L’Inde a besoin d’un as du changement ?

L’Inde élit M.Modi. Un autocrate. Elle a voté pour le développement économique et a éjecté le clientélisme féodal du Parti du Congrès. M.Modi doit transformer l’Inde en usine du monde, alors que le « pays a oublié, purement et simplement, comment travailler ». Et qu’il semble un enchevêtrement invraisemblable. (Changement compliqué ?) En mer de Chine, les pays de la Région semblent impuissants face au bon plaisir du monstre chinois. Coup militaire en Thaïlande. Raison : mettre un terme au blocage actuel ? Ou intervenir avant qu’un prince héritier faible ne prenne le pouvoir ? L’Arabie saoudite investit à la maison.
L’UE parle un anglais corrompu par le français (une façon de faire fuir l’Angleterre ?). Elections européennes. En Italie, lutte entre M.Grillo et M.Renzi et ses réformes. La République Tchèque est anti-européenne. Le PS français semble être le parti de gouvernement dont la situation, eu égard à ces élections, est la plus difficile. L’armée est un élément central de la politique russe. Elle doit lui permettre d’intervenir dans son voisinage, de tenir en respect ses minorités, et de la défendre de la Chine – mission de ses missiles nucléaires. Chine avec laquelle elle tente de s’entendre pour faire pièce aux sanctions de l’Ouest. La Lybie est divisée entre islamistes et anti-islamistes. Devant la chienlit actuelle, le second camp est tenté par un coup. Avec l’assentiment de l’Algérie et de l’Egypte. D’où guerre civile ?
Les entreprises chinoises déposent beaucoup de brevets. Lenovo est le champion du PC. Il pense assurer son développement grâce à l’innovation. Il semble surtout un champion de l’exécution efficace de stratégies industrielles. Aux USA (seulement ?), Télécom et TV fusionnent, pour disposer d’offres globales. Les journaux sont toujours au milieu du gué numérique. Le journaliste doit s’imprégner des nouveaux usages du marché. Big data dans l’agroalimentaire. Les données que possèdent l’industrie lui permettent de dire à l’agriculteur quoi, quand et où planter (« prescription planting »). Mais l’agriculteur se méfie. Il a peur d’être le dindon de la farce. Les banques européennes (Crédit Suisse, bientôt BNP) ont maille à partir avec la justice américaine. Ses jugements semblent marqués par l’incohérence. (Pragmatisme, c’est-à dire, coup par coup ?) Pour faire plaisir à leurs actionnaires, les laboratoires pharmaceutiques ont liquidé leur recherche. Ils doivent maintenant trouver des fournisseurs de nouvelles molécules.  
Pour défendre les ordinateurs des pirates, deux versions d’un même programme ne doivent pas se ressembler. Il suffit pour cela de le demander aux compilateurs. On cherche à produire à simuler le système nerveux d’un ver. 

Télécoms européennes : imminente consolidation massive ?

Hier j’entendais Stéphane Richard, d’Orange. Interview par France Culture. Il estime que la France, dans son ensemble (opérateurs et sous-traitance) a beaucoup plus perdu que gagné dans l’arrivée d’un 4ème opérateur. Surtout, il estime que l’Europe devrait en avoir 3 comme les USA ou la Chine, au lieu de 120… Si une consolidation d’une telle ampleur se fait, qui va survivre ? Les opérateurs des nations les plus protectionnistes, et les plus riches ?…

Bouygues et la téléphonie mobile : résistance au changement ?

Depuis quelques temps, j’entends dire que Bouygues veut acheter SFR. Pour cela il vendrait sa participation dans Alstom, et ses actifs télécoms (Bouygues Télécom ?) à Free, afin d’en faire un vrai opérateur mobile.

Chaises musicales ? C’est le monde du mobile d’avant le gouvernement Sarkozy qui se remet en place ? Défaite du marché ? On pensait qu’un quatrième opérateur créerait une saine concurrence, qui dissiperait la rente de l’oligopole des télécoms et susciterait l’innovation. Ce serait bon pour l’économie. L’économie est toujours aussi mal en point. (Peut-être en fallait-il plus pour la redresser ?) En revanche, les opérateurs ont été incapables d’absorber le changement. Ce nouvel arrangement permettrait de mettre un terme aux hostilités entre eux ?

