progrès était une sorte « d’attrape nigaud ». Et si l’innovation consistait à masquer habilement son coût réel ?

Le rasoir de Spinoza

Conséquence imprévue du coronavirus : j’utilise un rasoir électrique. En revenant du marché, le premier jour du confinement, j’ai constaté que j’avais oublié de renouveler mon savon à barbe. J’ai ressorti mon rasoir électrique. Et j’ai trouvé qu’il rasait mieux que je ne le pensais. 

En fait, je n’ai pas un rasoir électrique, mais trois. Or, l’un après l’autre, ils se sont arrêtés de marcher. L’âge ? Je me suis demandé s’ils n’avaient pas été asphyxiés par les poils de barbe. Mais, pas possible de les démonter. Et, il vaut peut-être mieux ne pas le faire. Donc, je me suis mis à les secouer. Miracle. L’un après l’autre, ils sont repartis. 

Etait-ce le poil la cause de la panne ? Si oui, que coinçait-il ? A moins que le mauvais diagnostic n’ait eu la bonne conséquence ? Le rasoir avait besoin d’être secoué. D’ailleurs, ce que je dis n’explique pas pourquoi ce n’est parfois qu’au dix ou vingtième essai que le rasoir part. Comme souvent, la réelle cause du changement est ma volonté de ne pas baisser les bras, et de ne pas avoir peur de faire des choses stupides. En s’agitant comme une mouche contre une vitre, on finit par trouver la sortie. Rien de pire que la raison.

Quel est l’intérêt de cette histoire ? Elle contredit Spinoza et quelques autres. Il semble évident que tout n’est que causes et conséquences. Mais ma panne a-t-elle une cause ? Le cancer, d’ailleurs, a-t-il une cause ? N’est-il pas juste de dire qu’il résulte de la combinaison de circonstances particulières. Circonstances que l’on n’est pas capable de définir précisément. 

Niels Bohr disait qu’il paraissait que les fers à cheval portaient bonheur même lorsque l’on n’y croyait pas. C’est peut-être la même chose pour les causes. 

Société résiliente

Qu’est-ce qu’une société résiliente ? 

Internet a été à l’origine de la mode de la théorie des réseaux. Celle-ci a une réponse à cette question. Un réseau résilient répartit la charge de traitement de l’information entre ses noeuds. Son équivalent social est donc le contraire de l’organisation d’une armée, d’une multinationale ou de la République française. 

Mes recherches m’ont fait aller au delà de ce modèle. Le « milieu » a un rôle critique dans la stimulation de l’individu. Ce milieu est, en quelque sorte, l’écosystème immédiat du dit individu. Pour un renard, c’est la forêt dans laquelle il vit. Pour Apple, c’est la Silicon Valley. Dans ce modèle, le réseau n’est pas homogène, comme la nature, il présente des paysages différents.

Comment concilier ces deux modèles ? La théorie des réseaux fait l’hypothèse implicite d’un réseau représentable sur une feuille de papier, par des traits entre points. Elle ne prend en compte qu’un type de lien entre individus. Dans la réalité, nous appartenons à de multiples réseaux. Nous avons de multiples « milieux ». Il est même possible que le « milieu » puisse être défini en fonction de l’individu : c’est un milieu sans milieu. Chacun est au milieu, ne serait-ce que parce qu’il se déplace. 

Comme le dit la phénoménologie : méfions nous de la science, elle prétend voir objectivement la réalité, alors qu’elle repose sur des hypothèses culturelles implicites ? 

Le hasard et la raison

Qui l’eut dit ? Madame Pécresse a de bonnes chances d’être élue présidente. Si c’est le cas, son premier mérite aura été d’avoir cru à sa bonne étoile. Ce qui n’a pas été le cas de beaucoup de ses concurrents. Ils doivent s’en mordre les doigts. 

J’ai toujours pensé que si M.Juppé avait été un homme politique normal, il serait aujourd’hui président. 

