Flop 5G

Au salon du mobile de Barcelone, l’industrie des télécoms ne cache pas sa morosité quant au développement de la 5G sur le Vieux Continent. Certains jugent que ce nouveau réseau n’a pas encore permis d’accoucher d’applications de rupture pour convaincre le grand public.

La Tribune de mercredi

Une mode de plus qui fait flop ? On est tellement blasé, qu’il faut faire un effort pour entendre la nouvelle. A quand la même chose pour l’intelligence artificielle ?

Il serait intéressant de s’interroger sur l’origine du phénomène. C’est un mal américain, mais le mécanisme de la spéculation semble très ancien. Il semble jouer sur la capacité de l’homme à croire au père Noël, en particulier lorsqu’il sert ses intérêts.

Long comme un jour sans Internet

Coupure d’Internet. Que l’on est peu de choses ! Car, comme beaucoup, je suis à 100% en télétravail. Et mon métier, c’est, pour beaucoup, d’animer des réunions… 

Et pas d’être humain à qui confier ses malheurs. Les opérateurs ne sont plus que des robots. Après un parcours compliqué, qui amène les dits robots à tester ma ligne, ils décident qu’elle a un problème, et qu’ils vont dépêcher un réparateur. La ligne sera réparée au plus tard dans trois jours. 

Un fil est cassé ou débranché, me dit cette personne (qu’il est bon d’entendre une voie humaine !). L’équipement qui l’abrite est, de toute manière, en mauvais état. Cela pourrait venir de la fameuse concurrence entre opérateurs, dont on nous a tant chanté les bénéfices, chacun ne prenant pas beaucoup de soin des branchements des autres. Mais aussi de ce que les opérateurs ayant parié sur la fibre ne s’occupent plus de l’ADSL. 

Faudrait-il que je cède à leur chantage ? Même pas. Le maire de ma ville vient de leur expédier une lettre en se plaignant de ce que, pour des raisons identiques à celles qui touchent mon ADSL, ces lignes subissent sans cesse des coupures.  

Voilà mes malheurs. Quand j’entends qu’il y a des gens qui ont le courage de risquer leur vie dans les forêts polonaises gelées, je me dis que j’appartiens à une race dégénérée…

La 5G : dilemme du prisonnier ?

L’Occident est fichu. La Chine a pris un avantage décisif dans la technologie 5G. Or, la 5G, c’est l’avenir. Voici ce que l’on entend. Qu’en est-il vraiment ?

Le Financial Times disait que la 5G est un casse-tête pour le gouvernement occidental. En effet, il envisageait de mettre aux enchères les fréquences qui lui sont utiles, un moyen de réduire ses dettes. Mais les Chinois ont donné ces bandes de fréquences à leurs opérateurs. Si l’avenir s’y joue, nous devrions faire de même…

Qu’est-ce qu’apporte la 5G ? Beaucoup plus de débit, au particulier. Pour l’entreprise, c’est la promesse de l’objet connecté. Pour la ville, celle de la « ville intelligente ». Mais cela a aussi des inconvénients. Il faudra, pour les opérateurs et pour les utilisateurs, de nouveaux équipements, apparemment chers. Tout le monde devra-t-il changer son téléphone, même sans usage de la 5G ? Et la 5G « porte moins loin ». Ce qui signifie plus d’antennes, et peut-être plus de zones blanches. Et si la 5G faisait beaucoup de perdants ? De gilets jaunes ?…

Surtout, y a-t-il un marché ? Est-ce vital de pouvoir télécharger instantanément des films sur son téléphone mobile ? Ressentez-vous un besoin irrépressible pour une « ville intelligente », ou pour que votre réfrigérateur pilote vos trajets en fonction de ses besoins ? Et les questions de cybersécurité ? Quand tout est connecté, tout peut s’effondrer comme un seul homme. Et, aussi, quel en est le coût ? Ces technologies absorbent une énergie folle, et toujours plus d’énergie. Et il faut toujours plus de batteries, non recyclables… Elles sont anti développement durable.

