Loi de puissance

Il semblerait que la loi de probabilité associée à un monde non régulé (marchés financiers, automobilistes laissés à eux-mêmes, terroristes non coordonnés…) soit une « loi de puissance ».
Une telle loi a pour caractéristique que des événements de dimension colossale peuvent s’y produire relativement fréquemment. Embouteillages, attentats massivement destructifs, personnes plus riches qu’une nation ou crises économiques. (The Mathematics of Terrorism | Math | DISCOVER Magazine)
Je me suis demandé si ce n’était pas ce qui s’était passé à Vélizy. Il y a quelques jours j’arpentais ses trottoirs défoncés et ses rues sans noms. J’ai été frappé par la ressemblance de ce que je voyais avec les zones où se groupent les gigantesques entrepôts de la grande distribution. Mais ici, les entrepôts contiennent des hommes. Curieux qu’autant d’entreprises s’y soient donné rendez-vous, forçant autant de voitures à polluer et à s’embouteiller. 

Recherchons terroristes, Bac+5

« Le terrorisme est une activité complexe ». Les terroristes recrutent leurs suicidaires sur diplômes. Décidément nous appartenons bien à une économie de la connaissance.
Et l’intellectuel est beaucoup plus sensible à la séduction du terrorisme que le peuple. (Exploding misconceptions.)
(Les premiers terroristes, ceux de 89, et les trotskystes étaient tous des intellectuels, d’ailleurs !) 

Aventures en Birmanie

La bombe de mousse de rasage est une arme de destruction massive. Mais un fond de tube de shampoing ne serait pas suffisant pour faire sauter un avion. Voici ce que j’ai constaté à l’aller d’un voyage pour Clermont-Ferrand.
Au retour, j’ai profité d’une confusion à l’embarquement (l’équipage de l’avion prétendait y revenir, ce qui n’était pas prévu dans les procédures que suivent les agents de contrôle) pour faire entrer la bombe ci-dessus dans la cabine.
Pour ceux que ça intéresse : l’aéroport de Clermont est idéal pour organiser une conférence. Salle très correcte, restaurant (plutôt bon) à côté, hôtel à deux pas. Excessivement calme : quasiment aucun avion. (L’aéroport avait été prévu pour 3m de passagers, il en vient 300.000, et encore…)

Coût de la justice

L’Angleterre se demande si elle doit faire une entorse à son principe du procès par jury.

  • Pour : dans certains cas les jurés coûtent cher à protéger.
  • Contre : le droit à être jugé par ses pairs est un des piliers de la société anglaise, il n’a pas de prix.

Qu’un quotidien libéral (The Economist), qui met les valeurs sociales en équations économiques pour montrer qu’elles méritent la poubelle, utilise un tel argument est inattendu.

Compléments :

  • Dans le prolongement des idées de The Economist, je pense que ce que cherchent les terroristes, c’est à détruire les valeurs démocratiques : Terrorisme.
  • A Trial by Jury.

Terrorisme

La radio ce matin parlait de portails de détection pour aéroports. Réflexions :

  • N’y a-t-il pas des mesures moins coûteuses et plus efficaces ? D’ailleurs pourquoi la mesure ne serait-elle pas accompagnée de contremesures plus dévastatrices ?… Pourquoi notre démocratie ne parle-t-elle qu’en termes de solution, la première qui passe par la tête d’on ne sait pas qui, plutôt que de problèmes ? Nos gouvernants sont-ils incapables de réfléchir, d’affronter l’incertitude ?
  • Les terroriste sont efficaces : il suffit qu’ils placent un étudiant dans un avion, qu’il mette le feu à son pantalon, pour que l’ensemble des échanges internationaux en soient bouleversés ! Au fond, que visent-ils ? On dit souvent qu’ils cherchent les « caisses de résonnances », des alliés de l’ombre : journalistes ou politiciens, par exemple, qui verront un intérêt à amplifier un attentat. Je me demande s’il n’y a pas plus que cela, si ce que cherche le terroriste ce n’est pas à détruire les valeurs de la société adverse. Plus il y a de Guantanamo et de caméras, plus la démocratie est une pantalonnade.