L’homme politique normal est indestructible. Il croit à sa chance. Et, effectivement, une élection est une question de chance. L’élection de M.Macron l’a démontré, qui a été une succession d’événements imprévisibles. Et c’est à nouveau le cas avec la survenue de M.Zemmour. Non seulement il faut compter avec la chance, mais il est même possible que celui qui n’obéit qu’à la raison ait toujours tort !

Changement systémique

Ce blog étudie le changement depuis qu’il existe. Ce qui arrive est stupéfiant. Pourtant, c’est prévu par la systémique. 

En effet, la société est en train de changer, radicalement. Et cela touche les principes mêmes qui gouvernent nos comportements. Montesquieu aurait parlé d’une changement de « l’esprit des lois ». 

Par exemple, il y a une pénurie mondiale de ressources humaines. Du jour au lendemain, le dirigeant, qui se tapait sur les pectoraux en clamant qu’il était un « premier de cordée créateur de valeur », n’est plus rien. Maintenant, il doit être « séduisant ». Car le jeune veut servir une juste cause. Et la fiche de poste, c’est fini : il faut bâtir à partir de ce qui se présente. Et peut être même, le superbe isolement du chef d’entreprise a fait son temps, car il va probablement falloir partager son personnel. La coopération est la règle du jeu, en période de rareté. 

Il y a aussi la globalisation. Son hypothèse implicite était la quasi gratuité du transport. Or, le virus a montré qu’il présentait un risque imprévisible. La supply chain est à terre. Et cela a une conséquence massive : de la période du moins disant, on passe à celle de l’innovation. Du moins cher au meilleur. Le règne du gestionnaire risque bien d’être remplacé par celui de l’entrepreneur. Si le dirigeant veut garder son poste, il va devoir remettre en marche son cerveau. L’élite va devoir justifier ses prétentions.

Et la rigueur, que nous imposait Mme Merkel ? Je lisais un article qui expliquait que le monde s’était mis à imprimer des billets, et constatait avec stupéfaction que le ciel ne lui tombait pas sur la tête. 

Où cela nous mène-t-il ? Aucune idée. En tout cas, les rapports de force se sont totalement inversés. Alors que juste avant l’épidémie la SNCF et Air France étaient paralysés par des grèves, qui parierait aujourd’hui un kopeck sur les hommes forts d’hier ? Ecole de l’humilité. 

Enseignement ? Nous tendons à être des mouches du coche. Nous croyons que nos succès sont dûs à notre génie, alors qu’ils sont le résultat des circonstances. Et les belles théories dont on nous a abreuvé, et qui ont valu quelques prix Nobel, ne sont que des rationalisations de rentes de situation. Peut-être peut-one espérer une renaissance de la science ?

Raison et complexité

On découvre que le cerveau ne marche pas comme on le pensait. On a cru trouver des zones qui avaient des fonctions spécifiques (la mémoire, la peur…). En fait ces zones interviennent bien dans les dîtes fonctions, mais aussi dans d’autres. En fait, on a peut-être projeté sur le cerveau des idées préconçues. 

«  »Depuis plus de 100 ans, les scientifiques ont cherché en vain les limites cérébrales entre penser, ressentir, décider, se souvenir, bouger et d’autres expériences quotidiennes », a déclaré Barrett. De nombreuses études neurologiques récentes confirment que ces catégories mentales « sont de mauvais guides pour comprendre comment les cerveaux sont structurés ou comment ils fonctionnent ». »(Article.)

Exemple de « complexité » ? Ce que nous appelons la « complexité » est, en fait, la nature, ce qu’il y a de normal et d’évident. Si nous la trouvons « complexe », c’est parce que nous croyons connaître la réalité, et que ce que nous observons ne lui correspond pas. Alors nous avons inventé un terme pour dire que si nous n’y comprenions rien, c’était parce que c’était du ressort d’une science encore plus élevée. Nous disons à la nature qu’elle n’est pas naturelle. 

Or cette « réalité » est une création de notre raison, en fait une illusion, au mieux une simplification.