Depuis 30 ans, j’entends que « le débit va créer l’usage ». Le passage d’une G à l’autre est toute la stratégie des opérateurs de télécommunication. Ils y trouvent l’espoir : un jour ça marchera, et nous serons riches. D’ailleurs, si on ne le fait pas, nos concurrents, ou les Chinois, le feront. Dilemme du prisonnier ? Serait-il temps que l’on retrouve nos esprits, et que l’on mette un terme à cette course en avant ?

Serge Tchuruk

Huawei fait penser à Serge Tchuruk, le dirigeant d’Alcatel. Serge Tchuruk est probablement l’exemple même de ce que provoque la technocratie française lorsqu’elle dirige une entreprise. Dans un secteur qui a produit Apple, Foxconn, et Huawei. Alcatel est allé, de manière extraordinairement déterminée, exactement à contre-courant, jusqu’au naufrage. Idéal-type du cercle vicieux systémique.

Le plus intéressant, ici, est la question de la responsabilité. Imaginons que vous ayez été un des employés d’Alcatel victimes de cette stratégie. Vous auriez peut-être vécu des moments difficiles, mais vous auriez votre conscience pour vous. Et, surtout, si vous êtes parvenu à retrouver une situation, vous avez le sentiment d’avoir vécu une aventure. Vous êtes fier de vous. Mais, qu’il doit être désagréable de vivre, à perpétuité, dans la peau du capitaine qui est allé droit sur l’iceberg !

Le cas de conscience Huawei

En Angleterre, les organismes compétents estiment que le matériel Huawei « pose de sérieux problèmes de sécurité » (Financial Times). Etrangement, la France ne semble pas concernée par ces questions. (Phénomène « nuage de Tchernobyl » ?)

Imaginons que le risque existe, comment le gérer ? Alcatel ayant disparu, il ne reste plus d’offre française. Favoriser un champion européen ? Ou aider à l’émergence de PME locales capables de fournir une partie du matériel nécessaire ? Est-il possible de circonscrire les risques, pour mélanger les offres ?… Ceux qui doivent traiter ces questions, au gouvernement ou ailleurs, ont-ils l’expérience et les compétences pour le faire ?… En tout cas, ils doivent maudire leurs prédécesseurs, qui ont cru que le « laisser faire » produirait le meilleur des mondes.

Méchant Huawei

Faut-il se débarrasser du matériel Huawei ? Risque de piratage chinois. Faut-il faire comme les Américains et les Anglais ? Débat chez France Culture. Un représentant des opérateurs de télécom français (employé par Bouygues) expliquait que le matériel Huawei était meilleur que celui de ses concurrents. Et que s’en priver ferait prendre deux ans de retard à la mise en place de la 5G, et leur coûterait cher, puisque cela exigeait de démonter le matériel Huawei existant. Il en appelait à l’Etat français : qu’attend-il pour promouvoir un champion national ?

C’est surprenant que le sujet ne sorte qu’aujourd’hui. Je lis des articles sur ces risques depuis des années. Et cela fait au moins une décennie que les gens des télécoms que je rencontre m’ont expliqué la politique industrielle chinoise, l’aveuglement européen, et les erreurs stratégiques des équipementiers occidentaux.

En tout cas, voilà qui met l’Europe en face de ses failles. Si les Américains sont parvenus à faire sentir leur pouvoir de nuisance, l’Europe, elle, brille par ses divisions.

Déréglementation des télécom

Il y a quelques années M.Fillon a fait une expérience. Il a appliqué la doxa libérale : plus de concurrence fait le bien. La pratique a-t-elle validé la théorie ? 
D’ici peu il n’y aura, sans doute, plus qu’Orange, en position dominante, et deux nains de qualité inférieure Free et SFR, qui aura été vraisemblablement vendu à une entreprise étrangère. Quant à l’argent qu’a gagné le consommateur, on ne sait pas où il est allé. En tout cas il ne semble pas avoir fait de miracles en termes de croissance. Et tous nos opérateurs sont maintenant occupés à nous caser du haut débit, de façon à nous prendre d’une main, ce qu’ils nous ont donné de l’autre. Est-ce cela l’innovation ?

