Nous sommes tous des pilotes d'essai

« Tesla says Autopilot is disabled by default in the cars, and that before they engage the feature drivers are cautioned that the technology is still in the testing phase. » (Scientific American)
Un logiciel est en test permanent. Donc, maintenant que les voitures sont conduites par des logiciels, il en est de même pour elles. Le constructeur n’a plus de responsabilités : en l’achetant vous saviez à quoi vous vous exposiez… 
Mais, est-ce nouveau ? Lorsqu’on lit l’histoire du progrès technologique (cf. L’Apocalypse joyeuse), on constate qu’il en a toujours été de même. L’homme s’est enthousiasmé pour des idées, qui lui ont explosé à la figure.

Faut-il mourir pour le progrès ?

Il y a quelques temps, Hervé Kabla, disait, au sujet du mort par intelligence artificielle de Tesla, que c’était dans l’ordre des choses, qu’il était bien de mourir pour le progrès du progrès. 
Je ne suis pas sûr que cette idée soit massivement partagée. On ne désire plus souffrir, ou voir souffrir, pour le progrès, du moins pour le progrès technologique. Est-ce la société qui est devenue peureuse ? Ou lucide ? Ou encore est-ce le progrès qui est, maintenant, incapable de générer un rêve d’une qualité telle que l’on désire mourir pour lui ?

L'intelligence artificielle tue

Tué par un bug. J’entendais dire hier qu’une Tesla en pilote automatique avait tué son passager. Problème de reconnaissance de forme. Le programme d’intelligence artificielle qui était aux commandes de la voiture n’a pas sur reconnaître une remorque blanche sur fond blanc. 
On tend à oublier à quel point l’homme est une créature sophistiquée. Il est curieux, d’ailleurs, que l’ordinateur ne cause pas plus de morts. Lorsque je programmais, on utilisait le nombre de bugs par millier de lignes comme unité de qualité. Un programme de voiture a des millions de lignes, donc des dizaines de milliers de bugs. Pourquoi l’homme n’a-t-il pas d’avantage sur la machine ? Peut-être parce que nous avons créé un monde pour la machine, et pas pour l’homme.

Sauvons la démocratie

Démocratie en recul partout. Après des années fastes, elle a connu des déconvenues. Crise russe, invasion d’Irak, printemps arabes, Afrique du sud, Turquie, Inde dysfonctionnelle… Et ses champions, USA et UE donnent un piètre spectacle. Les nations sont attaquées du dessus, par la globalisation, et du dessous, par une multitude d’intérêts spéciaux dont le pouvoir est décuplé par Internet. Les gouvernements démocratiques réagissent par l’artifice, la dette et la démagogie. Bien triste spectacle, en comparaison d’une Chine triomphante ! Comment redonner du lustre à la démocratie ? Plutôt que de les refuser, les gouvernements doivent mettre à profit les forces qui l’ont déstabilisée. Paradoxalement, en réduisant leur pouvoir, donc l’Etat. Ils doivent réapprendre à déléguer. Vers le haut à ceux qui savent, la technocratie. Vers le bas, à ceux qui sont légitimes : démocratie directe. En maintenant un savant équilibre entre les deux.

Où va l’Ukraine ?A court terme, son problème semble la Crimée. C’est une partie de la Russie qui lui a été transférée en 1954. (C’est aussi une base russe.) M.Poutine peut-il la perdre ? Que doit faire l’UE ? Commencer par adopter une ligne commune. Aujourd’hui, elle est divisée entre pro (Chypre, Italie, Hongrie) et anti Russes (Pays Baltes et Suède). M. Erdoggan continue son rodéo avec la justice. En Italie, il semble se confirmer que M.Renzi n’a pas de programme. L’Angleterre et l’Ecosse se disputent le pétrole de la mer du nord. Contrairement à la Norvège qui possède un fonds souverain de 840md€, l’Angleterre ne semble pas avoir économisé un kopek. Les Indiens veulent se débarrasser de leur gouvernement actuel à tout prix. Le Pakistan de ses Talibans. Les Japonais vénèrent leurs Kamikazes.
Wikipediarenouvèle son management. Il doit surtout renouveler (leur nombre se contracte) et diversifier ses contributeurs. Et s’adapter à l’évolution technologique. Au Mexique, Carlos Slim illustre les caractéristiques du monopoliste. La loi semble incapable de restaurer un rien de concurrence. Tesla vend 22000 voitures par an et vaut déjà 30md$. Prochaine étape : marché de masse, voiture sans conducteur, alliance avec Apple ? Un activiste cherche à séparer Pepsi de ses chips. Les multinationales cherchent à garder le contact avec leurs anciens employés : « ambassadeurs de la marque, recruteurs et vendeurs ». L’industrie européenne des énergies renouvelables boit la tasse. Seules les éoliennes ont encore un peu de jus. Ce marché est désormais dominé par Siemens et GE. Mais toujours pas rentable. Siemens demande des subventions à l’UE. Appui à mes théories : l’avenir est à la réduction de consommation d’énergie. (Gros marché pour les entreprises de service.) Et une réglementation contraignante est un stimulant efficace. L’Internet coréen du sud est dominé par Naver, un géant, qui a mis KO ses équivalents américains. Il voudrait sortir de son marché.  (Mais il semble avoir des réflexes très coréens…) Comment éviter la fraude ? En ne cherchant pas à la dissimuler. Et en encourageant la délation. Internet essaie de mettre en relation prêteurs et emprunteurs. Cela semble fragile. Et, à mesure que l’on découvre le métier et ses risques (besoin d’assurances, de garantie…), le modèle perd ses avantages… L’avenir du container, dernière des révolutions industrielles, est aux composites, aux capteurs piezzo électriques et au suivi informatisé.
Les dettes d’un Etat sont-elles mauvaises pour la croissance ? Pas nécessairement. Principalement quand elles grimpent (comme en Chine, mais pas en Europe.) Plus de redistribution pour plus de croissance ? Apparemment oui. L’Etat sait parfois trouver un emploi plus efficace à l’argent du particulier que ce dernier (notamment lorsqu’il investit dans des subprimes)… Les Anglais veulent s’assurer que les banques étrangères sont représentées par des filiales. Et les Chinois veulent laisser flotter leur monnaie, pour favoriser l’investissement et combattre la spéculation.

Les cerveaux des hommes et des femmes ne seraient pas câblés de la même façon. D’où une différence de sensibilité à l’autisme. Une fois qu’ils ont perdu leur fourrure, les hommes ont pu éviter le cancer de la peau en devenant noirs.