La réponse faite par B.obama aux Républicains, qui lui reprochaient de ne pas être terrorisé par les terroristes semble juste :

« We will not succumb to a siege mentality that sacrifices the open society and liberties and values that we cherish as Americans, because great and proud nations don’t hunker down and hide behind walls of suspicion and mistrust. That is exactly what our adversaries want, and so long as I am president, we will never hand them that victory. We will define the character of our country, not some band of small men intent on killing innocent men, women and children, » he said on Thursday. A poke in the eye for former Vice-President Dick Cheney at the end of that, followed up by a plea for unity, confidence and optimism, continuing: « That’s what it means to be strong in the face of violent extremism. » Mr Obama is suggesting that it is his critics who have shown weakness and fear by abandoning American values. It is a bold attempt to turn this shambles into a statement that he is the really tough one, just tough in his own way.

Compléments:

Jihad américain

Le journal The Economist s’intéresse cette semaine à l’avenir d’Al Caïda, le gouvernement français considère le terrorisme islamique comme une menace que doit prendre au sérieux l’armée… Le terrorisme islamique est devenu une force avec laquelle il faut compter. Au fait, d’où vient-il ? Deux pistes :

  • Charlie Wilson’s war (film de Mike Nichols de 2007). Charlie Wilson est le nom d’un parlementaire américain. Il a convaincu les USA de consentir des crédits énormes aux combattants afghans qui affrontaient l’Union soviétique. Ce faisant il en a provoqué la dislocation. Le message principal du film ? Les USA se sont désintéressés de l’après défaite russe. Ils ont ainsi fait le jeu du fondamentalisme musulman. Dommage, il aurait fallu peu de moyens pour l’éviter.
  • Comment le Jihad est arrivé en Europe (livre de Jürgen Elsässer, Xenia, 2006) développe cet argument. La menace islamique résulte d’une stratégie utilisée depuis longtemps par les Anglo-saxons, et un moment par les Nazis : se servir des musulmans comme arme contre le Slave. Les États-Unis lui ont apporté leur très particulier art de la mise en œuvre : ne pouvant pas directement équiper les combattants musulmans, ils ont demandé à l’Iran d’être leur intermédiaire…

Caractéristique culturelle de l’Amérique :

  1. un souci exclusif du très court terme,
  2. l’utilisation de moyens massifs pour arriver à ses fins,
  3. des retombées tout aussi massivement imprévues.

Ce biais n’affecte pas uniquement la nation américaine : la mise en oeuvre des stratégies d’entreprise en est souvent victime. Le dirigeant croit à tort que le monde est « linéaire », il ne voit pas les conséquences à long terme de ses actes. Elles lui sont défavorables. Comment éviter ce biais ? Trois idées :

  1. Être conscient du piège. Si les gouvernants américains étaient convaincus de l’importance du long terme et des menaces que font courir au monde leur mode actuel de décision, ils trouveraient mes deux autres idées. Et nous-nous en porterions mieux.
  2. Faire concevoir la mise en œuvre du plan par ceux qui sont les mieux placés pour en voir les conséquences. Pour l’entreprise, ces personnes sont celles qui doivent mettre en œuvre la stratégie (les collaborateurs directs du dirigeant), assistés des « hommes clés » qui disposent des informations qui leur manquent.
  3. Surtout, en contrôler la mise en œuvre. Un changement ne doit jamais être laissé à lui-même. Il ne doit pas être lancé si on n’a pas la certitude que 1) l’on est capable de détecter rapidement un dysfonctionnement ; 2) l’on dispose des moyens de réagir et de l’éliminer immédiatement. Pour l’entreprise, l’équipe d’animation du changement est la pièce clé du contrôle du changement.

Pour en savoir plus :