La fibre du haut débit

On me bombarde de propositions d’installation de la fibre. Puis on me sonde pour savoir pourquoi je ne l’ai pas achetée. C’est vrai. Cela paraît idiot : c’est le même prix que l’ADSL, et le débit est meilleur. Mais j’ai peur des travaux. Et je n’ai pas d’usage haut débit. Je ne regarde pas la télé. 
Mais, voilà ce que je n’attendais pas. Un proche s’est trouvé en panne le lendemain de l’installation. Plus de lien avec Internet. Il doit maintenant se débattre avec un service client kafkaïen…
(Autre nouvelle surprenante : on lui aurait dit que, si la fibre occupe une telle place dans la stratégie des opérateurs, cela viendrait de la nécessité de soulager un réseau ADSL saturé. Donc pas, comme je le pensais, de la volonté de disposer du débit pour vendre des produits qui en ont besoin. A moins que l’un soit lié à l’autre : on a parié sur la fibre, on n’a pas investi sur l’ADSL ?…)

Orange pas pressé

Suite de mes démêlés avec Orange. Ma messagerie professionnelle ne parvient plus à envoyer de mails. Je tente à nouveau d’appeler le SAV d’Orange. J’abandonne après une demi-heure d’attente. Pour Orange, le client ne compte pas. Je pense être objectif en disant ceci. 
Dès que j’ai un peu de temps, je vais envisager de changer de fournisseur. Je pourrais dores et déjà m’en passer et n’utiliser que mon abonnement téléphonique (qui, d’ailleurs, ne marche pas très bien).
Orange est probablement caractéristique des changements que doit subir notre pays. Originellement, ça a été un service public qui a mené honnêtement une mission de service publique : nous équiper de téléphones. Puis il s’est transformé en un monopole qui a exploité une rente. Cela aurait-il pu être évité par le législateur ? Ou ne peut-on que compter sur la destruction créatrice ?… 

Lutte (désespérée) entre M.Poutine et les forces du marché ?