Et l’offre de Numéricable ? Numéricable est la propriété d’un fonds d’investissement. On peut imaginer que sa stratégie est, comme d’habitude, d’améliorer rapidement son bilan pour pouvoir se revendre. Réduction de coûts et guerre des prix ? Personne, parmi ceux qui nous gouvernent, n’en veulent ?

(Par ailleurs, on avance qu’une concurrence trop violente est incompatible avec les investissements que demande l’évolution de la téléphonie mobile (4G et autres), mais aussi un mouvement de consolidation européenne, pour laquelle il nous faut des champions nationaux… Pourquoi n’y avait-on pas pensé plus tôt ?)

PS. Finalement, Bouygues a perdu. L’industrie de la téléphonie mobile en France n’a pas fini de changer ?
PS2. The Economist envisagerait-il une vente de Bouygues Télécom ? (Ce qui me semble devoir être le destin logique de Numéricâble. Le nombre d’opérateurs français pourrait-il diminuer rapidement ?)

Après le chaos, la démocratie ?

« Les crises économiques, plus que la prospérité, annoncent la démocratie. »The Economist s’interroge sur la vague de révoltes qui secouent le monde. Et s’en réjouit, finalement. D’ailleurs, les affrontements sectaires, Shiites contre Sunnites, n’ont pas pour vocation de dégénérer. Une forme d’équilibre a toujours été de rigueur. « Ni le poids des allégeances religieuses ni la forme des alliances politiques n’ont été constants au Moyen-Orient. Savoir que cela peut changer agit comme un frein contre un affrontement sectaire à outrance. » Pour le reste, ça bouge partout. En Turquie, le gouvernement a été apparemment ferme face à ses opposants, mais flexible, en réalité. Les négociations avec l’Europe et les Kurdes n’ont pas été suspendues. Au Brésil, la crise semble calmée. Mais n’a-t-on pas promis l’impossible ? (Le problème majeur est la corruption et le dysfonctionnement de l’Etat, si je comprends bien, i.e. de ce qui devrait mener les réformes !) Qui va tirer parti de ces troubles ? L’ex président Lula ? Mais n’est-il pas à l’origine de ce dont souffre le pays ? (Demain le chaos ?) Le retour de fortune brésilien a fait une victime : son homme le plus riche. Les investisseurs étrangers ne croyant plus au pays ne lui prêtent plus. Et ses affaires n’étaient apparemment que des bulles spéculatives. En Egypte, le pays est paralysé par l’affrontement entre gouvernement et opposition. Ce qui pourrait ramener l’armée au pouvoir. L’équilibre politique italien est suspendu aux démêlés judiciaires de M.Berlusconi. En Russie, Gazprom, outil de pouvoir et d’influence internationale de M.Poutine est menacé par le gaz de schiste. Il fait choir les prix, émerger une concurrence interne, et apporte de nouveaux fournisseurs à ses clients. En France « les implications politiques (de l’affaire Tapie) sont explosives ». Les Portugais veulent rester dans l’euro, mais ils souffrent. Qu’ils supportent cette souffrance est capital. « L’UE (…) a désespérément besoin d’un succès. Si le Portugal ne peut pas se remettre sur pieds en dépit d’un gouvernement de centre droit qui adopté le libre échange avec zèle, les critiques diront que le problème est dans le traitement, pas dans son application ». C’est la faiblesse de la France qui a fait de l’Allemagne un leader. Mais elle est extraordinairement mal à l’aise dans ce rôle. Elle sait surtout ce qui n’est pas bien. Non où aller. Barack Obama tente de faire passer quelques mesures de lutte contre le réchauffement climatique. Mais il est paralysé par une opposition qui utilise toutes ses initiatives pour lui nuire. (Dans ces conditions, ne devrait-il pas chercher à encourager le réchauffement climatique ?) L’Affaire Snowden, en dévoilant l’hypocrisie massive des USA, provoque « le malaise de l’Amérique et la joie de ses ennemis ». Annonce de la prochaine crise économique ? La banque fédérale américaine parle de ralentir sa politique de soutien de l’économie. Partout les marchés sont sans dessus dessous. Et les banques tremblent.  « C’est une douce ironie que les titans de la gestion de fonds, qui se considèrent comme des champions robustes du système du libre échange, soient si dépendants des subventions des autorités monétaires. » Quant à Internet, il facilite les révolutions, mais pourrait bientôt être la meilleure arme pour les éviter, ou les réprimer.