La Russie serait dans une mauvaise passe. Ses capitaux la fuient. Libérez les forces du marché ! dit The Economist à M.Poutine. Mais, il semble vouloir empêcher l’aliénation de son pays par le dit marché. Pour le contrôler il utilise une clique de copains. Ils sont inefficaces et corrompus. On ne peut rien contre le marché ? Rendez-vous, vous êtes cerné ?
Les sénateurs américains voudraient priver la Russie de SWIFT, le système d’échange interbancaire. Arme extrêmement efficace. Mais The Economist craint qu’en montrant trop ouvertement qu’il est aux mains des forces du bien, celles du mal, Chine et autres émergents ainsi que mafieux et terroristes, n’utilisent d’autres voies. Elles deviendraient alors incontrôlables et inespionnables.
Au sujet de la corruption. Elle toucherait le Portugal. Comme beaucoup d’autres pays en difficulté, il vendrait sa citoyenneté en échange d’investissement dans l’économie locale. Cela conduirait naturellement à la malversation. Vous voulez une augmentation de salaire ? Offrez-vous un consultant spécialisé dans la paie. Uber est un digne représentant des nouvelles sociétés technologiques : tous les coups sont permis pour réussir. Maintenant, il cherche à intimider les journalistes qui ne disent pas de bien de lui. (Demain, il placera un contrat sur leur tête ?) Mais le marché vote avec son argent. L’esprit Silicon Valley a de beaux jours devant lui.
« Plus d’un tiers des sociétés minières et d’exploration sont canadiennes ». Mais leur comportement à l’étranger suscite des mécontentements, ternissant l’image du pays. Son gouvernement est leur ami, parviendra-t-il à les ramener à la vertu ?
En Allemagne, l’heure n’est toujours pas à la dépense. En France, M.Sarkozy refait surface. Mais il a perdu beaucoup de supporters. Mme Mogherini, remplaçante de Mme Ashton, se révèle une femme à poigne. L’Etat Islamique se ferait plus d’ennemis que d’amis. Aux USA, la dépendance à l’héroïnese répandrait. Ce serait les traitements médicaux qui créeraient l’habitude. Le fléau ne touchant plus uniquement les pauvres, le gouvernement va réagir. Après de multiples revers, les transports en communs s’implanteraient au sud des USA. Cela permettrait aux pauvres d’avoir accès à l’emploi. Les institutions tendent à avoir des couleurs politiques. Goldman Sachs est massivement républicain et Harvard massivement démocrate. M.Obama lance un défi aux Républicains, qui le haïssent. Il décide de légaliser 5m d’immigrés illégaux. (Démocratie bloquée = pouvoir dictatorial ?)
L’avenir de l’Amérique latine est sombre. Elle aurait dû profiter de son boom économique pour investir et construire une capacité de production propre. Elle ne l’a pas fait. Maintenant, il est peut-être trop tard. Mais sa population s’est habituée à une vie facile… M.Abe procède à une élection anticipée. Apparemment pour reprendre en main son propre parti, qui résiste au changement, et avoir les moyens de réformer le pays. La Chine a du mal avec ses étudiants. Elle les expédie à l’étranger, mais ils ne reviennent pas. Ou vieux, leur capacité productive derrière eux. Par ailleurs, sa banque centrale imprime beaucoup d’argent, pour relancer l’économie. Mais sans le dire. Les banques centrales, devenues toutes puissantes, ne sont pas plus clairvoyantes que le reste de la population. Comment éviter le panurgisme ?
Les Entreprises polonaises s’étendent à l’étranger. Mais elles sont petites et manquent de recherche et développement pour pouvoir encore avoir beaucoup d’ambitions. Les grandes entreprises montent des fonds d’investissement. Ce qui leur permet d’absorber leurs concurrents potentiels. Les banques devant être prudentes, elles ne prêtent plus. De nouveaux acteurs apparaissent, les fonds mutuels, qui pourraient prendre la partie risquée des emprunts d’entreprise.
La fin de la carte SIM ? C’est ce qu’envisage Apple, depuis quelques temps. Cela permettrait de choisir son opérateur en temps réel. Cela permettrait à Apple de les écrémer et de les remplacer par son monopole. (Décidément, nous vivons à l’heure des trusts ?) Le paiement par terminal mobile semble avoir le vent en poupe. Tout le monde s’y met. La rentabilité de la chose ne paraît pas encore évidente. Les fournisseurs de services aux compagnies pétrolières se concentrent. La baisse du prix du pétrole devrait les affecter. Mais, à long terme, la complexité croissante de l’exploitation pétrolière pourrait leur être favorable. (Sans compter que moins on est nombreux, mieux on peut s’entendre pour rançonner son marché.)
Et si la stagnation mondiale venait du manque de jeunes ? « L’effort simultané de tant de pays de constituer des réserves pour les retraites, combiné à un faible investissement, une baisse de la croissance potentielle, l’austérité fiscale, l’accumulation de cash par les entreprises et l’inégalité (qui laisse une part croissante du revenu national entre les mains des riches, gros épargnants) déprime le taux d’intérêt  qui permet l’équilibre entre investissement et épargne. » Il faudrait mettre les retraités au travail. Il se trouve aussi qu’il arrive un moment où le retraité brûle la chandelle par les deux bouts. Ce qui est bon pour l’économie.
Médecine. On cherche à utiliser les anticorps, en appui aux antibiotiques défaillants, dans la lutte contre les bactéries.