Dans le monde de l’entreprise. Le marché monte à l’assaut de l’école. Dorénavant, on va apprendre par ordinateur. Certes ce n’est pas la première fois que l’on cherche à appliquer une innovation à l’école. Mais cette fois-ci, c’est sûr, c’est plus efficace que la méthode traditionnelle. Mais n’est-ce pas un moyen de licencier de l’enseignant ? D’accroître les inégalités ? En tout cas les lourdeurs administratives pourraient freiner ce changement, bénéfique selon The Economist. Alors, les entreprises cherchent à rendre les familles accro à leurs produits, afin qu’elles fassent pression sur l’Etat. (Au fait : quid de la socialisation dans l’apprentissage ?) Pour le reste, cela bouge presqu’autant que dans la société civile. Les télécoms européennes sont « dans le trou ». En particulier, les spécialistes du mobile. La faute apparemment à trop de concurrence, et trop de déréglementation ! Du coup, ils n’ont pas les moyens d’investir dans le 4G. Les Américains tournent autour des sociétés européennes, exangues. Le cloud donne l’avantage à IBM et Amazon (« Amazon pourrait rouleau compresser tout le monde »). Cela force Salesforce, Oracle et Microsoft à s’unir, pour tenter de sauver leur peau. 

Crise et culpabilité de l’Etat

Suite de la série la culpabilité de l’Etat. Pendant des années l’Etat a subventionné l’automobile en multipliant jupettes et baladurettes. Cette croissance artificielle a probablement encouragé les constructeurs français à ne pas changer. Pire, peut-être, à désinvestir. (J’ai entendu dire par l’auteur d’un rapport sur la santé de PSA, que la famille Peugeot avait prélevé 6md€ sur la société.) D’où un effet pro-cyclique : le parc étant neuf, le marché n’a pas de raisons d’acheter, et les constructeurs n’ayant pas été soumis à la concurrence n’ont pas eu de raison de maintenir à niveau leur outil de production et leur gamme.

Je me demande aussi, si avoir déréglementé les télécoms en pleine crise n’était pas une erreur. Logiquement cela devrait conduire à des plans de licenciement chez les concurrents de Free. A moins que les économies faites par les consommateurs ne créent de l’emploi ailleurs. Encore faut-il que cet argent ne soit pas économisé, et que cet « ailleurs » soit en France.

Tout le drame de la rigueur est peut-être dans ces exemples. Elle veut nous punir des erreurs que nous avons faites. Or, ces erreurs, aujourd’hui, seraient probablement les solutions à nos problèmes… Ne serait-il pas bon que nos gouvernants sortent d’un mode de prise de décision réflexe, essentiellement inspirée par des modes, et envisagent les conséquences à long terme de leur action, en particulier en prenant en compte leurs conséquences sur l’emploi ? Ne faudrait-il pas aussi qu’ils s’assurent que leurs décisions donnent ce qui était prévu ?

Comment réussir un changement ? évaluer sa complexité

Il y a quelque chose de paradoxal dans notre façon nationale d’envisager le changement. Réussir le changement est probablement ce qu’il y a de plus important pour notre société. (« Le » et pas tel ou tel changement, c’est-à-dire maîtriser le processus générique de changement.) Or, nous nous entêtons à échouer, alors que bien faire ressortit au bon sens.

J’ai fini par comprendre que mes techniques, qui plaisent aux universitaires, ne sont pas adaptées au commun des dirigeants. Il faut faire plus simple et plus fondamental. Dans cette série de billets, je vais parler de l’évaluation de la complexité du changement. De quoi s’agit-il ?

Aujourd’hui, les entreprises sont terrorisées par le changement. Par exemple, Free a parlé de la stratégie qu’il met actuellement en œuvre il y a 2 ans, au moins. Qu’ont fait ses concurrents en attendant ? Je ne serais pas surpris que la réponse soit : rien. Et qu’ils ne fassent pas beaucoup plus aujourd’hui.

Du coup, que se passe-t-il ? Ce que les consultants appellent « the burning platform ». On ne saute d’une plate-forme pétrolière en feu que lorsque les flammes vous lèchent les pieds. Si bien que vous vous écrasez 40m plus bas.

Pourtant, même une impréparation aussi grossière n’a pas de raison d’être fatale. Dans cette série de billets je vais expliquer :
  1. Comment préparer un changement alors que les flammes vous lèchent les pieds, donc vite, bien et discrètement.
  2. Les 5 sujets qu’il faut examiner avant de sauter.   
  3. Comment une « évaluation de la complexité du changement » permet de se tirer honorablement d’affaire. 

Le téléopérateur est admirable

Depuis 6 mois, j’essaie de transférer un contrat téléphonique. Pour savoir si l’affaire est en bonne voie, je contacte le centre d’appels de SFR. Après dix bonnes minutes d’attente, j’arrive chez un téléconseiller. Ce n’est pas le bon. Je suis chez le grand public alors que la machine aurait dû me router vers les professionnels.

C’est alors que j’ai compris que mes interlocuteurs étaient admirables. J’imagine, en effet que, dans ces conditions, on doit avoir envie de les insulter. Or, ils me semblent avoir développé des techniques de judoka, qui leur permettent d’étaler le mécontentement. La sélection naturelle, sans doute.
Illustration aussi des études de marché que je faisais dans ma jeunesse : la cause majeure de résiliation d’un contrat est une méprise. Ma première demande de transfert m’avait été refusée au motif que l’entreprise qui me cédait la ligne n’avait pas donné son accord. Ce qu’elle a nié. Coup de Jarnac de SFR ne voulant pas perdre un client ? Pas du tout, je viens d’apprendre que la dite entreprise n’avait pas payé ses factures téléphoniques – ce dont elle ne m’avait pas informé. Le refus du transfert était une mesure de rétorsion. 

Instagram : 1 milliard de $ pour 13 employés et pas de chiffre d’affaires

Facebook achète un milliard de $ Instagram, « une start-up de 18 mois d’existence comptant 13 employés et aucun chiffre d’affaires » (Pourquoi Facebook dépense 1 milliard de dollars pour Instagram – La Tribune).

Pourquoi un tel prix ? Signe des temps, Internet est has been, l’avenir c’est le téléphone mobile ? (Instagram Deal Is Billion-Dollar Move Toward Cellphone From PC – NYTimes.com)
Lors de la première bulle Internet, on racontait que l’on vendait des chats à « un million de $ ». Comment avez-vous fait ? Contre deux chatons à 500.000$. 

iFrustration

Mon iPhone est une source de frustrations.

  • Je m’attendais à ce qu’il suive la logique du web. Il a la sienne. Je me suis adapté.
  • Ses caractères sont trop petits pour mes vieux yeux. Mais je me suis adapté.
  • Son écran est hypersensible. Comment éviter les erreurs de manipulations, lorsque l’on a les bras encombrés, et que l’on se presse vers un rendez-vous ? Il faut apprendre à ne pas toucher l’écran.
  • Et puis, les services qui dépendent d’Internet sont accessibles de manière aléatoire. Problème d’opérateur ? Les mails sont relevés tout aussi aléatoirement, et impossible d’en envoyer un. En outre, le contenu du message n’est pas toujours chargé. Incompatibilité d’humeur entre SFR et Google (je n’ai pas ces problèmes avec Gmail) ? J’apprends à utiliser le Wifi des cafés…
Bref, Steve Jobs n’était pas un homme de perfection, ou il a été trahi par les siens, qui ne se sont pas associés aux opérateurs que méritait Apple… Ce qui revient au même. 

Accro au smartphone

On craignait que, à cause des réseaux sociaux, la vie privée envahisse le bureau. Le contraire est arrivé : elle est flinguée par le smartphone.

« La seule façon de rompre avec l’habitude du 24/7 est d’agir collectivement plutôt qu’individuellement ». Il faut un accord de respect de la dite vie privée, négocié au niveau de la société (une loi ?). (Slaves to the smartphone)

Une recommandation inattendue venant de The Economist : le marché n’est-il pas supposé tout résoudre de lui-même ?

Compléments :
  • On notera que le shabbat est une solution (partielle) au problème. Construit pour durer?